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Écrit par Catherine Keller, La Grande Époque - Genève
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23-06-2006 |
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Une association qui vient en aide aux personnes en marge de notre société.
À
l’étranger, quand un Suisse donne sa nationalité, ses interlocuteurs
pensent immédiatement aux banques, aux montres, au chocolat, à un pays
riche. Pourtant, 10 % de la population vit dans la pauvreté. Dans un
des pays les plus riches au monde, vivre dans la précarité, c’est vivre
dans la honte, c’est un tabou. Bien des personnes qui dépendent de
l’aide sociale ne veulent pas que leurs voisins ou leurs amis le
sachent. Ils se cachent, partant le matin, comme s’ils allaient
travailler.
L’association MARGES existe depuis 1999. L’un de
ses buts est de définir et de concrétiser un revenu minimal garanti.
Ceci, quelles que soient les causes ou les conditions qui ont amené ou
peuvent conduire une personne à recevoir cette aide. L’association ne
les juge pas et les accepte comme ils sont. C’est le premier pas pour
s’en sortir.
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De gauche à droite, M. Pierre Jordan, président et M. Jean-Marc Kohler, responsable administratif (La Grande Époque) | |
On y rencontre des familles monoparentales ou
recomposées, des jeunes sans travail qui ne veulent ou ne peuvent plus
vivre avec leur famille, des gens amenés à la pauvreté par la drogue ou
l’alcool, des personnes n’ayant plus droit à aucune aide sociale. Une
autre catégorie, les plus démunis, ce sont les « sans papier ». Ils ne
sont pas recensés et ne bénéficient d’aucune aide. Parmi eux, certains
Suisses qui reviennent au pays. Ils ne trouvent pas de logement et ne
peuvent donc pas obtenir un permis d’établissement *. Mais la majorité
de ces sans-papiers sont des étrangers, souvent illettrés, qui ne
bénéficient d’aucun encadrement d’insertion.
Si certains sont
des tricheurs, la majorité a réellement besoin d’aide. L’association a
une roulotte de chantier qui a été gracieusement restaurée par les
services de la menuiserie de la ville de Genève. Elle se trouve
actuellement au parc des Cropettes, derrière la gare. Elle est équipée
en matériel informatique. Des cours sont donnés pour apprendre à
utiliser ce matériel dans la recherche d’emploi et pour communiquer
avec les entreprises. Les personnes qui viennent sont écoutées selon la
méthode « Rogers ». Un écrivain public les aide pour la rédaction de
lettres et du curriculum vitae et intervient auprès des institutions
pour résoudre des conflits. Il les dirige vers les réseaux sociaux
existants. Il les aide également à régler leurs dettes en trouvant des
arrangements avec la direction des impôts et l’office des poursuites.
Des solutions sont cherchées pour permettre un retour à une situation
stable.
L’association soutient toutes mouvances et initiatives
qui aident à la réinsertion, entre autres, les formations rémunérées
pour les personnes en fin de droits. L’association n’est pas
subventionnée. Elle collabore avec l’association suisse pour le
développement et la coopération (DDC) et avec l’organisation
internationale BIEN (Basic Income European Network) qui s’occupe, au
niveau européen, de trouver un moyen de garantir un revenu minimum à
chacun. Elle a participé à la plate-forme de coordination contre
l’exclusion au Salon du Livre 2002 et a représenté le quart-monde
Suisse au sommet mondial de l’information en 2003. Elle organise avec
l’école de photo de Vevey et l’école des Beaux-arts de Genève une
exposition début septembre sur le thème « La précarité des jeunes et
l’emploi ».
Pour plus d’infos : Association MARGES Tél. : 0041 22 734 27 32 *En
Suisse, chaque canton a ses citoyens. Pour vivre dans un autre canton
que celui de son origine, il faut un permis d’établissement. Pour
l’obtenir, il faut avoir une résidence dans le canton. Or à Genève, il
est très difficile de trouver un logement, encore plus un logement à un
prix abordable. Les HLM sont saturés et de plus, le citoyen doit avoir
vécu au moins deux dans le canton avant de pouvoir en bénéficier. Avoir
vécu signifie avoir un permis d’établissement.
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