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CHICAGO – Les thérapies qui permettent de cibler les mécanismes clés du
cancer sont devenues l'arme de choix pour lutter contre la maladie et
leurs champs d'application ne cessent de s'accroître, a révélé un
important colloque consacré au cancer qui s'est achevé le 5 juin
dernier à Chicago.
«Les thérapies moléculaires ciblées mises au point ces dernières années
ont vu leur champ d'application s'élargir considérablement», a relevé
Dr Robert Ozols, du Fox Chase Cancer Center à Philadelphie et
responsable de la communication de l'American Society of Clinical
Oncology (ASCO) qui a réuni plus de 25 000 spécialistes.
«Il s'agit d'avancées graduelles mais importantes», a souligné de son côté Dr Len Lichtenfeld, de l'American Cancer Society.
Telles des bombes intelligentes, ces médicaments visent des fonctions
clés de la tumeur, comme les mécanismes qui permettent à ses cellules
de se multiplier.
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Une immense toile montrant un ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein, était exposée devant la Maison-Blanche en avril dernier. Un important colloque américain sur l’étude du cancer a révélé l’importance des médicaments qui ciblent directement les fonctions clés de la tumeur pour combattre le cancer.(Karen Bleier/AFP/Getty Images) | |
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Grâce à la biotechnologie, les chercheurs ont découvert des dizaines de
canaux par lesquels les cellules cancéreuses communiquent et ont pu
programmer des traitements qui bloquent ces communications.
Ces médicaments révolutionnaires, mis au point ces dernières années, bloquent le mécanisme permettant à la tumeur de développer des vaisseaux sanguins (angiogenèse), et l'empêchent ainsi de se nourrir.
L'Avastin, commercialisé en Europe par le laboratoire suisse Roche et le laboratoire américain Genentech aux États-Unis, a été le premier anti-angiogenèse.
Ce traitement, qui s'est déjà avéré efficace pour prolonger la vie de malades souffrant d'un cancer avancé du colon et du poumon, a permis de prolonger deux fois plus longtemps celle de patients atteint de graves tumeurs rénales, selon une étude publiée au début juin à Chicago.
Jusqu'alors les patients souffrant d'un cancer avancé du rein avaient peu d'options. Outre l'Avastin, deux autres thérapies ciblées, le Nexavar du groupe allemand Bayer et le Sutent du laboratoire américain Pfizer, apportent de nouvelles solutions de traitement à ces malades, après avoir été utilisées pour le cancer de l'estomac et du colon.
Un autre nouveau médicament de ce type, Aflibercept, a freiné la progression d'un cancer avancé de l'ovaire ne répondant plus à la chimiothérapie, selon un essai clinique en cours du groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis, présenté le 3 juin dernier.
Le Sutent est une arme anticancéreuse à têtes multiples. Il neutralise simultanément des récepteurs génétiques responsables de la croissance des tumeurs mais aussi des métastases.
Dans cette même catégorie, le Nexavar, s'est révélé le plus impressionnant, à Chicago, avec la présentation d'un essai clinique montrant que ce traitement a prolongé d'environ 44 % la vie de malades atteints d'un cancer avancé du foie.
«C'est la première fois que nous avons un traitement systémique efficace pour le cancer du foie», troisième cancer le plus meurtrier dans le monde, a souligné Dr Joseph Llovet, auteur de l'étude.
Le Nexavar induit sélectivement la mort des cellules cancéreuses en les programmant pour qu'elles s'autodétruisent et empêche le développement des vaisseaux sanguins de la tumeur.
Le mariage de la génomique et de la biotechnologie va permettre de plus en plus de personnaliser les soins en fonction du génotype du patient et des caractéristiques génétiques du cancer dont il souffre, a expliqué Dr Julie Gralow, une des responsables de l'ASCO.
«Nous vivons une révolution dans la compréhension du cancer humain», a-t-elle estimé.
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