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L’attention accordée à Crescent Chau était tellement grande que
certaines personnes en Chine continentale croyaient que le gouvernement
canadien avait aussi banni le Falun Gong.
«Mes parents en Chine s’inquiétaient pour moi», raconte Yang Hui, une
des pratiquantes de Falun Gong qui étaient nommée dans les articles de
M. Chau. «Ils voyaient tous les reportages et croyaient que le Canada
avait aussi commencé à persécuter le Falun Gong.»
En août 2006, Crescent Chau a publié son premier journal national
anti-Falun Gong, avec des exemplaires se retrouvant jusqu’à Vancouver.
Ses efforts ne sont pas passés inaperçus. En l’espace de quatre jours
suivant la distribution de l’édition spéciale dans les rues, le site
Internet de l’organe officiel du régime communiste, le Quotidien du peuple, a publié un reportage félicitant M. Chau.
«L’Édition spéciale Justice [le journal portait aussi le nom anglais Truth Magazine] a 32 pages et est distribuée à plus de 100 000 exemplaires», a écrit le Quotidien du peuple. «En page frontispice se trouve l’article spécial de l’éditeur Crescent Chau… Il est très vif, riche en contenu et puissant.»
Dans son article, Chau répétait la ligne officielle du régime
concernant le Falun Gong, accusant le groupe de refuser l’assistance
médicale ou de commettre meurtre et suicide.
De telles allégations sont sans fondement, affirme certaines
organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights
Watch, mais elles ont été utilisées pour justifier la répression
violente du groupe, qui a débuté en 1999.
Crescent Chau a utilisé de telles allégations pour organiser une opposition au Falun Gong au Canada.
«Tous devraient se joindre aux efforts pour lutter contre le Falun
Gong», écrit M. Chau. «Nous devons nous unir pour condamner [le
fondateur du Falun Gong] Li Hongzhi et le Falun Gong.»
Nouvelle approche
Il y a deux semaines, la quatrième parution du Truth Magazine de
M. Chau est apparue dans les rues de Toronto. Comme dans les trois
éditions précédentes, elle a été publiée après que le régime chinois a
reçu mauvaise presse.
Une des éditions précédentes a été publiée après la parution d’un
rapport révélant les prélèvements d’organes illégaux sur des
pratiquants de Falun Gong en Chine. Coécrit par David Kilgour,
ex-secrétaire d’État canadien pour la région Asie-Pacifique, et David
Matas, avocat spécialiste des droits de la personne, le rapport accuse
le régime communiste de tuer des prisonniers de conscience pour vendre
leurs organes sur le marché lucratif des transplantations.
Une autre édition du journal de M. Chau a été publiée après que la
chaîne de télévision en langue chinoise, New Tang Dynasty, a mis sur
pied un spectacle du Nouvel An chinois, dans lequel il y avait une
scène démontrant la persécution du Falun Gong en Chine. Cette édition
avait également été distribuée aux députés fédéraux d’Ottawa.
Cette fois-ci, l’édition spéciale a suivi la visite de l’ex-diplomate
chinois Chen Yonglin, qui a décrit les «organisations façades» au
Canada, citant en particulier le National Congress of Chinese Canadians
(NCCC - Congrès national des Sino-Canadiens).
La dernière édition de seize pages ne fait pas mention du Falun Gong sur la première page. Il y a plutôt un large titre : «Est-ce que votre carte feuille d’érable [carte de résidence canadienne] va expirer?» Mais à l’intérieur, le reste des quinze pages attaque le Falun Gong.
L’édition répète les mêmes attaques contre le Falun Gong. Elle s’en
prend également à Chen Yonglin et à La Grande Époque, qui a rapporté
ses propos. Elle défend aussi les dirigeants du NCCC qui ont été nommés
dans un reportage de La Grande Époque.
M. Chau appelle les Sino-Canadiens à «s’unir pour conquérir» ce qu’il appelle le «mauvais» Falun Gong et Chen Yonglin.
Curieusement, malgré le fait que la compagnie d’édition de Crescent Chau est basée à Montréal, le Truth Magazine semble avoir été distribué seulement à Toronto, où les trois dirigeants du NCCC nommés dans le reportage de La Grande Époque – David Lim, Hughes Eng et Ping Tan – résident.
Implication policière
À partir ce moment-là, les liens deviennent plus bizarres.
Depuis la publication du Truth Magazine d’août 2006, la police de plusieurs villes canadiennes étudie s’il s’agit de matériel de propagande haineuse.
Le 30 juin, la police de Toronto a confronté un livreur du Truth Magazine à une épicerie chinoise dans le nord-est de la ville. Il a dit qu’il s’appelait Lu Ping.
La police a demandé à Lu Ping qui l’avait engagé pour faire la
livraison des journaux. Il a, avec réticence, donné le nom et le numéro
de téléphone de Mme Li Miao de Canyon Web Printing.
Il se trouve que Canyon Web Printing a la même adresse et le même numéro de téléphone que ceux du Chinese Canadian Post, comme indiqué sur [yellowpages.ca], qui est la propriété de David Lim, secrétaire exécutif du NCCC.
Pour sa part, Li Miao est mentionnée comme personne à contacter pour un
prochain événement organisé par le coprésident national du NCCC, Hughes
Eng, et soutenu par la section culturelle de l’ambassade de Chine.
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