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BRUXELLES – Bruxelles a présenté, le 30 mai dernier, un éventail de
pistes pour juguler la montée de l'obésité dans l'Union européenne (UE)
et demander à l'industrie alimentaire de démontrer qu'elle contribue à
une meilleure nutrition des Européens pour éviter d'éventuels
règlements contraignants.
«Les chiffres sont effrayants», a commenté le commissaire européen à la
santé, Markos Kyprianou, devant la presse. La moitié de la population
adulte (plus de 200 millions de personnes) et un quart des écoliers au
sein de l'UE (soit 21 millions de jeunes) souffrent en effet de
surcharge pondérale ou d'obésité.
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L’Union européenne craint la montée de l’obésité en Europe et s’apprête à adopter des mesures pour contrer le surpoids.(Matt Cardy/Getty Images) | |
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Ils sont 400 000 jeunes Européens de plus chaque année à souffrir de surpoids, selon les chiffres présentés par Bruxelles.
«Face à la montée de l'obésité, le régime alimentaire et l'activité physique sont désormais deux questions de santé absolument prioritaires pour l'Union européenne», a annoncé M. Kyprianou.
«Nous devons agir pour éviter que les enfants trop gros d'aujourd'hui soient les cardiaques de demain. Certes, les consommateurs ont le droit de manger ce que bon leur semble, mais ils doivent pouvoir opérer des choix sains et en pleine connaissance de cause», a-t-il poursuivi.
La Commission, qui doit faire des propositions d'ici la fin de l'année pour améliorer l'exactitude et la lisibilité de l'étiquetage des denrées alimentaires, «invite les industriels de secteur concerné à faire un usage réfléchi de la publicité et à réduire la teneur en sel, en graisses et en sucre de leurs produits».
«L'industrie doit se rendre compte que, même si nous lui donnons deux ans et demi, le temps file», a noté le commissaire devant la presse. Il souhaite en effet évaluer en 2010 les orientations stratégiques de Bruxelles et les initiatives volontaires de l'industrie, pour voir s'il y a lieu de préconiser des lois contraignantes au niveau «européen» ou «national».
«L'industrie est fortement incitée à coopérer davantage», a-t-il fait savoir, tout en soulignant qu'on «ne pouvait pas uniquement rendre responsables ceux qui fabriquent des produits alimentaires» ou qui font de la publicité.
«Tout le monde est responsable y compris les consommateurs» qui sélectionnent les produits, a poursuivi M. Kyprianou, en insistant sur le besoin d'une meilleure «éducation» diététique.
À cet égard, les Européens doivent «réintroduire le sport comme divertissement» auprès de leurs enfants, trop accaparés par la télévision et l'ordinateur.
Des études montrent qu'un Européen sur trois ne pratique aucune activité physique pendant ses loisirs et qu'un Européen est assis en moyenne plus de cinq heures par jour.
Dans ses propositions, Bruxelles appelle à plus d'échanges d'informations entre États membres et d'autres parties prenantes sur ce problème de société.
Il propose par exemple la création d'un groupe de haut niveau qui s'occuperait exclusivement des questions de santé liées à la nutrition, à la surcharge pondérale et à l'obésité et qui se composerait d'un représentant par État membre.
La Commission appelle à l'élaboration de codes de conduite publicitaires plus rigoureux, la reformulation des recettes d'aliments par l'industrie alimentaire et le secteur de la grande distribution, la conception par des organisations sportives de campagnes de publicité mettant en valeur l'activité physique, notamment chez les enfants.
Elle propose aussi, par exemple, le lancement de programmes destinés à promouvoir la consommation de fruits et de légumes.
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