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La Martinique va-t-elle choisir l’autonomie ? |
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Écrit par Christine Modock, La Grande Époque Martinique
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01-07-2009 |
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Fort-de-France : Le président Nicolas Sarkozy et le maire de Fort-de-France Serge Letchimy lors de l’inauguration de l’aéroport Aimé Césaire.(POOL/AFP PHOTO) Le chef de l’Etat s’est rendu aux Antilles pour pacifier le climat social à la suite des évènements qui ont secoué les deux îles de la Martinique et de la Guadeloupe.
Le président français a débuté à Fort-de-France sa visite de deux jours pour la Martinique et la Guadeloupe en rendant hommage aux dissidents antillais. Il s’est rendu au monument aux morts du Front de Mer pour décorer des hommes de courage et rappeler qu’il n’était pas question que la République oublie ces héros. Nicolas Sakorzy a évoqué l’idée d’une stèle sur la Savane, en mémoire des dissidents antillais qui avaient risqué leur vie pour rejoindre la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Dans l’après-midi, les états généraux ont eu lieu à l’aéroport face aux élus et aux socio-professionnels, venus très nombreux pour avoir des réponses aux questions du changement de statut, de la baisse des prix, des barrières douanières, du pôle des métiers, des rapports avec les îles voisines et de la santé. Le chef de l’État a fait ressortir la nécessité de travailler pour obtenir une transparence à tous les niveaux de responsabilité.
La confiance
Nicolas Sarkozy a mis l’accent sur la notion de confiance, en déclarant : «Si j’avais une chose à vous demander, c’est d’avoir confiance en vous. Je voudrais que vous ayez aussi confiance en l’État, même si l’histoire de la Martinique et de l’Etat est jalonnée de beaucoup de déceptions. Enfin, je veux que vous ayez confiance dans mon implication personnelle. Je veux réussir. Je serai au rendez-vous.»
Le lendemain le 26 juin, date anniversaire de la naissance du poète et humaniste, Aimé Césaire, a été inauguré l’aéroport Aimé Césaire. C’était l’un des moments les plus attendus de la visite présidentielle, circonstance chargée d’émotion, où le chef de l’État a rappelé qu’ « en donnant à l’aéroport de Fort-de-France, le nom d’Aimé Césaire, la République rend hommage à l’une de ses plus grandes figures. […] Nous rendons hommage à l’homme qui a changé le regard des Antillais sur eux-mêmes, le regard des Noirs sur eux-mêmes ». Cette déclaration a été acclamée par la population.
La responsabilité
A cette inauguration, le président s’est prononcé sur sa vision de l’évolution institutionnelle à la Martinique : «Je suis venu vous annoncer clairement que j’ai l’intention de consulter les Martiniquais sur l’évolution institutionnelle de leur territoire comme la Constitution m’y autorise (…) Les Martiniquais seront libres de choisir en leur âme et conscience le chemin qu’ils souhaitent emprunter. Il faut qu’un large débat se poursuive et que chacun puisse y participer».
Le chef de l’État a précisé avoir toujours été ouvert à la question de l’évolution institutionnelle. Toutefois, il indique que «le débat dont nous parlons n’est pas celui de l’indépendance. Il ne s’agit pas d’organiser subrepticement, je ne sais quel largage de la République. La Martinique est française, elle le restera, d’abord parce qu’elle le veut et aussi parce que la France le souhaite».
Il a rajouté que «le débat qui est ouvert est celui du juste degré d’autonomie, celui de la responsabilité, celui de l’équation unité-singularité». «Le statut de région ultrapériphérique vis-à-vis de l’Europe ne serait pas menacé». Il tient également à rassurer la population en déclarant : «Il est aussi inexact de prétendre qu’une collectivité qui ferait le choix de l’article 74 de la Constitution perdrait sa qualité de ‘région ultrapériphérique’ d’Europe et les avantages qui lui sont associés… En revanche, je le dis avec la même clarté et la même franchise/: plus une collectivité devient autonome, moins l’État a de prise sur les affaires qui la concernent. Plus une collectivité est autonome, plus elle doit s’assumer. Plus les élus ont de compétence, plus ils doivent répondre, devant leurs électeurs, des choix qu’ils ont fait en leur nom».
Ainsi, le peuple sera consulté et c’est lui seul qui aura le dernier mot. Toutefois, le président de la République affirme que le statut quo ne sera pas possible.
Les réactions des parlementaires
Serge Letchimy, député du centre, a déclaré : «Maintenant les choses sont claires. Le président de la République a clairement parlé de processus et c’est exactement ce que nous demandons. Dois-je préciser que nous n’avons jamais dit que l’article 74 était une porte de sortie de la République. Un processus sera engagé et il a parlé de quatre à six ans. Si cela est retenu, cela donnera le temps de modifier ce qui doit l’être, y compris dans la Constitution. Cela devra être viable. Maintenant, il faudra passer par une première consultation de la population et une deuxième sur la finalité du cadre juridique. Mais c’est le peuple qui choisira et nous en prendrons acte».
Pour Serge Larcher, sénateur, «il y a tout dans son discours. Il dit qu’il n’est pas question d’indépendance ni de sortie de l’Europe, mais tout de suite après, il prévient qu’avec l’article 74, la nouvelle collectivité devra assurer sur ses propres fonds les compétences octroyées. Il rassure d’un côté et dit de l’autre des choses qui peuvent être inquiétantes. C’est à nous Martiniquais de trancher et de savoir ce que nous voulons, toutes tendances confondues.»
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