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Directeur du SCRS: des responsables canadiens sont sous influence étrangère Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Matthew Little, La Grande Époque   
28-06-2010
 Le logo du Service canadien du renseignement de sécurité
Le logo du Service canadien du renseignement de sécurité (Saul Loeb/AFP/Getty Images)
OTTAWA – Le directeur du renseignement canadien a récemment fait exception en accordant une entrevue télévisée, et ses remarques ont été hors de l'ordinaire : il a affirmé que des responsables canadiens étaient sous l'influence de gouvernements étrangers, une déclaration choc alors que le dirigeant chinois visitait Ottawa et que l'administration Harper cherche à renforcer les relations avec la Chine.

Faisant l'objet d'un reportage et d'entrevues avec la CBC la semaine dernière, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) – Richard Fadden – a déclaré que certains politiciens municipaux, des ministres de deux provinces et des fonctionnaires étaient sous influence de gouvernements étrangers à divers degrés.

Ce sujet a été traité à maintes reprises par La Grande Époque, particulièrement les efforts de la République populaire de Chine (RPC) visant à influencer les politiques intérieures et extérieures du Canada en agissant sur différents paliers de gouvernement.

Les propos de M. Fadden ont provoqué un tollé chez une partie de la classe politique, offusquée d'être éclaboussée et irritée par le manque de précision dans les allégations.

Les premiers ministres de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, respectivement Dalton McGuinty et Gordon Campbell, ont tous deux demandé plus de détails sur l'affaire. «De calomnier et de jeter des doutes sur des gens occupant des fonctions publiques – nous ne savons pas de quels ministres de cabinet et de quelles provinces il parle […] sans en discuter avec les personnes impliquées c'est pour moi... Je suis franchement incrédule», a déploré M. Campbell, selon la CBC.

Dans une des entrevues avec la CBC, Richard Fadden a mentionné que son agence était particulièrement préoccupée par les décisions que prennent certains politiciens, et qui semblent bénéficier davantage à des gouvernements étrangers qu’au bien des Canadiens.

Le prédécesseur de M. Fadden, Jim Judd, avait également suscité l'intérêt en 2007 lorsqu'il avait identifié la Chine comme la principale menace d'espionnage. Il avait indiqué que la moitié du budget de contre-espionnage de son service visait à contrer les efforts de la RPC.

L'actuel directeur du SCRS a laissé entendre à la CBC que la situation était la même en 2010.

Il a averti que des pays étrangers utilisaient les universités et les clubs sociaux afin de tisser des liens avec leurs diasporas et qu'ils s'attendent à recevoir des faveurs en retour.

«[Ils] invitent quelqu'un à visiter la mère patrie. [Ils] paient pour son voyage et soudainement vous découvrez que lorsqu'un évènement d'un intérêt particulier pour le pays X survient, [ils] appellent la personne et lui demandent d'adopter un certain point de vue», a expliqué M. Fadden à la CBC.

Ce commentaire corrobore une information découverte par La Grande Époque la semaine dernière selon laquelle de nombreux étudiants chinois qui ont accueilli le dirigeant de la RPC, Hu Jintao, lors de sa visite à Ottawa ont été payés ou forcés de participer à l'évènement.

Après avoir provoqué un tollé, M. Fadden a émis un communiqué diluant ses propos, indiquant qu'il n'avait pas soulevé la question de l'influence étrangère auprès du Bureau du conseil privé du premier ministre parce qu'il considérait que les cas n'étaient pas assez préoccupants.

Des sources auraient par la suite indiqué à la CBC que le Bureau du conseil privé est depuis longtemps bien au courant de la problématique.

Dernièrement, La Grande Époque a publié des articles au sujet des responsables canadiens qui sont invités en Chine et qui, dans certains cas, adoptent par la suite un point de vue qui concorde avec celui du régime communiste.

L'exemple le plus récent concerne le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, qui après un voyage en Chine a refusé de proclamer la Journée du Falun Dafa, un geste routinier posé annuellement ces dernières années. Le Falun Dafa (aussi appelé Falun Gong) est une pratique de méditation interdite et persécutée en Chine.





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