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1. Mon histoire familiale
Je suis né vers la fin de
la Révolution culturelle chinoise. Mon père était ouvrier de
construction et ma mère femme au foyer. J'avais un frère plus âgé. Mon
père était le seul à pouvoir rapporter du pain dans la famille. Mes
souvenirs d'enfance sont remplis des bouleversements politiques et des
« purges ». Les seuls moments agréables que je puisse me rappeler
étaient quand je jouais avec les autres enfants à me battre dans l'eau
et la boue. Heureusement, mes parents affectueux m'ont toujours
enseigné à être optimiste quant au futur, ils m'ont enseigné à suivre
la morale et m'ont dit ce qui est vraiment important dans la vie. Ils
m'ont également indiqué que je devrais avoir le courage de faire face à
toutes sortes de difficultés et être positif quoi que je fasse. Mes
parents ont prêtés beaucoup d'attention à l'épanouissement du caractère
d'un enfant en nous enseignant à être honnête, justes, modestes et
courageux. Mes années d'enfance ont été profondément marquées par mes
parents et j'ai réussit à l'école.
J'ai été fasciné par
beaucoup de professions, la plus attirantes pour moi étant officier de
police. Je voulais apporter une contribution à la société en combattant
le crime et en protégeant les gens. J'ai travaillé pour réaliser ce but
! En 1985, je suis entré dans le lycée de Nankai, un des cinq lycées
d'élite dans la ville de Tianjin, grâce à un examen après avoir finit
mon école de grade; j'ai choisit de me concentrer sur les sciences
humaines.
L'incident du 4 juin qui a secoué le monde
entier a éclaté entre le printemps et l'été 1989 alors que j'étais
novice au lycée. Les nouvelles au sujet du mouvement d'étudiant dans
Pékin sont venues jusqu'à notre école, nous avons alors commencé à nous
inquiéter de la situation pour les étudiants qu'y s' trouvaient. Un
jour, mené par notre professeur... nous sommes descendu dans la rue
pour soutenir les étudiants de Pékin. J'ai été choqué par un flyers que
j'ai pris en marchant dans la rue. J'ai appris par ce tract tous les
actes de corruption de nos dirigeants politiques à différents niveaux.
Par
exemple Deng Pufang, le fils de Deng Xiaoping, était président de la
fédération chinoise des handicapés ; Deng Zhifang, autre fils de Deng
Xiaoping, était président du conseil de la Chine Northern Inc.
(marchant d'armes), et ainsi de suite... En regardant le débat entre le
premier ministre Li Peng et les étudiants, j'ai senti les questions des
étudiants pleines de réalismes. Cependant, durant mes jeunes années,
j'avais déjà beaucoup vu de problèmes sociaux comme la grève, des
disparités entre riches et pauvres et du favoritisme. Ce que ces
étudiants d'université ont dit reflété exactement ma vision des faits,
pourquoi je soutenais leurs actions justes contre la corruption et pour
la démocratie. Finalement, le gouvernement central a réduit au silence
l'incident entier avec des armes.
J'ai appris après que
les dossiers personnels des étudiants incluraient des informations sur
leur participation aux évènements du 4 juin, et que ces étudiants,
après avoir étaient repérés, ne seraient plus assistés dans leur
recherche d'emploi.
2. Le conflit entre mes rêves et la réalité
Je
suis entré à l'université de Tianjin Nankai en 1991 pour étudier dans
le département des lois. Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai été
affecté dans le bureau de sécurité public de Tianjin. Un an d'éducation
idéologique et légale en plus de la formation militaire et de
soumission (formation qui fait qu'une personne prend l'habitude d'obéir
aux ordres d'autorités plus hautes) ont laissé dans l'esprit des
diplômés que « les organes de la sécurité publique sont les appareils
violents dans l'état basés sur la dictature démocratique des personnes,
et les outils servant la patrie ». Nous avons appris, suite à des
lavages de cerveau, à obéir aux ordres sans demander pourquoi. J'ai
finit l'entraînement de police de base à la fin 1994 et ai été assigné
à l'équipe anti-émeute de la branche de Heping du bureau public de
sécurité de Tianjin, où j'ai travaillé pendant deux ans.
Quand
j'ai commencé à travailler dans la rue, je voulais arrêter les bandits
et protéger les gens, arrêter les suspects de meurtre, de vols, et de
trafics de drogue. En attendant cela, beaucoup de d'évènements qui se
sont produites de façon illogique pendant le travail m'on profondément
blessé. Prenons par exemple un cas qui a eu lieu en 1996. J'avais reçu
un rapport disant qu'une personne avait été poignardée au centre de
divertissement de Fulihua. Quand nous sommes arrivés là-bas, nous avons
vu l'homme blessé, poignardé quatre fois et plein de sang, allongé sur
le plancher de l'entrée du centre entouré par six gardes de sécurité
dans des costumes noirs.
Avant que j'ai eu la moindre chance de
m'enquérir de ce qui s'était passé, les gardes m'ont demandé de porter
la victime au commissariat de police pour la mettre en détention. Je me
suis senti à la fois offensé et embarrassé. Ensuite, mon patron, Zhao
Shaozhong, est venu et m'a également ordonné d'emmener la victime loin,
d'abord pour la soigner à l'hôpital puis pour la détention. J'aurais
préféré disparaître dans l'air à ce moment ! Est-ce que j'étais encore
un officier de police chargé de protéger les gens ? D'aucune manière !
Je
n'ai pas appris la vérité avant longtemps. Le centre de divertissement
de Fulihua était fréquenté par Liu Li, la soeur de Liu Ying qui était
un membre actif du comité de ville de Tianjin et chef de parti de la
zone de Heping. Il est bien connu que la Chine, état socialiste, se
vante d'interdire les bordels. Mais c'est un secret de polichinelle que
le centre de divertissement de Fulihua était une maison de prostituées
avec des patrons comme Gao Dezhan, puis le chef de parti de Tianjin
(plus tard renvoyé de son poste pour avoir rendu visite à des
prostituées) et quelques fonctionnaires de haut rang de Pékin et des
dandys leaders centraux.
Je n'ai pas eu le coeur
d'arrêter la victime et j'ai demandé à mon patron, Zhao Shaozhong, de
laisser quelqu'un d'autre le faire. La victime a vraiment été enfermée
pendant 15 jours pour avoir déranger l'ordre publique.
En fait, la
victime était venue au centre de divertissement de Fulihan pour sa
fille, une étudiante qui avait quitté sa maison chaque week-end depuis
presque un an. Un camarade de classe de sa fille lui avait dit qu'elle
travaillait comme serveuse et même comme prostituée au centre de
divertissement de Fulihua chaque jour après les cours et qu'il pourrait
la trouver là. Cette histoire me marqua profondément et je fus
incertain quant à mon futur. Je ne savais pas comment être une bonne
personne et un bon policier en même temps.
3. La persécution du Falun Gong
En
1999, le célèbre incident du 25 avril a éclaté. La cause directe de cet
événement se trouve à Tianjin. En tant que policier servant le peuple,
j'ai été témoin de l'évènement dans son ensemble.
Début
avril, nous avions reçu une note des plus hautes autorités nous
demandant « d'être secrètement prudents sur la question du Falun Gong
».
Le 11 avril 1999, un numéro d'un magazine pour la
jeunesse éditée par l'université de l'éducation de Tianjin a publié un
article attaquant le Falun Gong et son fondateur. L'auteur de cet
article était He Zuoxiu, membre de l'institut affilié à l'institut de
l'académie chinoise des sciences. Il était l'un des quelques
extrémistes en Chine que s'opposaient au Falun Gong et au qigong. Ces
extrémistes considéraient tous les phénomènes surnaturels des pratiques
en matière de qigong comme de l'anti-science, de la superstition. Il a
déclaré que le Falun Gong avait causé des troubles mentaux et que le
Falun Gong était semblable aux « Boxers », qui avaient essayé de
renverser le gouvernement vers la fin 1800.
L'article de
He Zuoxiu a profondément blessé le coeur des pratiquants du Falun Gong.
Par conséquent, quelques pratiquants sont allés à l'université de
l'éducation de Tianjin et d'autres agences gouvernementales pour
expliquer les faits.
A ce moment-là nous avons tous été
appelés par le bureau public de sécurité de Tianjin pour venir
rapidement à cet endroit et pour y réguler la circulation, bloquer tous
les reportages et entourer les pratiquants de Falun Gong sur place. Le
23 avril, plus de 300 policiers d'émeutes ont été redéployés sur place
; elles se sont déplacées et ont arrêté 45 pratiquants de Falun Gong.
Quelques pratiquants dans la foule sont allés directement au
gouvernement municipal de Tianjin. Les fonctionnaires de la ville ont
déclaré qu'ils ne pourraient pas régler ce problème. Pour ce faire, les
pratiquants devraient aller à Pékin. Les pratiquants de Falun Gong ont
dû aller à Pékin le 25 avril et faire appel aux plus hautes autorités
pour résoudre le problème.
A ce moment-là, quand je suis
arrivé sur le site afin de faire mon travail, la scène en face de moi
me fit me sentir perdu. Je n'ai absolument pas ressenti que les
pratiquants du Falun Gong rassemblés allaient attaquer l'université
d'éducation de Tianjin avec des armes mortelles dans leurs mains. Au
lieu de cela, ils étaient tous des civils ordinaires, anciens employés
qui avaient été congédiés et qui n'avaient pas d'argent pour payer
leurs médicaments, et âgés. Je n'aurais pas eu en moi-même une simple
pensée de leur faire du mal. Cependant, la scène n'a pas duré longtemps.
Après
deux ou trois jours de confrontation avec les pratiquants de Falun
Gong, la police a commencé à les chasser. Sans souci de leur âge ou de
leur état de santé, tous ont été chassés par la force de l'emplacement.
Quelques membres ont été apportés aux commissariats de police pour être
contrôlé et enregistré. Plus tard, j'ai constaté que pour ces
pratiquants de Falun Gong enregistrés, leur comportement seraient notés
dans leur dossier personnel de façon permanente, ce qui les affecterait
eux et leur famille à l'avenir au regard des services sociaux.
J'ai
également appris que ce jour, ils avaient secrètement installé des
appareils photo en hauts des bâtiments de l'université, et avaient
enregistré tous les pratiquants de Falun Gong qui étaient plus de 5000.
Après le 25 avril 1999, le gouvernement chinois a
augmenté son travail de rassemblement de faits et d'information sur les
pratiquants du Falun Gong et s'est préparé entièrement à la persécution
du Falun Gong. A ce moment-là, les départements du bureau public de la
sécurité et des affaires religieuses de sécurité nationale sont
immédiatement devenus impliqué. En juillet, les plus hautes autorités
nous ont passé en secret un nouvelle comme quoi le Falun Gong allait
être interdit le 18 juillet. Elles nous ont également informés que les
nouvelles allaient être annoncées par CCTV.
Il a été dit
plus tard qu'en raison de désaccords parmi les hautes autorités, les
nouvelles n'ont pas été annoncées. Avant le 20 juillet, mes directeurs
ont demandé à des personnes de différents niveaux d'organiser des
réunions qui avaient pour but de déterminer notre compréhension de
l'idéologie. Pendant ces réunions, des extraits d'un ordre oral donné
par le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC, Jiang
Zemin) nous ont été transmis, déclarant que nous ne devrions pas
attendre plus longtemps pour interdire le Falun Gong, et que nous
devrions nous concentrer sur cette tâche. Sans quoi, le Falun Gong
ruinerai la patrie et la nation, etc... Le 20 juillet, l'annonce de
l'interdiction du Falun Gong a finalement été émise par CCTV et mes
directeurs ont fait en sorte que chacun le regarde. A partir de là,
j'en suis venu à connaître le Falun Gong.
A environ
vingt-trois heures dans la soirée du 20 juillet, j'étais resté à la
maison quand un officier a sonné pour me demander d'assister à une
réunion au commissariat. On nous a dit qu'il y aurait beaucoup de
pratiquant de Falun Gong qui ferait appel le lendemain. Les autorités
nous ont demandé de rester au commissariat durant la nuit. Peu avant
cinq heures du matin, nous sommes arrivés sur le lieu de nos
affectations pour rentrer en service : à l'entrée de la porte du comité
du Parti communiste de Tianjin.
Des policiers de notre
station ont été groupés en deux équipes et envoyés au comité du Parti
communiste et au bâtiment du gouvernement. Une équipe s'est habillée en
uniforme pour montrer qu'ils étaient en service. L'autre équipe a été
habillée en civil ; ainsi ils pourraient se mélanger à la foule et, le
moment venu, créer des effets négatifs.
En même temps,
les autorités ont exigé que nous soyons strictement disciplinés et
réservés. On nous a ordonné de nous éloigner complètement des
pratiquants de Falun Gong. A huit heures, beaucoup de pratiquants sont
arrivés au Comité du Parti communiste et au gouvernement municipal. Ils
se sont alignés en deux colonnes et ont attendu pour faire appel. Ils
ont demandé pourquoi le gouvernement de la ville avait interdit le
Falun Gong. Un chef du bureau d'appel du Comité du parti est sorti pour
dire au policier responsable, M.Zhou Lanshan, qu'ils ne
communiqueraient pas avec les pratiquants. Le membre du comité a dit à
Zhou, d'essayer dans un premier temps de persuader les pratiquants de
partir. S'ils ne partaient toujours pas, la force devrait être employée.
Je
n'ai pas exécuté ces ordres. Au lieu de cela, j'ai parlé avec des
pratiquants qui étaient venus pour faire appel mais qui avait été forcé
de se rendre à la cour arrière du Comité du Parti. Nous avons discuté
longtemps. Notre conversation s'est étendue de la vie, de la réalité et
de la société humaines aux problèmes de santé. Ce fut la première
impression que j'ai eu sur le Falun Gong. Ce jour-là, plusieurs
douzaines de camions ont emporté des pratiquants de Falun Gong et ont
dispersé les autres. Nous avons punis les « chefs » principaux du
groupe pour avoir dérangé la sécurité de la société.
Après
le 20 juillet, le public et l’administration ont été sollicités. Les
autorités ont exigé de chaque commissariat de police qu'ils
enregistrent et rendent compte des pratiquants de Falun Gong (en
particulier pour rassembler des données sur les participants aux
évènements du 25 avril, du 20 et du 22 juillet). Les autorités ont
également exigé des pratiquants de Falun Gong qu'ils écrivent une «
lettre de garantie » qu'elles ne pratiqueraient jamais plus le Falun
Gong. Toute personne qui refuserait de signer la lettre serait envoyée
dans des classes de rééducation établies par les gouvernements locaux
ou seraient punies pour avoir dérangé la stabilité sociale.
Les
pratiquants de Falun Gong enregistrés ou des membres de la famille des
pratiquants seraient privés de leur droits dans beaucoup de domaines,
comme l'entré à l'université, l'emploi, les tâches des enfants et la
pension militaires, etc... Ils ont été accablés par de grandes
difficultés. Certaines unités de travail mettraient même le feu à toute
personne qui aurait été identifié comme pratiquant du Falun Gong.
Après
le 20 juillet, pour sécuriser la célébration du cinquantième
anniversaire de la république populaire de Chine, la ville de Tianjin a
lancé des arrestations en masse contre les pratiquants. Cette action a
été tracée par le premier secteur du bureau public de sécurité de
Tianjin (le secteur politique et de sécurité). Quelques jours avant le
jour national, beaucoup de pratiquants de Falun gong sont allés
volontairement à Pékin pour faire appel, mais ils ont été rapatriés à
grande échelle. A ce moment-là, parce que les pratiquants arrêtés
refusés de donner leurs noms et leurs origines, le bureau 610 central
était furieux.
Le bureau 610 central a ordonné aux bureaux 610
locaux d'assigner les pratiquants de Falun Gong à chaque district selon
l'importance de la population. Le bureau public de sécurité a alors
assigné des pratiquants à chaque station de district. Et chaque station
de district a alors assigné des pratiquants à chaque commissariat de
police local pour les rechercher. Chaque commissariat local a envoyé
une personne chercher les pratiquants comme s'ils étaient du bétail. A
chaque station de police les pratiquants ont été assigné, les officiers
de police ont attaché les pratiquants avec des cordes de chanvres et
les ont forcé à se mettre à genoux.
Il y avait trois
pratiquantes apportées de nouveau à mon commissariat de police. Elles
avaient entre quarante et cinquante ans. Chaque pratiquante a été
interrogée par notre équipe de recherche criminelle. Pendant tous les
jours d'interrogation, je pouvais les entendre pleurer et crier de
façon extrêmement tragique chaque fois que j'allais travailler. J'ai
appris plus tard d'un collègue qu'ils avaient reçu l'ordre d'employer
tous les moyens pour forcer les pratiquants à indiquer leur nom et
l'adresse de leur famille.
Pendant l'année 2000, afin de
renforcer le contrôle sur les pratiquants de Falun Gong et les empêcher
d'aller faire appel à Pékin, les unités de travail et les commissariats
de police ont reçu l'ordre de mettre en place des sessions de lavage de
cerveau et d'ouvrir des « classes d'éducation ». Des pratiquants ont
été forcés d'écouter des cassettes de lavages de cerveau ensemble à
certains endroits. Ils devaient également payer des « honoraires
d'études ». J'ai exprimé mon mécontentement à quelques fonctionnaires
gouvernementaux. J'ai dit qu'interdire le Falun Gong était un
gaspillage de moyens, de ressources matérielles et financières. Ils
voulaient seulement être de bonnes personnes en bonne santé. Pourquoi
ne pouvez-vous pas les laisser pratiquer ? A suivre... |