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Bouteilles de Rhum distillé par Bologne (Suzi Loo / La Grande Époqu) Rendez-vous avec M Derly, Directeur général de la distillerie Bologne, située à Basse Terre en Guadeloupe. La distillerie a conservé le nom des propriétaires de la sucrerie des XVIIe et XVIIIe siècles, c’est plus de 107 ha de champs de canne noire qui l’entourent. Cette distillerie est la seule à cultiver encore cette variété de canne à rhum. La volonté de Bologne est de travailler différemment en respectant les cycles naturels. UNE PRISE DE CONSCIENCE POSITIVE Par le passé, la distillerie était considérée comme une industrie très polluante, la cause en était que la vinasse* partait directement à la mer et que les fumées de combustion de la bagasse* étaient souvent chargées de suie. Une prise de conscience, un acte volontaire d’aller vers une amélioration, a conduit le directeur de production, monsieur de Saint-Alary à rechercher d’autres solutions depuis 1999. L’obligation administrative de se mettre aux nouvelles normes anti-pollution a été le catalyseur d’une réflexion globale conduisant à prendre en compte toute la production de déchets de la distillerie et à en profiter pour la valoriser énergiquement. La société IRIS INGENIERIE, représentée par monsieur Guichard, a donc été retenue en tant qu’ensemblier maître d’œuvre afin de mener à bien cette démarche. Bien sûr, tout cela fut étalé dans le temps en raison des coûts financiers, car même s’il existe des aides de l’Europe et de la région, il faut avoir 45 à 50% de financement personnel, et c’est près de huit millions d’euros au total qui ont été investis dans la valorisation de la biomasse en chaudière, la méthanisation et la sécurité incendie. ELLE VA FOURNIR SA PROPRE ÉNERGIE La distillerie Bologne reste à ce jour la première de la Caraïbe à intégrer totalement le processus de valorisation de ses déchets. C’est ainsi que la bagasse* est brûlée dans une chaudière à biomasse, produisant 14 tonnes de vapeur à l’heure sous 15 bars de pression, cette vapeur étant ensuite turbinée dans un turboalternateur pour produire environ 600 kilowatt/heure d’électricité. La vinasse*, quant à elle, est traitée dans un digesteur anaérobie, sorte de gigantesque fosse septique d’une capacité de 2 millions de litres, dans laquelle des bactéries en l’absence d’oxygène vont dégrader la matière organique en générant du biogaz, lequel fournira environ 190 Kilowatt/heure d’électricité via un groupe électrogène. Au final, cette vinasse refait de l’eau propre et de l’électricité ainsi que de l’engrais naturel (humus) avec un matériel considérable, aussi important que la distillerie. L’ensemble des machines a été monté à partir de 2004 par des techniciens de la métropole. Ce sont des machines neuves, avec de nouvelles technologies et une part importante d’électronique pour le traitement des informations ,qui ont été mises en fonction en 2006. L’ensemble est agrée par la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement) qui suit de près le respect des normes imposées pour le respect de l’environnement. LE RÔLE DE LA CHAUDIÈRE La chaudière sert à faire de la vapeur. On fait brûler de la bagasse* (combustible) à l’intérieur du four qui dégage de la chaleur, de l’énergie calorifique. Cette énergie réchauffe de l’eau qui est transformée en vapeur dans des tubes et cette vapeur fait fonctionner un turboalternateur qui produit de l’électricité, une machine à vapeur pour entraîner les rolles des moulins qui servent à presser la canne et deux colonnes pour distiller le rhum. Plus tard, cette machine à vapeur sera remplacée par des moteurs électro-hydrauliques plus souples et faciles à contrôler. Cette chaudière plus puissante et plus grosse remplace l’ancienne petite chaudière, ce qui permet de brûler toute la bagasse et ainsi de produire plus d’électricité que n’en consomme la distillerie. La production électrique, déduction faite de la consommation interne des appareils de production, est revendue à EDF, ce qui représente environ 500 KWh/h injectés sur le réseau, soit sensiblement la satisfaction des besoins de 200 foyers. LE FONCTIONNEMENT DE LA VAPEUR La vapeur, qui est envoyée dans l’alternateur, est recyclée, car l’eau qui est utilisée dans la chaudière doit être très pure et déminéralisée, donc pour obtenir cette eau, on est obligé de faire un traitement afin d’enlever tous les minéraux et le calcaire qui se trouvent à l’intérieur pour éviter l’encrassement de la chaudière et du turbot alternateur. La vapeur, au sortir du turbo, est donc récupérée et condensée dans des aérocondenseurs avant d'être renvoyée dans la bâche alimentaire de la chaudière. Pour la consommation de vapeur, la seule qu’ on utilise est celle qui passe dans les colonnes à distiller et qui permet de faire le rhum.
L'électro-filtre de la distillerie (Suziloo/La Grande Époque) LE RÔLE DES FILTRES Au sortir de la chaudière, les fumées doivent être traitées afin de respecter les normes anti-pollution. « Cyclone » est le nom donné au premier filtre. Pourquoi ce nom ? La fumée tourbillonne à l’intérieur. Les particules lourdes sont donc projetées sur les tôles du filtre, puis sont récupérées plus bas. Ce qui permet de récupérer 80% des poussières. Arrive le second élément «le réchauffeur d’air» qui permet d’éviter les chocs thermiques de la chaudière, c'est-à-dire que pour que la combustion se fasse il faut de l’oxygène à l’intérieur du foyer, il faut donc envoyer de l’air et réchauffer cet air- là. C’est grâce aux fumées chaudes qui sortent de la chaudière que l’on va réchauffer l’air frais qui rentre à l’intérieur. Tout ceci grâce à un système de tubes nommés «échangeur . Sorti de l’échangeur air à air, il y a une grande canalisation qui aboutit au 3e élément c’est un «électro-filtre». Il faut diminuer la vitesse de la fumée pour qu’elle puisse passer entre des plaques garnies de picots qui sont chargées électriquement positivement et négativement pour que les particules viennent s’y coller. Un grand volume, donc un grand bâtiment avec à l’intérieur une vitesse de gaz lente pour laisser aux particules le temps de se coller. (Cela pourrait faire penser à un aimant). Il n’y a plus de fumée sortant de la cheminée, donc il n’y a plus de pollution.
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