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Quelle est la solidité du système bancaire européen? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Lauren Smith, La Grande Époque   
25-07-2010

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a convoqué une réunion avec de grandes banques européennes pour discuter des stress tests le 21 juillet à Frankfort. Tiziana Fabi/AFP/Getty Images
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a convoqué une réunion avec de grandes banques européennes pour discuter des stress tests le 21 juillet à Frankfort. Tiziana Fabi/AFP/Getty Images

Le Comité Européen des Superviseurs Bancaires (CEBS) a révélé le 7 juillet les détails sur la méthodologie du stress test qui sera appliquée sur les banques européennes. Les résultats devraient être publiés le 23 juillet. Une réunion de discussion sur les résultats de tests entre le président de la BCE et les grandes banques européennes est prévue le 21 juillet à Francfort. L’objectif de ces tests est d’évaluer la capacité de résistance globale du secteur bancaire européen à des chocs économiques et financiers extrêmes, y compris le risque souverain, et de vérifier si les capitaux propres de chaque établissement financier permettent d’absorber ces chocs.

Le test couvrira 91 institutions dans les 20 pays qui représentent 65 % du secteur bancaire européen et au moins 50 % du secteur bancaire national par pays mesuré en termes d’actifs. Le nombre des institutions qui passent les tests de résistance dans chaque pays est très varié. En Espagne et en Allemagne, pays qui se caractérisent par un fort éclatement du secteur bancaire, le nombre d’établissements testés ressort respectivement à 27 et 14 contre, par exemple, 6 pour la Grèce, 4 seulement pour la France (BNP Paribas, Crédit Agricole, le groupe BPCE et la Société générale) et le Royaume-Uni, ou 1 pour la Pologne.

Les hypothèses retenues manquent de transparence

La nature des tests semble plus sévère qu’attendue, ce qui renforce la crédibilité de la démarche et rassure les marchés. Pourtant, les hypothèses retenues manquent de clarté et les éventuels plans de recapitalisation associés ne sont pas évoqués pour l’instant. Parmi les paramètres des tests figurent des variables macro-économiques différenciés pour chaque État : évolution du PIB, taux de chômage et inflation. Le scénario adverse va tenir compte d’une déviation de 3 % de PIB par rapport aux prévisions actuelles de l’Union européenne pour 2010 et 2011. Cette hypothèse est considérée comme « assez conservatrice et en ligne » à la fois avec le modèle utilisé dans les tests de 22 banques européennes en 2009 et avec les hypothèses de la Fed dans les tests sur les 19 institutions financières américaines, selon l’analyse de la banque espagnole Santander. Une détérioration des conditions de marchés avec un choc sur les taux d’intérêts est prévue dans les tests, mais l’ampleur du « choc du risque souverain », c’est à dire d’une hausse des taux d’emprunts gouvernementaux, n’a pas été explicitée clairement par le CEBS. Le module d’évaluation devrait intégrer une détérioration analogue à celle observée au début du mois de mai, ce qui risque de biaiser l’évaluation, car le pic de hausse de taux d’emprunts souverains n’est survenu que plus tard, courant mai.

Une décote pour la dette des pays du Sud paraît sous-évaluée

Une autre question concerne les hypothèses de pertes sur les dettes souveraines détenues par les établissements financiers. Même si depuis le début de la crise des dettes souveraines, il n’y a  pas eu de défaut au sein de l’Union européenne, certaines dettes d’État ont subi une forte dépréciation. Aucun niveau de décote (haircuts) n’a été précisé par CEBS. Financial Times et Bloomberg ont initialement annoncé une décote uniforme de 3 % sans distinction des pays, puis cette décote a changé vers une graduation en fonction du pays : 17 % sur la dette grecque, 8 % sur la dette portugaise, 5 % sur la dette espagnole et 0 % sur la dette allemande. Selon des « sources de marchés » la dette française serait stressée à 0,7 %.

Les hypothèses de décote pour la dette des pays du sud paraissent insuffisantes aux yeux des investisseurs, car elles sont déjà très inférieures aux prix de marché actuels. Pour la dette grecque par exemple, les prix de marché intègrent déjà de 30 % à 60 % de défaut, soit 2 à 3 fois plus que ce qui pourrait être pris en compte dans les tests de CEBS.

L’agence de notation Fitch et la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) viennent de publier leur propre étude sur les besoins de recapitalisation du secteur bancaire espagnol. Les deux institutions estiment que les banques espagnoles auront besoin d’une injection d’environ 50 milliards d’euros pour renforcer leurs fonds propres sur la base d’un scénario de crise médiane ce qui est bien loin des 20 milliards d’euros identifiés lors d’actuels stress tests. RBS considère que des hypothèses trop optimistes risquent de décevoir le marché et de miner la confiance des investisseurs.

 

 





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