Deux rapporteurs canadiens témoignent à Matignon et demandent que l’on rende les J.O. 2008 à Paris
Écrit par Wang Hong, La Grande Époque
12-12-2006
La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a invité M. David Kilgour et Me David Matas à témoigner à une audition qui a eu lieu à l’Hôtel Matignon le 28 novembre 2006. Etaient également présents, le Président de l’Association Falun Dafa France et le représentant de la « Coalition pour Enquêter sur la Persécution du Falun Gong en Chine (CEPFG) ».
D. Kilgour et D. Matas à la conférence de presse après l’audition de la CNCDH
La CNCDH à l’Hôtel Matignon donne des avis consultatifs au Gouvernement français. L’audition du 28 novembre présidée par M. Emmanuel DECAUX, Président de la sous-commission Questions internationales. M. Michel FORST, secrétaire général de la CNCDH, M. Michel DOUCIN, Ambassadeur pour les Droits de l’Homme du Ministère français des affaires étrangères ainsi que des représentants des associations membres de la CNCDH ont assisté à cette audition.
Après l’audition, les deux rapporteurs canadiens ont fait une conférence de presse au cabinet de Me Fabrice Orlandi à Paris dans le 8e afin de présenter leur rapport d’enquête et l’audition de la CNCDH.
Pendant l’audition, Me Matas a d’abord fait un résumé sur le rapport et ses points principaux. Il a confirmé que les prélèvements d’organes à grande échelle sur les pratiquants de Falun Gong pratiqués par le régime chinois sont bel et bien réels et se pratique toujours actuellement. Il a suggéré que la Commission mène sa propre enquête, que le gouvernement français exerce une pression sur le gouvernement chinois et demande un dialogue ouvert et concret au plus haut niveau au sujet des faits démontrés par le rapport d’enquête. Me Matas a proposé pour la première fois qu’en raison de la grave violation des droits de l’homme par le régime chinois, le déroulement des J.O. 2008 devrait se faire à Paris et non à Pékin.
Après l’intervention de Me Matas, M. Kilgour a présenté le Falun Gong et a parlé de la persécution qui se déroule actuellement en chine. Il a également fait mention des nombreux titres attribués au Falun Gong par les hommes politiques canadiens, telle que son excellence Adrienne Clarkson, ancien Gouverneur général du Canada et des anciens Ministres qui reconnaissent la valeur des principes, « Authenticité, Bienveillance, Tolérance » du Falun Gong ainsi que son influence bénéfique sur la société.
A la conférence de presse au cabinet de Me Orlandi, Me Matas a déclaré aux médias : « Nous avons fait deux suggestions à la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour faire bouger les choses.
La première, c’est que, si on veut parler au gouvernement chinois du prélèvement d’organe sur les pratiquants de Falun Gong, il faut suivre trois principes :
Le premier c’est qu’il faut le faire en public et non en privé, le deuxième, c’est qu’il faut viser les hauts fonctionnaires et le troisième, le dialogue doit être concret et non une discussion superficielle. »
« La deuxième suggestion est en rapport avec les jeux Olympiques. On sait qu’à l’époque la Chine avait promis d’améliorer la situation des droits de l’homme et on pensait que les J.O. auraient contribué à l’amélioration du respect des droits de l’homme, c’est une promesse qui n’a pas été tenue. David Kilgour et moi-même, avons écrit au Comité des jeux d’Olympiques pour signaler que la Chine continue d’ignorer les droits de l’homme. Il faut reconsidérer la candidature des J.O. et proposer que la ville hôte des J.O 2008 soit transférée à Paris. »
Interviewé par LGE, Me Orlandi a déclaré : « le Falun Gong préserve la culture traditionnelle chinoise et les personnes qui pratiquent cette méthode bouddhiste sont plus nombreuses que les membres du parti communiste chinois (PCC), qui considère le Falun Gong comme une menace à leur pouvoir. Donc, le PCC veut éradiquer le Falun Gong. Il utilise même les prélèvements d’organes pour éliminer le Falun Gong. » Il a également souligné : « Aujourd’hui les faits sont là, le rapport qui vient d’être déposé à la Commission Nationale des Droits de l’Homme est là, ce sont des faits réels, prouvés et établis. Je pense qu’il y va d’un état comme la France, défenseur des droits de l’homme, d’intervenir. Cela peut même aller plus loin par le boycott des J.O. en 2008 à Pékin. La suggestion de mon confrère Me Matas est significative. Je vois même jusqu’à la mobilisation de certains de nos sportifs pour condamner et révéler ce qui se passe, et dire : Nous n’irons pas faire le voyage à Pékin, parce que les droits de l’homme sont bafoués dans ce pays et que la preuve est établie par ce rapport, là ça sera un bel acte ! »
Mme Marie-Françoise Lamperti, Présidente de l’Association Agir pour les Droits de l’Homme (ADH) a également assisté à l’audition en qualité d’observateur des droits de l’homme. Elle a dit que cette audition montre que le Gouvernement français prête davantage d’attention à la persécution en Chine à l’encontre du Falun Gong et aux prélèvements d’organes des pratiquants de ce mouvement spirituel. Pour elle, « il faut demander une dissolution du bureau 610, demander la libération du grand avocat défenseur des droits humains, Me Gao, il faut poursuivre notre combat pour faire en sorte que les avocats eux-mêmes puissent continuer à défendre les droits de l’homme, à défendre l’humanité. »