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« C’est vrai qu’à entendre certaines déclarations, je n’étais pas très sûr que nous étions à Bruxelles et en 2006 », a répondu le président en exercice de l’OSCE, le Belge Karel De Gucht, interrogé sur ses impressions après deux jours de réunion des ministres des Affaires étrangères des 56 pays membres.
Les différends avec la Russie n’ont en effet pas manqué et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov n’a pas mâché ses mots.
Le numéro trois du Département d’Etat américain, Nicholas Burns, qui venait pourtant d’appeler la Russie à ne plus « traîner des pieds » sur les sanctions à infliger à l’Iran en raison de son programme nucléaire, s’est voulu modéré devant la presse : « Nous devons faire la part des influences négatives et positives » de la Russie dans les dossiers internationaux, a-t-il estimé.
M. Lavrov avait mis en cause l’impartialité politique du Bureau d’information sur les droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, chargé de la supervision des élections.
Moscou a exigé une mise au pas de cet organisme basé à Varsovie, qu’il accuse d’agir sans réel mandat des États de l’OSCE. Mais cette offensive s’est heurtée à la résistance d’une majorité des participants, États-Unis en tête, qui ont défendu au contraire cet organisme.
La France, au nom des pays européens, des États-Unis et du Canada, a lu une déclaration réaffirmant leur refus de ratifier le traité FCE sur la réduction des forces conventionnelles en Europe tant que Moscou n’aurait pas retiré toutes ses troupes de ces deux anciennes républiques soviétiques comme elle s’y était engagée en 1999 au sommet d’Istanbul.
La délégation russe a répliqué en déclarant que « la Russie avait mis en œuvre tous les engagements d’Istanbul » et que « le sort futur du traité FCE dépendait entièrement de l’attitude » des autres pays, demandant à son tour que cette déclaration soit intégrée en annexe des conclusions de la réunion de l’OSCE.
Quant au Kosovo, M. Lavrov, après un entretien avec son homologue serbe Vuk Draskovic, n’a pas écarté la possibilité d’un veto russe sur l’indépendance de cette province serbe à majorité albanaise, en cas de désaccord entre Belgrade et Pristina.
« Il ne peut y avoir qu’une solution négociée. Le conseil de sécurité (de l’ONU) ne peut imposer une solution à l’une des parties », a-t-il déclaré à la presse qui l’interrogeait sur le veto de Moscou évoqué pour la première fois par l’ambassadeur russe à Belgrade.
Dernier sujet de fâcherie, une décision sur la candidature du Kazakhstan à la présidence de l’OSCE en 2009, soutenue par Moscou et les pays de la Communauté des États indépendants (CEI) issue de l’ex-URSS, a été reportée à l’an prochain, en raison des réticences de plusieurs pays occidentaux à l’égard des performances kazakhes en matière de démocratie.
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