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Hédi Annabi : «Le moment n'est pas venu de retirer les troupes d'Haïti» |
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Écrit par Clarens Renois, Agence France-Presse
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19-01-2008 |
Un véhicule de l'ONU garde l'entrée de la prison de Port-au-Prince, le 12 juillet 2007. La présence de l'ONU serait encore nécessaire en Haïti puisque le gouvernement ne semble pas encore avoir les moyens de pouvoir prendre la relève. (Thony Belizaire/AFP/Getty Images) PORT-AU-PRINCE – «Le moment n'est pas encore venu de retirer les troupes de l'ONU en Haïti», a estimé dans un entretien, le 8 janvier dernier, à l'AFP le diplomate tunisien Hédi Annabi, envoyé spécial des Nations Unies dans ce pays et responsable à ce titre des plus de 9000 membres de la Minustah.
La Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti compte 7060 militaires et plus de 2000 policiers internationaux, déployés depuis 2004 dans cet État le plus pauvre du continent américain, secoué pendant vingt ans par des crises politiques violentes.
En dépit de l'amélioration des conditions de sécurité constatée par l'ONU, «le moment n'est pas venu de réduire la présence militaire onusienne en Haïti, le gouvernement n'a pas les moyens de prendre la relève», ajoute le diplomate.
Au plan politique, l'ONU en Haïti continue de «jouer les bons offices auprès des acteurs politiques afin de garantir la stabilité du pays», précise l'envoyé spécial du secrétaire général en faisant état de rencontres régulières avec le président René Préval, son premier ministre Jacques-Édouard Alexis et des dirigeants politiques.
Il écarte l'idée de transformer la Minustah en mission de développement comme l'avaient souhaité les autorités haïtiennes par rapport aux besoins du pays où les infrastructures sont défaillantes et la misère galopante.
«Une mission de paix n'est pas une opération de développement. Nous n'avons ni le mandat ni les ressources pour les tâches de développement», explique M. Annabi. Il estime toutefois que la mission de stabilisation aide «à créer les conditions propices au développement en Haïti».
Au cours de l'année 2008, la Mission de l'ONU en Haïti prévoit travailler avec les autorités haïtiennes pour renforcer le système judiciaire du pays, décrié et corrompu, et améliorer les conditions de détention très critiquées dans le pays.
Des formateurs onusiens participeront également, en 2008, à la formation d'un millier de policiers haïtiens pour renforcer le corps de police fort de 8000 membres. «Ce chiffre n'est pas suffisant», estime le responsable de l'ONU.
«Nous travaillons actuellement sur un programme de formation qui permettra d'avoir 14 000 policiers d'ici trois ans. Mais selon les experts, il faudrait 20 000 policiers pour assurer la sécurité en Haïti avant de voir l'ONU se retirer», indique Hédi Annabi.
La Minustah a commencé à la mi-décembre le déploiement de 200 Casques bleus dans quatre villes frontalières d'Haïti avec la République dominicaine voisine, annonce d'autre part M. Annabi.
«Une quarantaine de soldats et une douzaine de policiers sont déployés dans quatre postes frontaliers d'Haïti pour aider à sécuriser la frontière et dissuader les activités illicites de drogue et d'armes», précise-t-il.
Haïti et la République dominicaine sont considérés comme deux plaques tournantes de la drogue qui provient de l'Amérique latine en direction vers les États-Unis.
Ce déploiement de Casques bleus a été précédé de consultations entre les deux pays qui se partagent l'île d'Hispaniola, mais aussi entre les responsables de l'ONU en Haïti et les autorités dominicaines, selon le responsable de l'ONU.
Les autorités dominicaines «ont accueilli favorablement cette décision parce qu'elles estiment qu'une meilleure gestion du côté haïtien sert aussi leurs intérêts», affirme M. Annabi.
Une deuxième phase de ce déploiement verra bientôt une présence des Casques bleus dans dix ports haïtiens. Plus de quinze bateaux seront également déployés dans les eaux territoriales haïtiennes, selon l'ONU.
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