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Le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 50 millions en 2007 Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Centre d’actualités de l’ONU   
12-07-2008

Des survivants d'un ouragan montrent des grains de riz
Des survivants d'un ouragan montrent des grains de riz, venant de donneurs privés, comme aide alimentaire à Kounchangon, en Birmanie, le 28 juin 2008. (Khin Maung Win/AFP/Getty Images)
 

La flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim de 50 millions en 2007, a déclaré Jacques Diouf, directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) le 3 juillet dernier.

«Les pays pauvres subissent de plein fouet les graves conséquences de la flambée des prix des produits alimentaires et de l'énergie», a-t-il indiqué à l'occasion d'une conférence au siège du Parlement européen à Bruxelles.

«Des partenariats nouveaux et plus solides s'imposent d'urgence pour affronter les problèmes de sécurité alimentaire qui s'aggravent dans les pays pauvres. Aucun pays ou institution ne peut, à lui seul, résoudre cette crise. Les bailleurs de fonds, les institutions internationales, les gouvernements des pays en développement, la société civile et le secteur privé ont un rôle important à jouer dans la lutte menée au niveau mondial contre la faim», a-t-il aussi déclaré.

Selon Jacques Diouf, la crise actuelle est le résultat de plusieurs facteurs réunis : la demande accrue sur les produits agricoles attribuable à la croissance démographique et au développement économique dans les pays émergents; l'expansion rapide des biocarburants et l'insuffisance de l'offre, la production étant affectée par le changement climatique, en particulier les sécheresses et les inondations au moment où les stocks céréaliers sont à leurs plus bas niveaux depuis 30 ans.

Ces tendances sont exacerbées par les mesures restrictives prises par certains pays exportateurs pour protéger leurs consommateurs et par les fonds spéculatifs sur les marchés, indique un communiqué publié le 3 juillet dernier par la FAO.

Afin de réduire le nombre de sous-alimentés dans le monde tout en répondant à la demande croissante, la production alimentaire mondiale devrait doubler d'ici à 2050.

L'agriculture mondiale devra également relever des défis majeurs, notamment la maîtrise de l'eau et des effets du changement climatique.

«La situation actuelle est le résultat de la longue négligence de l'agriculture des pays en développement de la part de la communauté internationale», a fait observer Jacques Diouf.

Il a notamment relevé que la part de l'agriculture dans l'aide publique au développement a chuté, passant de 17 % en 1980 à seulement 3 % en 2006, tandis que les investissements dans la recherche agricole dans les pays en développement représentent moins de 0,6 % de leur produit intérieur brut, contre plus de 5 % dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La FAO estime à 24 milliards de dollars par an les besoins en investissements publics supplémentaires, y compris les ressources nécessaires pour la maîtrise de l'eau, les routes rurales, les installations de stockage et la recherche.

À moyen et à long terme, a souligné Jacques Diouf, il faut se concentrer sur l'augmentation des investissements publics et privés dans l'agriculture afin d'améliorer les infrastructures rurales et permettre aux petits agriculteurs de bénéficier des opportunités du marché. Il convient également de renforcer les capacités institutionnelles pour assurer un développement agricole durable.
 





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