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Ce nouveau langage planétaire nous invite à des exagérations environnementales et littéraires et font argumenter les scientifiques sur les trous dans la couche d’ozone ou sur l’effet de serre… Les météorologues ont une réponse simple : nous sommes dans l’état du phénomène climatique d’El Niño !
LA PRESSION S’AFFAISSAIT A L’OUEST QUAND ELLE DIMINUAIT A L’EST
C’est Sir Gilbert Walker, scientifique britannique qui a commencé à étudier les variations de l’atmosphère, et il établit le lien entre les courants des océans de tout le globe d’Est en Ouest. Il fut affecté en 1920 en Inde, afin de trouver un moyen de prévoir la mousson asiatique. Brillant scientifique, il s’attacha à cette besogne avec détermination et se mit en contact avec des scientifiques sud-américains qui lui fournirent le résultat de leurs études sur les effets locaux d’El Niño.
C’est en étudiant ces données climatiques et atmosphériques qu’il parvint à établir, en 1923, une corrélation entre les relevés barométriques à l’ouest et à l’est du Pacifique sud. En effet, il se rendit compte que la pression s’affaissait à l’ouest quand elle diminuait à l’est, et inversement. Du fait de cette situation d’équilibre et de balance, il nomma ce phénomène oscillation australe. Les moussons en Inde sont sporadiques, et si les pluies prévues entre juin et septembre ne viennent pas, c’est la sécheresse qui s’installe, ou si les pluies sont torrentielles, ce sont les récoltes qui sont détruites et la famine qui s’établit dans les deux cas de figures…
NOUS VOYONS QUE TOUT EST RELIE, ON ASSISTE A UN REFLUX EN MASSE
El Niño est une manifestation climatique qui se produit environ tous les trois à sept ans, et s’installe aux alentours de Noël, d’où le nom de ce phénomène qui vient du mot espagnol « enfant » signifiant en l’occurrence « l’enfant Jésus ». Il s’installe le long des côtes du sud ouest-américain et s’établit au dessous de l’équateur. Le premier signe de venue d’El Niño se voit à l’apparition de vents violents venant du sud-est qui entraînent des arrivées d’eaux chaudes dans le Pacifique ouest, faisant ainsi monter le niveau de la mer sur les côtes australiennes.
Puis dès que les vents s’affaiblissent, les eaux « chaudes » du Pacifique Ouest s’installent dans le Pacifique Est et c’est le début d’El Niño. Ainsi nous voyons que tout est relié, on assiste à un reflux en masse, vers les côtes américaines où les eaux sont plus basses, et de l’eau chaude accumulée dans la partie occidentale du Pacifique Sud s’installe le long des rivages du Pérou, de l’Équateur, ces eaux atteignant parfois jusqu’à 26 °C. Elles tuent les poissons du littoral, entraînent des famines dans ces pays qui vivent principalement de la pêche. La plus violente manifestation est celle de 1982-1983 qui a laissé une empreinte mémorable sur la vie marine, et sur le climat à l’échelle de la planète. Cette inversion climatique se traduit par un air moite et chaud le long des côtes de l’Amérique du Sud est, et de puissantes précipitations et inondations se succèdent et engendrent à leur suite des sécheresses qui entraînent de graves feux de forêt.
« Quand un bassin aussi important que le Pacifique oriental se réchauffe, ça représente une part non négligeable de la surface terrestre, donc c’est normal que le climat de la planète en soit affecté », souligne M. Jean-Pierre Céron, directeur-adjoint de la climatologie à Météo France, justifiant ainsi la douceur actuelle et celle de l’automne. C’est ainsi, estime Michel Schneider, ingénieur de Météo France que « l’actuel épisode de tiédeur hivernale est cohérent avec les effets attendus des rejets de gaz à effet de serre et accrédite la thèse du réchauffement climatique, même s’il ne peut lui être attribué directement compte tenu de la variabilité naturelle du climat ».
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