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Crainte du discours anti-Jeux olympiques aux services frontaliers Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Helena Zhu, La Grande Époque   
17-12-2009
Amy Goodman, reçoit le Right Livelihood Award
La journaliste américaine, Amy Goodman, reçoit le Right Livelihood Award le 8 décembre 2008 en Suède. Mme Goodman a été détenue et interrogée par des agents frontaliers canadiens qui craignaient qu'elle venait au Canada pour critiquer les Jeux olympiques de 2010.(Henrik Montgomery/AFP/Getty Images)
VANCOUVER – L'interrogatoire subi par une journaliste américaine réputée à la frontière canado-américaine a incité l'Association Canadienne des Journalistes (ACJ) à exiger des garanties du ministre fédéral de la Sécurité publique pour éviter la répétition d'un tel incident.

Amy Goodman, une journaliste bien connue qui visite régulièrement le Canada, et ses deux collègues ont été détenus environ 90 minutes et ont été interrogés alors qu'ils traversaient la frontière entre l'État de Washington et la Colombie-Britannique le 25 novembre.

Mme Goodman affirme qu'elle a été détenue parce que des agents de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) craignaient qu'elle allait critiquer les Olympiques de 2010 lors de son séjour au Canada. Selon elle, les agents ne l'ont pas cru lorsqu'elle leur a dit que sa visite faisait partie d'une tournée pour faire la promotion de son nouveau livre, Breaking the Sound Barrier.


«J'ai demandé : “Est-ce une [vérification] de routine?” Il [le douanier] a répondu : “C'est ce que nous faisons”», a raconté Mme Goodman à CBC News. «Je me suis sentie assiégée. Je me suis sentie surveillée. Je me suis sentie, en tant que journaliste, abusée.»

Le cahier de notes et l'ordinateur d'Amy Goodman ont été scrutés à la loupe, tout comme ceux de ses collègues. La voiture dans laquelle ils voyageaient a également été fouillée.

L'ACJ souhaite que le ministre de la Sécurité publique, Peter Van Loan, explique la détention de la journaliste et qu'il garantisse que des incidents similaires ne se reproduiront plus, particulièrement à l'approche des Jeux olympiques qui débutent le 12 février 2010.

«Nous sommes très inquiets que d'autres journalistes se fassent arrêter en entrant au Canada et qu'ils soient en quelque sorte questionnés agressivement au sujet de ce qui a été écrit dans leurs cahiers de notes ou de ce qu'ils ont écrit à propos des Olympiques et ce genre de choses. Nous croyons que cela est complètement à l'opposé de nos valeurs en tant que Canadiens», mentionne la présidente de l'ACJ, Mary Agnes Welch.

Cependant, Mme Welch souligne qu'il est très rare qu’un journaliste soit interrogé en entrant au Canada.

«Nous n'écartons pas la possibilité que cet épisode était peut-être simplement le fait d'un agent frontalier trop zélé, alors il pourrait s'agir de quelque chose qui ne se reproduira plus. Mais nous sommes inquiets que cela devienne plus fréquent étant donné que tout ce qui entoure les Olympiques est un sujet délicat.»

Bien que Goodman soit réputée pour ses prises de position explicites contre les guerres en Irak et en Afghanistan, elle affirme que les agents frontaliers lui ont demandé à plusieurs reprises si elle était sûre qu'elle ne venait pas au Canada pour parler des Olympiques.

Elle dit qu'au début elle pensait qu'ils lui posaient des questions au sujet du voyage du président Obama à Copenhague au début du mois d'octobre afin de faire mousser la candidature de Chicago pour l'obtention des Jeux d'été de 2016.

«Il a répondu : “Non. Je parle des Olympiques ici en 2010.” J'ai répliqué : “Oh, je n'avais pas pensé à cela”», a-t-elle expliqué.

«Il a dit : “Vous dites que vous n'allez pas parler des Olympiques?” Il était vraiment incrédule que je n'allais pas parler des Olympiques. Il ne me croyait pas», a raconté Mme Goodman à la CBC.

Amy Goodman est l'animatrice de Democracy Now, une émission de radio et de télévision diffusée par 800 chaînes publiques et universitaires dans toute l'Amérique du Nord.

Bien que les agents frontaliers l'aient finalement laissée entrer au pays, ils lui ont dit de quitter le Canada d'ici 48 heures et de se rapporter à l'ASFC lors de son départ.

L'ASFC n'a pas commenté le cas d'Amy Goodman, avançant des questions liées à la vie privée. Toutefois, une porte-parole de l'agence, Faith St. John, a déclaré au Vancouver Sun qu'il y avait plusieurs raisons pour détenir quelqu'un tentant d'entrer au Canada.

«Ce n'est pas l'accusation d'un méfait», a-t-elle laissé entendre.




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