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La Corée du Nord fête le 66e anniversaire de son dictateur |
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Écrit par Agence France-Presse
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18-02-2008 |
Spectacle propagandiste de patinage artistique pour marquer le 65e anniversaire du dictateur Kim Jong-Il, le 15 février 2007. (HO/AFP/Getty Images) SÉOUL – Une série de réjouissances imposées ont marqué, samedi dernier, le 66e anniversaire de naissance du dictateur nord-coréen Kim Jong-Il, le «cher leader» d'un pays pauvre et isolé qui rêve de devenir une «puissance économique» d'ici 2012.
Les médias d'État avaient recouru à la propagande des grands jours pour l'événement qui n'a d'équivalent que le 15 avril, date de naissance du père de Kim Jong-Il, Kim Il-Sung, fondateur de la Corée communiste, mort en 1994, mais intronisé «président à vie».
Dans son éditorial, le quotidien et porte-voix du régime Rodong Sinmun jure éternelle allégeance au maître de Pyongyang qui règne sur les institutions et une armée forte de 1,1 million d'hommes.
«La résolution de protéger le chef de toute notre force est le coeur de la force spirituelle de notre armée et du peuple et la meilleure expression de leur patriotisme», s'exalte le Rodong.
«Le parti est fermement déterminé à transformer la mère patrie en un État puissant, pas seulement en termes politiques et militaires, mais également sur le plan économique d'ici 2012», poursuit le journal.
À en croire les médias du régime le plus stalinien de la planète, le 66e anniversaire de Kim Jong-Il – surnommé parfois le «Soleil du XXIe siècle» – a donné lieu à une série de «réjouissances».
Des rations alimentaires spéciales ont été distribuées dans le pays en proie à des pénuries chroniques alors que l'armée a fait acheminer «de grandes quantités d'anguilles» dans des restaurants de Pyongyang, a précisé la chaîne de télévision locale, Chosun Chungang.
Les Nord-Coréens ont aussi bénéficié de deux jours de repos exceptionnels.
Selon la légende officielle, lorsque le petit Kim a vu le jour, le 16 février 1942, une étoile et un double arc-en-ciel sont apparus. La montagne où il serait né, le mont Paekdu, la plus haute montagne du pays (2744 mètres) à la frontière chinoise, est «sacrée».
La plupart des historiens considèrent qu'il est en fait né en Russie dans un camp d'entraînement des partisans communistes coréens.
Le 15 janvier 2008, selon l'agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA, un spectacle de natation synchronisée s'est tenu en l'honneur du «cher leader» célébré par des chants exaltés : «Notre général est le meilleur», «Vénération pour le général» ou «Devenons des satellites du soleil».
Fut également mise à l'honneur, la fleur nationale, rose vif, plus connue sous le nom de... «Kimjongilia».
Enfin, la propagande n'a pas délaissé le ton martial qu'elle affectionne lorsqu'elle évoque les «impérialistes» américains avec lesquels Pyongyang aspire pourtant à pacifier les relations.
Ainsi KCNA a-t-elle loué le «courage» et le «cran» de Pyongyang pour s'être retiré du «Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) afin d'infliger un camouflet aux impérialistes américains à la face du monde».
Après avoir quitté le TNP en janvier 2003, le régime communiste est entré en octobre 2006 dans le cercle restreint des puissances atomiques militaires, ignorant un accord passé en septembre 2005 avec cinq pays (Corée du Sud, États-Unis, Chine, Japon et Russie) et par lequel elle acceptait d'abandonner ses programmes.
Revenue depuis aux négociations, elle a accepté, en février 2007, de renoncer à ses activités atomiques contre une aide énergétique conséquente et la perspective d'une normalisation de ses relations avec les États-Unis.
En vertu de l'accord de février, le Nord était censé désactiver ses principales installations nucléaires avant le 31 décembre 2007 et détailler tous ses programmes. Mais le processus marque le pas depuis plusieurs semaines.
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