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La hausse spectaculaire du métal jaune se poursuit |
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Écrit par Lauren Smith, La Grande Époque
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12-11-2009 |
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Des lingots d’or de 1.000 grammes. (Jae-HwanKim/AFP/Getty images) L’once de métal jaune a atteint un nouveau record historique le 6 novembre, atteignant 1.101,42 dollars sur le marché de Londres. C’est une première dans l’histoire du métal précieux. En dix ans le prix de l’or a explosé à partir du plus bas à 250 dollars l’once en mars 1999. Mais pourquoi alors l’or enchaîne-t-il les records historiques dans un contexte de stabilisation des économies et de reprise de confiance sur les marchés financiers? Parmi les facteurs de soutien à cette forte hausse se trouvent les achats d’or des banques centrales asiatiques, la faiblesse du dollar et une demande massive d’or de la part des fonds de gestion.
Les achats d’or par les banques centrales
Parmi les banques centrales les plus actives pour augmenter leurs avoirs en or se distingue surtout la Chine et l’Inde. Le 2 novembre la banque centrale indienne a annoncé qu’elle achetait 200 tonnes de métal jaune auprès du Fonds monétaire international (FMI). La transaction s’est élevée à 6,7 milliards de dollars. Ce rachat d’or a permis à l’Inde d’augmenter de 4% à 6% sa couverture en or dans ses réserves de change. Ses réserves d’or s’élèvent désormais à 557 tonnes ce qui la fait passer de 14e place à la 11e place dans le classement établi par Le Conseil mondial de l’or à fin septembre 2009. Le marché anticipait que ce serait la Chine, et pas l’Inde, qui raflerait l’or mis en vente par le FMI. La surprise a été totale. La vente d’or par le FMI à la Chine était-elle assortie de conditions quant à une réévaluation du Renminbi, s’interrogent les experts.
D’après les déclarations des autorités communistes chinoises en avril de cette année, la Chine qui avait 600 tonnes d’or en réserve, aurait acheté pour 454 tonnes d’or supplémentaires et en détient théoriquement 1.054 tonnes aujourd’hui. Ce montant peut paraître important, mais par rapport au montant de leurs réserves de change, il ne représente que 1,9% de ses réserves, ce qui est très faible comparé aux 77% de réserves en or des Etats-Unis, 69% pour Allemagne et 70% pour la France. La Chine reste donc encore très dépendante du billet vert. Par ailleurs, ces 454 tonnes déclarées par le régime totalitaire semblent étrangement proches du montant de vente d’or prévu par le FMI. Si la Chine se fixait comme objectif le chiffre de 10% de ses réserves de change, il faudrait qu’elle achète 4.300 tonnes d’or sur le marché, c’est-à-dire plus d’un an et demi de production mondiale d’or.
Les ventes d’or du FMI
Le projet de vente de 403,3 tonnes d’or par le FMI a été approuvé le 7 avril 2008 par son conseil d’administration, dans le cadre d’une réforme de son fonctionnement. Ce n’est qu’en septembre 2009, après avoir obtenu l’approbation de 85% de ses 185 pays membres, que l’institution internationale a officiellement annoncé qu’elle envisageait de céder le huitième de ses réserves évaluées à 3.217 tonnes d’or aux banques centrales ou sur le marché de l’or. Ces ventes devraient permettre au FMI de diversifier ses sources de revenus et d’augmenter les aides aux pays pauvres. Les réserves d’or du FMI sont les troisièmes plus importantes après celles des Etats-Unis avec 8.133 tonnes, et l’Allemagne avec 3.408 tonnes, d’après les statistiques de Conseil mondial de l’or. Pour ne pas perturber le cours de l’or, ces ventes doivent s’inscrire dans le cadre des accords renégociés le 7 août dernier entre les dix-neuf banques centrales européennes («Central Bank Gold Agreement») qui visent à respecter collectivement une limite de vente d’or à 400 tonnes par an sur les cinq prochaines années à partir du 27 septembre.
L’or – valeur refuge par excellence
Le 6 novembre c’était le tour de la banque centrale du Sri Lanka qui a annoncé avoir acheté de l’or afin de diversifier ses réserves à cause d’une faiblesse persistante du billet vert. En effet, face à la fragilité du dollar, il vaut mieux aujourd’hui détenir de l’or que des dollars. De plus, si les économies se redressent, des tensions inflationnistes risquent d’apparaître. L’or est utilisé alors comme un moyen de protection contre l’inflation et bénéficie pleinement de sa réputation de valeur refuge par excellence.
Le phénomène de hausse du cours de l’or est également amplifié par une forte demande des investisseurs via des ETF (Exchange Trade Funds), aussi appelés trackers - fonds indiciels cotés en bourse adossés à l’or physique dont les encours sous gestion se situent à un niveau record.
Le marché de l’or va-t-il poursuivre son ascension au-delà de 2 000 dollars l’once ? Tout semble le confirmer.
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