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Le modèle alimentaire des paysans chinois est bénéfique pour la santé (Photos.com)
Le professeur Colin Campbell*, nutritionniste à l’université de Cornell suggère aux Américains de changer d’alimentation en prenant modèle sur les paysans chinois afin d’améliorer leur santé.
Âgé de 72 ans, le professeur Colin Campbell est issu d’une famille paysanne qui produit du bétail. Il a passé son enfance à manger principalement de la viande. Des années de recherches l’ont amené à conclure que la santé des Américains est gravement perturbée par leur mode d’alimentation. Ceci a fait de lui un grand défenseur du végétarisme.
La grande particularité du Pr Campbell est que ce n’est pas en tant que végétalien, religieux ou pour la protection des animaux qu’il parle, mais seulement en tant que scientifique. Colin Campbell travaillait à l’université Cornell comme nutritionniste et biologiste. Toute sa vie, il a concentré ses recherches sur la Chine. Depuis la publication de son livre The China Study paru aux éditions BenBella Books en 2004, il parcourt l’Amérique et l’Europe pour donner des conférences sur sa conception de la nutrition. Ses auditeurs viennent de différents horizons : scientifiques, étudiants en médecine, professeurs spécialisés en environnement, entrepreneurs de firmes pharmaceutiques ou de sociétés d’assurances.
Il défend le concept selon lequel avoir une bonne santé passe par une bonne alimentation et non par des médicaments. Récemment, il a répondu lors d’une conférence en Caroline du nord « Je dis qu’on doit utiliser les médicaments en dernier recours. »
Pourquoi? Campbell est né dans une ferme laitière et voulait être scientifique pour savoir comment nourrir les animaux afin qu’ils soient en bonne santé. Ses différentes recherches pour la santé des enfants, contre le cancer ou l’ostéoporose, l’ont conduit à travailler aux Philippines et en Chine. Ses études sur la nutrition l’ont conduit sur un autre chemin.
Il a réalisé une recherche dans 170 villages chinois sur des fermiers âgés de 34 à 60 ans. Son étude a commencé en 1983 et se poursuit encore actuellement. Des participants venant d’Amérique, de Chine et d’Angleterre étudient ce que ces paysans mangent et leur état de santé.
Pour Colin Campbell, « l’étude sur les fermiers chinois est d’une grande valeur. Bien que leur alimentation varie d’une région à l’autre et que les maladies rencontrées ne soient pas les mêmes, finalement leur mode alimentaire est somme tout semblable et ils ne quittent jamais leur village natal. » Colin Campbell a découvert que les gens vivant en milieu rural ont moins de graisse (6 à 24 %) que la moyenne américaine (30 à 40 %). Ils absorbent deux à trois fois plus de fibres que les Américains et ont deux à trois fois moins de cancer du colon. Les paysans chinois mangent moins de protéines animales, ils ont un taux de cholestérol très bas (90 à 175 mg/litre de sang contre une moyenne américaine au dessus de 200 mg) et très peu de maladies cardiaques.
Les paysans chinois consomment moins de produits laitiers. Ils absorbent deux fois moins de calcium que les Américains et souffrent moins d’ostéoporose. Pour Colin Campbell, cela signifie que, à l’inverse du dogme actuel, les légumineuses sont plus bénéfiques pour les os et les autres organes que le lait. Sa théorie est évidemment très controversée car elle représente une remise en cause de toutes les croyances actuelles et provoque la colère des industries alimentaires. Les critiques font en particulier remarquer que les paysans chinois n’ont pas le temps de souffrir d’ostéoporose car leur espérance de vie est plus courte que celle des Américains.
Colin Campbell, sa femme Karen et leurs cinq enfants ont changé d’alimentation depuis 1980. Ils mangent beaucoup de légumes. Au début, ils consommaient encore des œufs et de la viande mais pas de viande rouge. Progressivement, ils ont éliminé la volaille, le poisson et les produits laitiers. Que mangent-ils alors? Lors d’une interview téléphonique, à la question: «Que mangez-vous au petit déjeuner?» Colin a répondu : « Des flocons d’avoine cuit et des fraises.» En général Colin mange des flocons d’avoine cuits avec des fruits, parfois avec du lait de riz, du miel ou des amandes effilées et des légumes verts.
Il consomme des légumes, des légumineuses, des céréales et oléagineux. Toute sa famille a vu que leurs goûts changeaient et qu’ils appréciaient cette nourriture. Colin Campbell espère que les gens pourront changer leurs idées et manger végétalien. Selon lui, «la nutrition est très complexe, on ne peut pas manger tout ce que l’on voit dans les publicités si l’on veut améliorer sa santé.» Selon ses théories nutritionnelles, on a besoin de plusieurs combinaisons de nombreux éléments différents. Il faut savoir mélanger avec beaucoup de précision les aliments pour qu’ils puissent avoir de l’effet. A la question «quelle est la plus importante, la vitamine E ou la vitamine B?», il répond : «Les mélanges d’aliments sont d’une grande complexité il faut beaucoup d’interactions entre les différents aliments pour que ces vitamines soient absorbées, on ne peut pas les isoler les unes des autres.»
* Colin Campbell est professeur émérite du département de biochimie nutritionnelle à l’université Cornell (USA). Il est l’auteur de plus de 300 publications.
Traduction par Marie Tchen
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