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À l'issue d'une réunion de la Commission conjointe de respect du cessez-le-feu au Darfour, la responsable adjointe de la mission de paix de l'UA au Darfour (AMIS), Monique Mukaruliza, a déclaré à des journalistes que «les participants ont recommandé le début immédiat du désarmement des Djandjawid».
«D'après le rapport qui nous a été présenté par le commandant de l'AMIS [le général nigérian Luke Aprezi], le gouvernement du Soudan continue d'armer les Djandjawid. Le désarmement dépend de la volonté politique du gouvernement du Soudan», a-t-elle dit.
«Le gouvernement du Soudan a les moyens de les désarmer, il les a armés, maintenant c'est à lui de les désarmer», a-t-elle martelé, soulignant que le processus de désarmement de ces milices accusées des pires exactions contre les populations négro-africaines du Darfour aurait déjà dû commencer.
La délégation de Khartoum a brusquement quitté la réunion peu après son début, le 15 décembre, à Addis Abeba. Elle avait demandé un report d'une semaine et un changement d'ordre du jour, mais l'UA a décidé de la maintenir malgré tout.
Dans un rapport confidentiel présenté à la Commission et dont l'AFP a obtenu copie, le général Aprezi a souligné que les milices djandjawid sont revenues en force au Darfour et ont multiplié dernièrement les attaques.
Dans ce rapport de six pages, le patron de l'AMIS souligne que «la réémergence des Djandjawid a accentué la dégradation de la situation sécuritaire» au Darfour.
Selon des participants de la réunion interrogés par l'AFP, la milice arabe des Djandjawid a déployé d'importants moyens militaires autour d'El Fasher, le quartier général de l'AMIS, certains évoquant ainsi un arrivage récent de 700 véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses lourdes.
Dans son rapport, le général relate également un accrochage, le 12 novembre dernier, entre des forces de l'AMIS et des Djandjawid : «Une patrouille d'enquête de l'AMIS a été arrêtée et encerclée par des Djandjawid. La patrouille a pu négocier son passage avec le commandant du groupe qui a été ensuite identifié comme étant un colonel de l'armée gouvernementale soudanaise», écrit le général.
«La situation sécuritaire au Darfour est actuellement instable et imprévisible», souligne le rapport insistant sur la dégradation de la situation humanitaire dans ce contexte de tensions grandissantes.
«Actuellement, on estime que le gouvernement [soudanais] a pour objectif de résoudre le problème militairement, et cela a rendu la situation instable», ajoute le texte «endossé» par la commission de cessez-le-feu de l'UA.
Mme Mukaruliza a précisé que Khartoum «a déjà soumis un plan de désarmement à l'AMIS et le commandant de la force a déjà en retour soumis ses remarques, toutes les procédures préliminaires ont été lancées».
Par ailleurs, la commission conjointe a «condamné tous ceux qui violent le cessez-le-feu, le gouvernement, les signataires de l'accord de paix et les non-signataires», a ajouté Mme Mukaruliza.
Une force de paix de l'UA est actuellement déployée au Darfour, mais elle est sous-financée et sous-équipée. Elle doit passer le relais aux Casques bleus, conformément à la résolution 1706, ce que refuse Khartoum.
Le Darfour est en guerre civile depuis près de quatre ans, un conflit qui a fait, avec ses conséquences, 200 000 victimes et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan. L’administration américaine parle pour sa part de génocide contre les populations négro-africaines.
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