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«Nous devons nous attendre à l'arrivée aux États-Unis d'un oiseau infecté avec ce pathogène et le gouvernement fédéral prend les mesures pour s'y préparer le mieux possible», a assuré le Dr Julie Gerberding, la directrice des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) lors d'une audition au Congrès à Washington.
Les États-Unis s'attendent à l'arrivée d'oiseaux migrateurs infectés avec le virus H5N1 de la grippe aviaire. Ils prennent toutes les mesures pour s'y préparer au mieux tout en intensifiant leurs efforts internationaux pour contenir l'épizootie dans le monde et minimiser les risques de pandémie humaine.photo : Samuel Aranda / Getty images
Outre le fait que «l'épizootie se répand de façon accélérée dans un nombre grandissant de pays [...] le virus (H5N1) a évolué et la souche (initiale) originaire du Viêt-nam est génétiquement différente de celle infectant les volailles en Europe», a-t-elle ajouté.
«Nous sommes confrontés à un virus de la grippe qui n'est pas saisonnier et est hautement pathogène et contre lequel aucun humain n'a d'immunité naturelle», a encore dit Mme Gerberding, qualifiant «la situation présente de pas très bonne».
Pour tenter de contenir l'épizootie et une possible pandémie humaine, la stratégie du gouvernement américain consiste «en une étroite collaboration avec la communauté internationale», a-t-elle insisté.
«Cette stratégie qui repose sur le principe selon lequel une menace apparaissant n'importe où sur la planète est une menace pour les États-Unis rend essentiels de bons réseaux de surveillance pour permettre une détection précoce et une intervention rapide», a poursuivi la directrice des CDC.
Les CDC disposent de bureaux techniques dans 45 pays et construisent dix-huit plateformes régionales autour du globe. Elle a reconnu qu'il y avait «de nombreux trous dans le système de surveillance» et plusieurs pays en Asie et en Afrique sont sans laboratoires.
Une grande partie des 334 millions de dollars que les États-Unis ont promis à la conférence sur la grippe aviaire à Beijing en janvier doivent combler cette lacune et aider les pays en développement à se préparer et à répondre à l'épizootie et à des infections humaines, a précisé Kent Hill, un responsable sanitaire de l'agence américaine de développement (USAID) devant la même sous-commission de la Chambre des représentants.
Il a expliqué que l'USAID utilisait en Afrique les réseaux des ONG pour éduquer les populations et avait déjà distribué 1,5 million de kits dans les pays en développement contenant, entre autres, des masques, des gants et des désinfectants.
Mme Gerberding a également affirmé qu'«aux premiers signes de transmission soutenue de personne à personne du virus (H5N1) dans le monde, le gouvernement américain mettrait tous les moyens en oeuvre pour tenter de contenir la première épidémie».
Près de 200 cas d'infection humaine avec le virus H5N1 ont été recensés, dont la moitié sont mortels au contact de volailles malades. À ce jour, il n'y a pas eu de transmission entre personnes, mais les autorités sanitaires estiment que le virus finira pas muter et acquérir cette capacité.
«Si nous ne parvenons pas à contenir la propagation d'une épidémie, notre dernière ligne de défense sera nos stations de mise en quarantaine en cours de construction pour tenter de retarder le plus possible l'entrée du virus sur notre territoire», a ajouté Mme Gerberding.
«Cela devrait nous permettre de gagner du temps pour accroître davantage nos capacités de réponse et pour préparer un vaccin» et augmenter les stocks d'antiviraux comme le Tamiflu, a-t-elle dit.
Mardi, des oiseaux morts ont été découverts aux Bahamas. Une enquête est en cours pour déterminer s'ils étaient porteurs du virus H5N1. Si tel était le cas, ce seraient les premiers cas détectés sur le continent américain.
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