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Des militants chinois font l’ébauche d’une «Déclaration de la révolution d’Internet» |
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Écrit par Yiran Feng, La Grande Époque
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11-03-2010 |
Selon les auteurs de la Déclaration, faire tomber la Grande muraille d'Internet en Chine aurait le même effet que la chute du mur de Berlin. (Liu Jin/AFP/Getty Images) La «Déclaration de la révolution d’Internet», un document préparé par plus de 20 militants chinois, a commencé à circuler sur Internet le 12 février dernier, ce qui a suscité les réponses de Chinois de par le monde. Les auteurs incluent les militants pro-démocratie Wang Dan, Yan Jiaqi et Feng Congde.
«Révolution colorée avec caractéristiques chinoises» La déclaration indique : «Pas besoin de combats corps à corps, pas besoin de bain de sang ni de sacrifice… Il s’agit de la révolution d’Internet. C’est la révolution colorée avec des “caractéristiques chinoises”.»
Feng Congde, un leader étudiant pro-démocratie lors des événements de la place Tiananmen, a lancé un appel auprès des internautes chinois afin de les inciter à participer à la réalisation d’une «place Tiananmen» sur Internet.
La Déclaration de la révolution d'Internet comprend près de 2000 mots.
Elle affirme qu’à d’innombrables reprises, le Parti communiste chinois (PCC) a refusé de répondre aux besoins des gens. Il ne veut pas se réformer politiquement et adopte plutôt un air impérieux, soutenant avec obstination la dictature à parti unique.
Le «Projet du bouclier d’or», aussi connu comme la Grande muraille pare-feu de la Chine, a été lancé par le régime chinois en 1998 afin d’établir une surveillance étendue de l’information sur Internet, couvrant pratiquement tous les réseaux en Chine. Il a été achevé en 2008 avec l’aide d'entreprises de haute technologie des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Israël. Plus de 300 000 superviseurs de réseaux bloquent l’information et suppriment les remarques négatives sur le régime.
Le pare-feu Internet de la Chine enregistre même les clavardages avec Skype. TOM-Skype, une coentreprise de eBay en Chine, a ajouté des mots-clés encryptés dans sa liste. Si un clavardage inclut des mots-clés tels que «Falun Gong» ou «séparatistes tibétains», le système de surveillance enregistre immédiatement les informations sur des utilisateurs et surveille la communication entre les parties.
Crainte d'une coalition populaire «Ce que le PCC craint le plus, c'est une coalition populaire», affirme Feng Congde. «Toute sa violence et ses mensonges sont des efforts pour empêcher la population de former une coalition.»
Feng cite en exemple le cas du citoyen chinois Feng Zhenghu. Quand Feng Zhenghu est allé à l'étranger, le régime chinois a interdit son retour en Chine. Feng a alors organisé une protestation de 92 jours à l'aéroport de Narita au Japon. Il a utilisé Internet pour garder contact avec ses sympathisants et il a finalement gagné.
Wang Dan, professeur associé à l'Université nationale Chengchi de Taïwan et un des rédacteurs de la déclaration, a déclaré à Radio Free Asia que le renversement de la Grande muraille d'Internet du régime chinois aurait la même importance historique que la chute du mur de Berlin.
Il affirme que les démarches du PCC pour contrôler Internet prouvent que ce moyen de communication représente une menace de taille pour le régime alors qu'il s'efforce de réprimer la liberté. «Il est simplement impossible d'entraver la croissance d'Internet», estime Wang. «Ainsi, dans cette perspective, bien sûr, les internautes ne peuvent que gagner, et le régime qui supprime l'information est voué à l'échec.»
Le commentateur hongkongais Martin Oei a également signé la déclaration, soulignant que même si Internet a amélioré la vie des Chinois, beaucoup de jeunes en Chine ne comprennent pas vraiment l'importance de leur propre liberté d'expression.
C'est seulement lorsqu'ils font face à quelque chose comme la démolition de leur domicile – et qu'ils se rendent compte qu'ils n'ont aucun endroit pour contester – qu'ils commencent à comprendre la valeur de la liberté de l'information. La Déclaration leur fournit une possibilité d'aider à briser le blocus d'Internet sans devoir trop s'inquiéter pour leur sécurité, laisse entendre M. Oei.
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