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La production agricole ivoirienne menacée par le réchauffement climatique |
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Écrit par Agence France-Presse
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10-08-2007 |
Des habitants se servent de l'eau à partir d'un conduit dans le quartier pauvre de Kibera à Nairobi, capitale du Kenya, le 21 mars 2007. Les changements climatiques en Afrique menacent de plus en plus l'eau douce ainsi que la production agricole ivoirienne de «type pluvial». (Simon Maina/AFP/Getty Images) ABIDJAN – La production agricole ivoirienne de «type pluvial» a diminué de moitié au cours de la dernière décennie en raison du changement climatique menaçant pour la sécurité alimentaire d'un pays jusque-là modèle en Afrique, a annoncé un chercheur de la filière, le 2 août dernier, à Abidjan.
«Le changement climatique a énormément affecté nos productions agricoles, parfois jusqu'à 50 %», a indiqué à l'AFP Yo Tiémoko, directeur du Centre national ivoirien de recherche agronomique (CNRA), lors d'une rencontre nationale sur le réchauffement de la planète à Abidjan.
«C'est un grand risque qui pèse sur la sécurité alimentaire si nous n'arrivons pas à prendre des mesures», a-t-il prévenu, en soulignant que «les quantités de pluies de plus en plus faibles et leur répartition très aléatoire» sont à l'origine de cette réduction des cultures vivrières (cacao, coton, riz, etc.).
«Les paysans sont aujourd'hui désorientés. Ils n'arrivent pas à ajuster leurs pratiques agricoles anciennes sur la bonne période. Les changements climatiques pourraient donc devenir un important facteur de pauvreté durable», souligne-t-il.
«Les changements climatiques constituent une des menaces les plus sérieuses de notre système planétaire», a estimé André Carvalho, responsable à Abidjan du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Selon le CNRA, «la déforestation et l'industrialisation causées par l'homme» sont des facteurs aggravants des dérèglements climatiques qui provoquent la sécheresse, la désertification ou les inondations.
«Plus de 38 % de la population africaine vit dans l'extrême pauvreté. Les perturbations de l'environnement de production agricole précariseront davantage les conditions de vie», estiment les chercheurs ivoiriens.
La culture du cacao, principale source de revenu pour le pays, est également menacée par le réchauffement climatique à travers l'apparition de nouvelles maladies qui s'attaquent aux plantations.
Le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial avec 40 % des parts de marché, fait vivre six millions d'Ivoiriens sur une population de 15 millions. Mais sa culture, qui se pratique dans les zones forestières, est menacée par la déforestation causée par l'exploitation du bois, soulignent-ils.
Au cours des prochaines années et décennies, les cultures, fragilisées par la sécheresse, seront encore plus à la merci des «maladies» et des «ravageurs», a prévenu, le 2 août dernier, un chercheur ivoirien.
Pour y remédier, M. Tiémoko compte «mieux informer les producteurs» sur les évolutions météorologiques pour qu'ils puissent tirer un maximum de leurs cultures.
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