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L'adjoint chargé des arrières de l'équipe d'Angleterre de rugby, Brian
Ashton, a été promu mercredi au poste d'entraîneur, avec comme lourde
tâche de mener une formation mal en point au Tournoi des six nations
puis à la défense de son titre mondial en France.
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Brain Ashton, le nouvel entraineur du XV de la Rose. Photo de Odd Andersen (AFP/Getty) |
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Cette nomination, décidée « à l'unanimité » du conseil d'administration de la fédération (RFU), ne faisait guère de doute. Un à un, tous les candidats à la succession d'Andy Robinson. Nick Mallett, Warren Gatland, Dean Ryan, Richard Hill et Dean Richards ont fait savoir qu'ils n'étaient pas intéressés.
Sans doute effrayés de mettre en péril leur carrière avec une équipe en ruines qui, de l'avis général, a très peu de chance de défendre honorablement son titre lors de la Coupe du monde en France à l'automne.
Dans un contexte d'affrontement entre le XV de la Rose et les clubs sur la gestion des joueurs, Ashton a une force: personne ne viendra lui reprocher un échec annoncé.
A 60 ans, sa réputation faite, il présente l'avantage d'avoir sa carrière derrière lui, ce qui aux yeux de son ancien ouvreur de Bath, Stuart Barnes, est son atout majeur: « Seul un homme ne craignant absolument pas la défaite peu tenter de ramener l'intelligence qui a complètement déserté le rugby anglais ».
« Villepreux anglais »
Avec Ashton, souvent présenté dans son pays comme le « Villepreux anglais », le XV de la Rose dispose d'un fin tacticien, d'un adepte du mouvement et de l'ambition dans le jeu, du « meilleur entraîneur du monde » à en croire Lawrence Dallaglio.
Ses détracteurs le voient comme un brillant intellectuel peu en phase avec les réalités du terrain. Ils rappellent volontiers son séjour désastreux comme entraîneur de l'Irlande en 1997-98, qui avait tourné court après huit défaites en neuf matches.
Cet échec lui avait valu la réputation de n'avoir aucun sens politique et de ne pas savoir résister aux pressions extérieures, deux défauts qu'il lui faudra corriger dans le contexte explosif du rugby anglais.
Autre écueil, Ashton ne dispose pas actuellement de joueurs capables de pratiquer le jeu ambitieux qu'il prône. Sa patte avait été perceptible lors de la victoire dans le Tournoi 2001 quand il était dans l'équipe de Clive Woodward. Depuis son retour dans le XV de la Rose au printemps, elle a été nettement moins évidente, avec cinq défaites en six matches.
« Besoin d'un manageur »
Pour réussir, Ashton aura besoin d'un coup de pouce, comme le retour au plus haut niveau du héros de 2003, Jonny Wilkinson, en qui plus grand monde ne croit, ou d'une sortie de retraite de l'expérimenté Jason Robinson.
« Le point fort de Brian, c'est l'entraînement des lignes arrières. C'était la même chose avec Andy Robinson, un entraîneur de classe mondiale pour les avants. Tous les deux sont de bons entraîneurs. Mais il faut beaucoup plus que ça pour diriger une sélection », juge l'ancien 2e ligne irlandais Donal Lenihan qui a travaillé avec Ashton quand il était entraîneur de l'Irlande.
Ancien responsable de la formation (2002-2005), Ashton sera enclin à donner sa chance à des jeunes loups comme Matthew Tait, Anthony Allen ou Ryan Lamb.
Il n'a sans doute pas beaucoup de temps. Même si la RFU s'en défend, le bail d'Ashton pourrait s'achever après le Mondial, et le lancement d'un projet de reconstruction dans la perspective de la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande.
Ce qu'exprime le commentaire à double tranchant de l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre Will Carling: « Il est un grand entraîneur mais nous avons besoin d'un manageur ».
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