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Solution britannique au suremballage «Déballez le produit et laissez l’emballage sur le comptoir!» |
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Écrit par Jonathan Vianou, Collaboration spéciale
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04-02-2007 |
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La semaine dernière, le quotidien britannique The Independent a lancé
un véritable assaut contre un fléau qui affecte présentement
l’Occident: le suremballage. Le lancement de la «campagne pour réduire
les montagnes de déchets» ayant eu lieu le 22 janvier, des centaines de
lecteurs se sont empressés de montrer leur appui à l’initiative du
quotidien en envoyant des témoignages personnels. La campagne reçoit
aussi un important soutien de la part des politiciens, notamment du
ministre l’Environnement, Ben Bradshaw, et du premier ministre, Tony
Blair.
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Des fruits et légumes suremballés (Yvan Pinard/La Grande Époque) | | |
The Independent s’en prend à tout type de suremballage: des jouets pour enfants, hyper-suremballés nécessitant des pinces et une paire de ciseaux pour procéder à l’ouverture, à la nourriture des épiceries britanniques. On en trouve aussi des exemples au Québec. On va à l’épicerie acheter des poivrons. Les poivrons sont recouverts d’une pellicule plastique. On veut quatre poivrons. On met les quatre poivrons emballés dans un sac de plastique pour légumes. Ah oui, il faudrait deux brocolis. Eux aussi sont recouverts d’une pellicule plastique. On met les deux brocolis dans un autre sac de plastique pour légumes. Arrivé à la caisse, on met le tout dans un sac d’épicerie en plastique.
Les compagnies répliquent que «l’emballage assure que le produit soit frais et qu’il ne soit pas endommagé». Elles soutiennent qu’un manque d’emballage crée encore plus de déchets.
Selon The Independent, l’emballage représente 60 % du volume des déchets anglais.
Le quotidien britannique présente cinq principaux arguments pour défendre son point de vue.
Premièrement, le suremballage consomme énormément de ressources naturelles: du pétrole pour le plastique, des arbres pour le carton, de l’aluminium et de la vitre.
Deuxièmement, l’énergie nécessaire pour produire et transporter tout cet emballage n’aide en rien à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Troisièmement, les déchets. Ce serait cinq millions de tonnes de déchets d’emballage par année qui finiraient enfouis dans le sol. Le gouvernement britannique est particulièrement attentif à ce problème, car de nouvelles normes de l’Union européenne exigent que le Royaume-Uni réduise de moitié ses déchets d’ici 2013, et de 75 % d’ici 2020.
Quatrièmement, le coût de l’emballage est habituellement relégué aux consommateurs. Un rapport britannique indique que le coût de l’emballage représente environ le sixième de la facture totale.
Finalement, le quotidien avance que l’emballage encourage inutilement la surconsommation. Plusieurs lecteurs se sont plaints qu’il ne leur est plus possible d’acheter une simple pomme. Ils doivent acheter l’ensemble de quatre pommes, soutenues par un plateau de carton ou de polystyrène.
Plusieurs compagnies, tant au Royaume-Uni qu’au Québec, vont de l’avant en réduisant l’emballage de leur produit. Certaines, comme Wal-Mart, demandent à leur fournisseur de réduire le suremballage.
The Independent propose plusieurs solutions pour ceux et celles qui voudraient aider à changer la situation: ne pas acheter de produits suremballés, se plaindre au gérant du magasin, et peut-être la plus radicale de toutes, suggérée par le ministre de l’Environnement: «Déballez le produit et laissez l’emballage sur le comptoir!»
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