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Le regard levé au ciel, il semble être fasciné par les anges peints au plafond de l’hôtel George V. À deux pas de l’Ambassade de Chine, le 14e dalai-lama, Tenzin Gyatso, y a convié les médias français pour une conférence de presse en ce 13 août 2008. Malgré le calme de Paris désertée au mois d’août, ils sont venus en masse écouter le chef spirituel tibétain de passage en France alors que les Jeux Olympiques battent leur plein à Pékin.
Sans jamais attaquer directement le régime chinois, «Sa Sainteté», tels que l’appellent les journalistes qui l’interviewent, dénonce l’état de quasi guerre civile, de désordre et de corruption qui ravage la Chine.
Par un parallèle éloquent entre les deux géants asiatiques, l’Inde et la Chine, le dalaï-lama montre comment le premier règle ses problèmes pendant que l’autre les étouffe.
Rappelant que les deux pays souffrent tous deux de surpopulation et d’une pauvreté pandémique, il explique que l’Inde, parce qu’elle est démocratique et offre des libertés fondamentales, fait face aux problèmes en en discutant librement pour les régler alors que le régime chinois, parce qu’il est dictatorial et «immoral», préfère dépenser son énergie à étouffer les problèmes et réprimer les personnes qui osent en parler.
Ainsi, conclut-il, les problèmes empirent en Chine de manière cruelle et douloureuse, non seulement pour le peuple tibétain mais pour toutes les couches de la population chinoise.
Si l’Etat français et les élus ne lui ont pas fait l’honneur d’une réception officielle, le chef spirituel tibétain prétend ne pas s’en soucier puisque c’est pour enseigner le bouddhisme qu’il est venu, ce qu’il a fait d’ailleurs pendant la conférence de presse.
Mais malgré lui, ses enseignements spirituels l’ont ramené à la sphère politique lorsqu’il a expliqué que le désir de contrôle paranoïaque du régime chinois vient d’une faiblesse extrême. Et le sage de prédire « no future » pour ce pouvoir autocratique qui, tel qu’il a voulu le démontrer, s’effondre de l’intérieur, gangrené par la corruption et l’absence de morale.
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