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Gao Zhisheng, surnommé « conscience des avocats chinois ». Photo: La Grande Epoque
Interviewé par La Grande Époque, l’avocat GAO Zhisheng, figure de proue
de la dissidence en Chine, a affirmé le 11 mai au téléphone que des diplomates
français et américains avaient pris l’initiative de le rencontrer les 10 et 11
mai dans un grand hôtel de Pékin.
Sans révéler la teneur des entretiens, Maître GAO a relaté les circonstances
des rencontres en disant que le 10 mai, c’était entouré d’agents ostensiblement
secrets qu’il attendait ses amis français.
« Cependant, dix minutes avant le rendez-vous, ils se sont levés comme si
c’était sur un ordre et ont abandonné leur proie pour disparaître dans les
environs » a-t-il indiqué.
« C’était le même scénario quand je suis allé rencontrer le lendemain des
diplomates américains » a-t-il ajouté.
Un journaliste espagnol a été moins chanceux. Il a informé l’avocat d’une « filature inimaginable » après la rencontre. « J’ai été suivi par
deux voitures que je n’arrivais pas à semer, si bien que j’ai dû me promener un
peu ailleurs avant de rentrer chez moi » a-t-il dit.
Ce n’est pas la première fois que des diplomates français ou américains ainsi
que des journalistes occidentaux s’intéressent à Maître GAO qui défend surtout
les victimes de l’injustice sociale sanguinaire en Chine. Dans trois lettres
ouvertes adressées il y a six mois aux dirigeants du régime communiste, il a
fustigé les atrocités du pouvoir contre le Falun Gong qui, accusé de secte au
pire sens du mot, est reconnu comme un mouvement spirituel par l’opinion
publique occidentale. Le Falun Gong avait entraîné en son temps plus d’adhérents
que le Parti communiste. Le vaillant avocat est désormais la bête noire des
autorités, mais il augure aussi une autre Chine qui émerge.
La grève tournante de la faim que l’avocat a lancée en signe de protestation
se poursuit toujours avec des échos retentissants dans tout le pays. L’action de
Maître GAO a fait l’objet d’une curiosité professionnelle soutenue de la part
des journalistes anglo-saxons et des journalistes européens qui refusent d’être
le dindon de la farce ou de pratiquer le béni-oui-oui.
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