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Ankara critiqué en Arménie après le meurtre du journaliste Hrant Dink Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-01-2007

 
EREVAN – Le meurtrier du journaliste Hrant Dink a été appréhendé le 21 janvier et a confessé son crime. Il s’agirait d’Ogun Samast, un adolescent. Malgré cela, les critiques sont demeurées sévères en Arménie contre les autorités turques, accusées de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger le journaliste d'origine arménienne, Hrant Dink, assassiné à Istanbul le 19 janvier 2007. «Les autorités turques auraient dû garantir la sécurité de Dink. Il avait reçu de nombreuses lettres de menaces et il en avait parlé à la police», a écrit le 20 janvier le journal Aikakan Dzhamanak. 

 

Des gens sont rassemblés à Istanbul, Turquie.
Des gens sont rassemblés, le 20 janvier 2007, pour condamner l’assassinat du journaliste Hrant Dink, à Istanbul, Turquie. (Mustafa Ozer/AFP/Getty Images)
 

Pour son confrère l'Aravot, «on peut émettre de sérieux doutes sur la capacité de la Turquie à devenir un pays civilisé et sur le fait de savoir si elle est prête à s'intégrer à l'Europe».

«Le meurtre de Dink n'est pas uniquement dirigé contre la liberté de parole. C'est aussi un signe de la renaissance de l'hystérie anti-arménienne dans le pays qui a commis le génocide des Arméniens au début du siècle dernier», a affirmé dans un communiqué le mouvement de jeunes apparenté au parti nationaliste Dachnak Tsoutioun.

Le crime devrait «dégriser» l'Union européenne et les pays qui considèrent que «la Turquie est un pays de liberté et de tolérance», a aussi estimé le mouvement.

Une centaine de militants de ce mouvement se sont rassemblés devant la représentation de l'Union européenne à Erevan, allumant des bougies et déposant des oeillets devant un portrait de Hrant Dink.

«Nous avons une fois de plus vu que les Turcs étaient une nation en laquelle on ne peut avoir confiance», a déclaré à l'AFP Jiraïr Badalian, dix-sept ans, étudiant en droit. «La Turquie n'est pas prête à entrer dans l'UE et nous ne l'admettrons pas», a-t-il ajouté.

«La mort prématurée de M. Dink nous a tous ébranlés. Nous sommes profondément indignés par ce meurtre qui a privé notre peuple d'un fils talentueux et courageux. Nous attendons des autorités turques que les criminels soient trouvés et sévèrement punis par la loi», a déclaré de son côté dans un communiqué le catholicos Karékine II, chef de l'Église apostolique arménienne.

Le journaliste turc d'origine arménienne, Hrant Dink, a été tué le 20 janvier par balle devant les locaux de son hebdomadaire Agos, en plein centre d'Istanbul, par un assaillant non identifié qui a pris la fuite. Plusieurs fois poursuivi par la justice turque, il était devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos contestant la thèse du gouvernement sur le génocide arménien.
Erevan a condamné l'assassinat, se disant «profondément choquée».

«Le meurtre de ce journaliste arménien connu en Turquie soulève de nombreuses questions et mérite la condamnation la plus vigoureuse», avait déclaré le président arménien, Robert Kocharian, cité par son responsable de presse, Victor Sogomonian.
Hrant Dink, âgé de 53 ans, était connu et respecté dans le milieu de la presse en Turquie.

Il avait fait l'objet de poursuites en raison de ses propos sur les massacres d'Arméniens commis sous l'Empire ottoman qu'il a, à plusieurs reprises, qualifiés de génocide.

Les autorités turques considèrent que les massacres d'Arméniens commis en 1915-1917 ne constituent pas un génocide.


Hrant Dink avait été condamné en octobre 2005 à six mois de prison avec sursis pour «insulte à l'identité nationale turque».


En mai dernier, le journaliste avait été pris à partie par plusieurs membres d'une association de juristes nationalistes qui l'avaient qualifié de «traître» et l'avaient appelé à quitter la Turquie.

Le commissaire européen à l'Élargissement, Olli Rehn, a appelé les autorités turques à «amener les auteurs [du crime] devant la justice», tout comme des organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Reporters sans frontières.
 





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