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Les Antilles traversent une crise extrêmement grave liée à l'utilisation massive de pesticides depuis de nombreuses années, constate dans son rapport sur la Martinique, qui sera remis le 18 septembre 2007 à l'Assemblée nationale, le cancérologue Dominique Belpomme. (Pascal Pavani/AFP) L'utilisation massive de certains pesticides a provoqué un «désastre sanitaire» aux Antilles françaises, selon un rapport, une situation jugée «très grave» par le ministre de l'Agriculture Michel Barnier.
Selon le rapport du cancérologue Dominique Belpomme, qui doit être rendu public mardi et dont l'AFP a obtenu une copie, les Antilles traversent «une crise extrêmement grave liée à l'utilisation massive de pesticides depuis de nombreuses années».
Pour le professeur, le taux des cancers de la prostate est «majeur» aux Antilles même si les scientifiques n'ont pas encore la preuve épidémiologique qu'ils sont liés au chlordécone.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a tenté de relativiser la portée du rapport. Elle estime «qu'il pose des questions et n'apporte pas de réponse formelle». «Ces inquiétudes ont besoin d'être confirmées par des études scientifiques de haute qualité», a-t-elle ajouté.
Michel Barnier a expliqué que la situation était imputable à une gestion passée qui a des conséquences sanitaires aujourd'hui, notamment sur la qualité des terres, notamment des bananeraies.
«Nous traiterons la question du chlordécone avec la plus grande transparence», a assuré l'ancien ministre de l'Environnement, pour qui l'occasion se présente de replanter avec peu ou pas de pesticide et d'aller vers la banane zéro pesticide.
Le PS a réitéré sa demande d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la transparence totale sur l'utilisation des pesticides dans l'agriculture antillaise et ses conséquences. L'ancien Vert Jean-Luc Benhamias (MoDem) a dénoncé un scandale effrayant.
Le chlordécone, un insecticide qui fait partie des pesticides organochlorés, a été interdit en France en 1990 avec une mise en application en 1992. Les producteurs antillais ont obtenu un délai jusqu’en
1993, a déclaré à l'AFP Christian Choupin, directeur général des producteurs de bananes de Martinique et de Guadeloupe.
Depuis, le chlordécone, dont l'action dans le sol peut perdurer une centaine d'années reconnaît M. Choupin, a été remplacé par des pièges à phéromones qui attirent les charançons femelles.
Les stocks de chlordécone, que certains agriculteurs avaient conservé dans leurs remises, ont tous été détruits en 2002, assure M. Choupin. Une autre produit, l'herbicide Paraquat, utilisé pour les planteurs et dénoncé dans le rapport, est interdit depuis cet été, rappelle-t-il.
Les producteurs antillais, qui réclament une véritable étude scientifique de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFFSA), se sont insurgés contre ce rapport qui n'a pas selon eux de contenu scientifique.
«Je m'étonne du tapage sur ce dossier qui a été réglé au mieux de l'intérêt général», a indiqué de son côté Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP).
La production antillaise de bananes est en moyenne de 260.000 tonnes par an (210.000 en Martinique et 50.000 en Guadeloupe). Le chiffre d'affaires de la filière, qui emploie 15.000 personnes, s'élève à 220 millions d'euros auquel s'ajoutent des aides européennes d'environ 130 millions.
Le passage de l'ouragan Dean, le 17 août, a détruit la totalité de la production en cours de bananes en Martinique et de 50 à 60% en Guadeloupe.
Le Pr Belpomme a été l'initiative de «l'appel de Paris», en mai 2004, qui estime que le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l'environnement.
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