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Brown promet une manière de gouverner différente de celle de Blair Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
08-01-2007

 

 

Gordon Brown a donné dimanche un aperçu de la ligne de conduite qu'il entend adopter s'il succède cette année, comme attendu, à Tony Blair au poste de Premier ministre britannique, en promettant un nouveau style dans la façon de gouverner.

Gordon Brown, le ministre des Finances anglais.
Gordon Brown, le ministre des Finances anglais. Photo de John Stillwell (AFP/Getty)
 

 

Gordon Brown, le chancelier de l'Echiquier, est longtemps resté dans l'ombre de Tony Blair, avec lequel il a forgé l'idéologie du « New Labour » qui a mené le parti au pouvoir en 1997 en le recentrant sur la scène politique britannique. Mais le ministre des Finances est maintenant le grand favori pour succéder à M. Blair, qui s'est engagé publiquement à quitter son poste d'ici septembre.
Volontiers secret, M. Brown a donné dimanche à la BBC une interview qui éclaircit ses intentions.

Sans se mettre déjà dans la peau d'un Premier ministre, il a tout de même noté: « Je pense que tous les défis que j'aurai à relever à l'avenir, je suis capable de les relever ».
Lors de ses voeux de fin d'année, M. Blair, 53 ans, avait pressé le Labour de rester fidèle à ses valeurs centristes. Réputé plus à gauche, M. Brown, 55 ans, a suggéré dimanche quelques inflexions, même si elles pourraient tenir plus de la forme que du fond.


« Il y a un travail à faire pour l'avenir de la Grande-Bretagne et les dix prochaines années verront des défis très différents », a-t-il déclaré. « Cela nécessite un nouveau genre de politique dans ce pays et un nouveau style dans la manière de gouverner ».
M. Brown a assuré vouloir se détacher de l'approche de M. Blair, qui prend ses décisions en s'appuyant sur un cercle restreint. « Vous devez écouter et vous devez être préparé à parler, consulter et débattre », a-t-il jugé.


Esquissant un programme, il a dit vouloir changer les rapports entre le gouvernement, le parlement et les électeurs, avec un « nouveau partenariat ». Evoquant les défis de la sécurité, de l'environnement et de la montée en puissance de l'Asie, il a insisté sur la primauté à donner à « l'excellence dans l'éducation » et la formation.
Le chancelier de l'Echiquier a surtout cherché à se distinguer de M. Blair, auquel il voue une animosité personnelle. Il a ainsi embarrassé un peu plus le chef du gouvernement en prenant position en des termes particulièrement nets sur les conditions de l'exécution de Saddam Hussein qu'il a qualifiées de « déplorables » et de « totalement inacceptables ».


Une position tranchant crûment avec le silence de M. Blair, qui s'est refusé à commenter la pendaison de l'ancien dictateur irakien, malgré la désapprobation de la presse et de membres du parti travailliste pour cette attitude en retrait.
M. Blair a seulement indiqué qu'il s'exprimerait cette semaine sur le sujet. Sur ce dossier irakien qui a rendu le Premier ministre si impopulaire et contribué à faire chuter le Labour dans les sondages, M. Brown a ainsi cherché à se démarquer.


Alors que M. Blair, qui a engagé la Grande-Bretagne dans la guerre, s'est obstinément refusé au moindre acte de contrition, M. Brown a admis que des leçons devaient être tirées de la manière dont a été gérée la situation en Irak depuis 2003. Il a estimé que le pouvoir aurait dû être rendu plus tôt aux Irakiens et que l'action militaire n'était pas suffisante sans « bataille pour les coeurs et les esprits ».
Tout en affirmant ne pas se dédouaner de sa responsabilité en tant que membre du gouvernement, il a souligné que la Grande-Bretagne, principal allié des Etats-Unis en Irak, n'enverrait pas de nouvelles troupes dans le pays, une éventualité qu'étudierait de son côté George W. Bush.
« Je crois qu'il est juste de dire que d'ici la fin de l'année, il pourrait y avoir des milliers (de soldats britanniques) en moins en Irak », a-t-il déclaré. La Grande-Bretagne maintient actuellement 7.100 soldats, essentiellement dans le sud, dans la région de Bassorah.
 

 




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