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Qu’en est-il de la thérapie par les statines ? |
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Écrit par Dr. John Briffa La Grande Époque Londres
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04-03-2007 |
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Au cours des deux dernières décennies, il semble que l’on ait subi une pression toujours croissante afin de quantifier notre taux de cholestérol, et d'agir si jamais ce taux est élevé. On dit souvent qu'un taux de cholestérol élevé dans le sang est un facteur de risque potentiel de maladies cardiovasculaires, lesquelles peuvent conduire à des attaques et des arrêts du cœur parfois fatals.
D'une perspective médicale conventionnelle, le traitement principal pour réduire le cholestérol est connu sous le nom de statine et inclut l'atorvastatie, le rosuvastatine et le simvastatine. De grosses sommes d’argent ont été investies dans ces médicaments, mais leur réputation de «sauveurs de vies» est-elle méritée?
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Une publication démontre que les médicaments visant à faire baisser le cholestérol ne sont pas efficaces pour prévenir les attaques cardiaques chez les personnes en bonne santé. (Jack Guez/AFP) | |
Soyons clair sur les deux façons fondamentales dont les statines peuvent être employées pour la prévention des maladies cardiovasculaires : premièrement, on peut prescrire des statines aux gens qui n'ont aucun signe de maladie cardiovasculaire, par prévention. Deuxièmement, en tant que «prévention secondaire» pour des individus touchés par une maladie cardiaque ou qui ont déjà eu un arrêt du cœur ou subi une attaque.
Quel est l'intérêt de faire cette distinction? Les individus ayant des antécédents de maladie cardiovasculaire – en comparaison avec les personnes en bonne santé – ont un risque d'arrêt du cœur ou d'attaques cardiaques plus élevé. En conséquence, ils sont plus à même de bénéficier de la thérapie par les statines. Des études ont découvert que les statines réduisent le risque de décès chez ce type de patient.
Les scientifiques ont généralement supposé que ces bienfaits s'appliquent également pour les patients en bonne santé, mais est-ce exact?
Dans le numéro de la revue Lancet du 20 janvier 2007, un éditorial était consacré à cette question[1]. Ses auteurs présentent une série d'expériences[2] qui démontre que la thérapie par les statines n'était pas efficace dans la réduction de tous les risques de décès. L'étude a révélé que le risque d'attaques cardiaques et d'arrêt du cœur était réduit de 1,5 avec la thérapie par les statines. De plus, 67 individus devraient être traités pendant cinq ans pour prévenir seulement un événement. L’une des découvertes les plus saisissantes était qu'aucun bienfait apparent n'était observé chez les femmes (tous âges confondus) ni chez les hommes de moins de 70 ans.
Ces résultats sont en plus sous-estimés du fait que 8,5 % des individus de cette étude étaient en fait dans la catégorie de prévention secondaire (c'est-à-dire «à risque» : déjà victimes de problèmes cardiovasculaires). Pour obtenir une image plus juste de l'inefficacité de la thérapie par les statines lorsqu'il s'agit de prévention sur des personnes en bonne santé (prévention dite «primaire»), il faudrait analyser séparément les informations concernant les deux populations.
Les auteurs de la publication Lancet n'ont pas eu accès à ces informations, mais ils ont attiré notre attention sur un groupe de scientifiques connus en tant que «collaboration des sélectionneurs de traitement du cholestérol» qui, dans le passé, ont évalué des informations à partir d'études qui incluent à la fois la prévention primaire et la secondaire[3], et qui possèdent les informations nécessaires pour calculer l'effet de la thérapie par les statines chez une population qui ne soit pas à risque (prévention primaire). On se demande pourquoi ils n'ont pas entrepris ces travaux d'importance cruciale.
Certains événements passés nous suggèrent que ceci a peut-être quelque chose à voir avec la politique et l'argent. En 2004, il y a eu une baisse significative de ce qui est considéré comme «le niveau acceptable de cholestérol». Ce niveau s'établit suite à la recommandation d'un panel d'experts du célèbre National Cholesterol Education Programm (NCEP) aux États-Unis. Après que ces recommandations ont été réalisées et adoptées, il s'est avéré que huit des neuf membres du panel avaient des liens financiers avec des entreprises pharmaceutiques fabriquant les médicaments aux statines. L'éditeur du rapport a dépeint l'amnésie de ces conflits d'intérêts évidents comme un «oubli». Et comment donc!
Je suppose que cela n'aurait pas grande importance si ces recommandations étaient basées sur la bonne science. Le fondement scientifique des recommandations faites par le panel d'experts du NCEP a été publié dans les Annals of Internal Medicine en 2006. Les auteurs de cette publication ont déclaré : «Dans cette publication, nous ne trouvons aucune preuve de haute qualité médicale pour soutenir les objectifs des traitements actuels pour le cholestérol.» Ils ont été jusqu'à dire que les méthodes recommandées par le panel d'experts du NCEP n'étaient scientifiquement pas prouvées comme étant bénéfiques ou salutaires[4].
Est-ce que cela vient de moi ou bien y a-t-il quelque chose de louche là-dessous? N’est-il pas étrange qu'en réponse à l'éditorial de Lancet, lequel se réduit à une appréciation assez accablante de la thérapie par les statines, les médias aient réagi par un silence assourdissant? Il serait préférable que les chercheurs qui ne sont pas à la botte de l'industrie pharmaceutique se préparent à poser des questions pertinentes sur la prétendue valeur des médicaments.
Références:
1. Abramson J, Wright JM. Are lipid-lowering guidelines evidence-based? Lancet 2007; 369:168-169
2. Jauca C, Wright JM. Therapeutics letter: update on statin therapy. Int Soc Drug Bull Newsletter. 2003;17:7-9
3. Cholesterol Treatment Trialists' (CTT) Collaborators. Efficacy and safety of cholesterol-lowering treatment. Lancet 2005; 366: 1267-1278
4. Hayward RA. Narrative review: lack of evidence for recommended low-density lipoprotein treatment target. Ann Int Med 2006;145:520-530
Dr John Briffe est établi à Londres. Il est auteur d’articles et de livres sur la nutrition et la médecine naturelle. Son site Internet est [www.drbriffa.com]
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