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11-10-2006 |
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Voyager, c'est s'arracher et s'attacher, comme le disait Nicolas Bouvier. S'arracher de son quotidien pour s'attacher à la terre du monde qui nous entoure. Le voyage est aussi une leçon d'humilité, dans ce sens où il est empli de rencontres inoubliables, car tout est partagé. Tout, l'effort, la joie, la tristesse et ce qui est essentiel à la vie, l'eau. L'hospitalité n'a jamais été aussi présente que dans le dénuement. Elle élève l'homme au rang de l'humain, comme si la pauvreté faisait l'âme belle aux plus charitables. Et ce n'est pas cet enfant de paille qui démentira mes propos, menant mes pas dans les siens vers le point d'eau qui suffisait à mon bonheur. L'éphémère rencontre, celle de deux étrangers pour qui le temps n'a plus de secret, réduit à la sincérité d'un regard aux abords prudents. Je remplis ma gourde au puits, me retourne vers l'enfant et compends, à la lueur de ses yeux vifs, la fierté du petit homme. La terre du Mali, comme beaucoup d'autres, est dépositaire de tous les espoirs. Ceux d'une terre insoumise à l'individualisme où germe un fruit tendre et généreux, le don de soi.
Photo et texte de Stéphane Cabaret
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