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Une année 2012 à haut risque pour la zone euro Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Lauren Smith, The Epoch Times   
27-01-2012

La Banque Centrale Européenne a lancé le 27 décembre 2011 une opération inédite de prêt d’un montant illimité pour renforcer la liquidité des banques.
La Banque Centrale Européenne a lancé le 27 décembre 2011 une opération inédite de prêt d’un montant illimité pour renforcer la liquidité des banques. (Daniel Roland/AFP/Getty Images)
La zone euro et la monnaie unique font l’objet de fortes inquiétudes, dans un contexte de crise de dette publique et de ralentissement économique accentué sur 2012.  

L’euro a terminé 2011 à son plus bas niveau de l’année contre la plupart des devises: 1,296 dollar américain, 0,836 livre sterling ou 99,77 yens. Parallèlement, le recul des bourses européennes a été plus significatif que celui de leurs homologues d’Occident: sur l’année, l’indice CAC 40 a reculé de 16,95% à 3.159 points, celui de l’Euro Stoxx 50 a marqué un repli de 17,05% à 2.316,55 points, tandis que l’indice de la bourse américaine Dow Jones a enregistré une hausse de 5,53% à 12.217,5 points et celui de la bourse japonaise Nikkei 225 a terminé sans changement à 8.455,35 points. Les taux d’intérêt à dix ans des pays placés sous assistance financière – la Grèce (28,4%), l’Irlande (8,09%) et le Portugal (12,2%) , ainsi que ceux de l’Italie (6,95%) et de l’Espagne (4,99%) ont fini l’année à des niveaux tendus car les craintes des investisseurs quant à leur solvabilité n’ont pas disparu.

La tendance baissière de l’euro devrait se poursuivre
L’euro, qui a fêté son dixième anniversaire ce 2 janvier, est remis en question depuis le début de la crise grecque en 2010. Pourtant son entrée en vigueur a été accueillie avec enthousiasme et confiance dans les dix-sept pays qui l’ont adopté comme monnaie unique, et la valeur de l’euro reste aujourd’hui (1,296 dollars) supérieure à celle de sa création (0,95 dollars).

Lors du sommet européen du 26 octobre 2011, l’euro était à 1,418 dollars. Depuis cette date, il a baissé de 8,6% à fin décembre et, selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre dans les mois à venir pour atteindre une parité cible de 1,15-1,25 dollar. Les raisons de cette baisse sont multiples: les perspectives économiques plus favorables aux Etats-Unis qu’en Europe, la baisse des taux de la BCE, la crise de la dette souveraine ont engendré chez les investisseurs une hausse de l’aversion au risque avec une crainte de désintégration de la zone euro. La seule bonne nouvelle est qu’un euro plus faible rend les exportations hors zone euro plus compétitives.

Le plus grand défi reste le refinancement de la dette
Un des plus grands défis des pays de la zone euro sera le refinancement des emprunts des États qui viennent à maturité en 2012. En tête se trouve l’Italie, dont le montant à rembourser sur l’année s’élève à 245 milliards d’euros et avec une première échéance de 46,2 milliards dès le mois de février. Le remboursement de la dette allemande sur 2012 est quant à lui de 194 milliards et celui de la France de 145 milliards d’euros. Viennent ensuite l’Espagne avec 70 milliards d’euros et la Grèce avec 44 milliards d’euros. Au total, ce sont près de 800 milliards d’euros de dettes qui devraient être remboursés par les États.

Lors de sa dernière adjudication de dette à long terme du 29 décembre dernier, le Trésor italien n’a pas réussi à tout placer à des taux acceptables, ce qui n’est pas rassurant. La faiblesse de la demande a engendré une tension à plus de 7% sur les taux à dix ans, niveau difficilement soutenable pour l’État italien. Qui en 2012 va acheter les obligations souveraines de la zone euro ? Les taux élevés semblent inéluctables.

Parallèlement, les banques européennes doivent également faire face à leurs propres remboursements pour un montant estimé à 600 milliards d’euros en 2012, dont 230 milliards au premier trimestre. Pour renforcer la liquidité des banques de la zone euro, la BCE a lancé le 27 décembre une première opération de prêt sur trois ans d’un montant illimité au taux de 1%, ce qui a permis aux banques d’emprunter 489 milliards d’euros. Cet argent sera-t-il utilisé pour souscrire aux obligations d’État, au remboursement de leurs propres échéances de dettes, ou bien s’agit-il d’une réponse au risque de credit crunch qui menace le monde financier et la sphère économique?





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