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Le Milan royal est une espèce en déclin. (Dan Kitwood/Getty Images) La balise Argos fête ses 30 ans. Ce système satellitaire français est devenu célèbre pour le suivi des navigateurs. Mais sa mission première était de recueillir des informations pour la communauté scientifique. Argos devait en effet prendre le pouls de la planète terre, et de son atmosphère. Le Centre National d’Étude Spatiale a suivi aussi avec succès les espèces animales et, des milliers d’animaux ont pu être observés: des ours polaires, des éléphants d’Afrique, des manchots empereurs, (connaissance des lieux de reproduction, des migrations, des profondeurs de plongée) etc. La balise Argos a indiqué les menaces encourues par la planète, telles que celles du réchauffement climatique, par exemple.
Le Centre National d’Étude Spatiale puise ses informations au bout du monde, il est informé d’une pêche désastreuse au Chili, de l’avancée des déserts, du retard de la mousson en Inde, par exemple… Ces phénomènes climatiques sont un tout, ils sont liés aux océans qui couvrent 70% de notre planète. À travers le monde, des milliers de bouées et de flotteurs sont équipés d’émetteurs Argos qui envoient des informations par l’intermédiaire du système satellitaire Argos, c’est un outil précieux pour les scientifiques qui cherchent à déchiffrer et envisager les changements climatiques.
Argos offre une balise pour l’étude du milan royal
Le 30e anniversaire d’Argos a été l’occasion, pour le CNES, d’offrir à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) une balise pour suivre les déplacements et observer ainsi les comportements du milan royal, pour comprendre son aptitude à s’intégrer dans un milieu naturel. Les ornithologues français ont déjà fourni de grands efforts dans la protection de ce rapace, qui, autrefois, se déployait dans toute l’Europe. Mais depuis 20 ans il est en perdition sur le territoire français.
D’après une étude réalisée en 2008, 21% des oiseaux nicheurs ont disparu, au cours des 6 dernières années. Le milan royal fait partie de la catégorie d’espèces «dites vulnérables». L’habitat du milan royal est dégradé, l’intensification des techniques agricoles, la pollution, ont nuit à la prolifération de l’espèce. Selon Michel Terrasse, vice-président de la LPO. «On ne compte plus que 2.700 couples nicheurs en France, 20% de perdus en cinq ans»
Une balise passée au cou d’un Milan royal
Le 7 octobre une balise a été passée au cou d’un milan royal, une femelle adulte, née et élevée en captivité au Puy du Fou. C’est à la Cité des sciences de la Villette à Paris, qu’Adrian Aebischer un spécialiste suisse, a posé la balise sur le jeune rapace. Ce chercheur étudie la population helvétique de milans royaux grâce à la technologie Argos. Il a ainsi collecté de précieuses informations sur la migration, les déplacements, les comportements reproducteurs, l’occupation des territoires des milans royaux équipés, améliorant ainsi considérablement les connaissances sur l’espèce. Et après une période d’adaptation dans un centre de soins de Millau, le milan royal sera relâché dans un milieu naturel, en Aveyron.
Expériences
En 2007 un plan national de restauration de l’espèce avait été mis en place, et 3 balises Argos avaient été posées sur de jeunes milans royaux nés en Franche-Comté. L’un de ces jeunes a été suivi jusqu’en Espagne, on pense qu’il serait probablement mort, victime d’un empoisonnement.
Actuellement, les oiseaux équipés sont tous issus des milieux naturels, les ornithologues français souhaitent actuellement étudier la réinsertion des oiseaux issus de l’élevage. Des expériences de ce genre ont déjà été menées avec succès en Écosse, en Angleterre et en Italie.
Pour la LPO, la technologie Argos est un précieux outil de connaissance, au service de la protection de la nature, plus particulièrement lorsqu’il est utilisé pour des espèces en fort déclin, comme le milan royal en France. La LPO se félicite du don de la balise Argos fait par le CNES, qui offrira une occasion de sensibiliser le public à la sauvegarde de ce rapace en déclin.
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