|
Récompenser plutôt que punir |
|
|
|
|
Écrit par Catherine Keller, La Grande Époque - Genève
|
|
06-07-2006 |
|
Valoriser
les comportements positifs est capital pour les enfants. Nous
soulignons les travers de notre enfant et omettons souvent de le
féliciter pour ses bonnes initiatives. C’est une attitude négative qui
nous amène à n’être jamais satisfaits. De plus, elle ne nous permet pas
d’avoir confiance en nous et encore moins de nous estimer. Nous
transmettons ce fardeau de génération en génération. Éduquer un enfant
nous permettrait de sortir de cet engrenage. Pensons que chaque acte a
une conséquence et découle d’une réaction. Quand un enfant a un
comportement inadéquat, posons-nous la question : « Pourquoi agit-il de
cette façon ? » Est-ce parce qu’il est fatigué, contrarié ? Veut-il
attirer notre attention ? Est-ce par négligence ?
Quand nous
connaissons le pourquoi, nous pouvons réagir de manière à ce que les
choses rentrent dans l’ordre. Par exemple, un enfant fatigué va
pleurnicher, rouspéter voire se mettre en colère. Le soir, nous lui
demanderons d’aller plus tôt au lit. Comme le coucher est un moment
souvent délicat, nous prendrons le temps pour l’aider à s’endormir. Ce
sera l’occasion de parler avec lui, de mettre des mots sur ses
sentiments. Quand nous discutons avec notre enfant, nous devons faire
attention. Nous voulons faire passer notre message, notre point de vue.
Le meilleur moyen d’y arriver, c’est de ne pas l’imposer. Pour cela, il
faut écouter notre enfant. Parfois, en répétant certaines de ses
phrases, nous allons l’aider à approfondir sa réflexion. Pour certains
d’entre eux, qui n’aiment pas se confier, quelques paroles suffisent.
L’intérêt de cette discussion est de le faire réfléchir. Sans jugement,
sans pression, sans influence, faisons-lui confiance car il a la
capacité de trouver son chemin dans les règles de notre société et de
s’autodiscipliner.
|
Ayons confiance dans les capacités de nos enfants. (Photo.com) | |
Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas
donner nos limites ni nos sentiments. Mais nous le faisons avec l’idée
que nous lui transmettons notre position sans chercher son approbation.
La discussion peut bifurquer, suivons-la sans attente, notre enfant
pourra peut-être parvenir à parler d’autres choses qui lui tiennent à
coeur. Quand quelque chose ne va pas, nous pouvons aussi utiliser les «
conséquences naturelles ». Cela évite bien des discussions et met
l’enfant face à ses propres responsabilités.
Par exemple, Julie
ne met jamais ses habits dans le panier de linge sale. Son linge ne
sera pas lavé et elle ne pourra pas mettre son pantalon préféré pour
sortir avec ses copines. Au lieu d’être toujours derrière Sylvain pour
qu’il se lève, mettons-le en garde et laissons le faire. Il arrivera en
retard à l’école et aura une retenue. Si Mathieu gribouille les murs de
sa chambre, il nous aidera à les laver et nous irons ensemble acheter
une surface sur laquelle il pourra exercer son art.
Une chose
capitale pour se structurer, c’est la valorisation des comportements
positifs. Il ne s’agit pas de flatter l’enfant, ni de voir en lui un
superman. C’est un peu la voie de la sagesse, le juste milieu. Quand un
comportement est mauvais, nous le disons et nous le corrigeons. Quand
un comportement est positif, nous le soulignons et l’encourageons.
Chaque être, chaque chose dans ce monde a des caractéristiques. Rien ni
personne n’est fondamentalement bon ou mauvais. C’est à nous de prendre
conscience de nos propres caractéristiques et de mettre en avant nos
points positifs tout en freinant les aspects négatifs qui nous
empêchent d’être bien dans notre peau.
Par exemple, une
personne extravertie entrera plus facilement en contact avec les
autres. Mais elle aura également beaucoup de peine à maîtriser ses
paroles voire ses colères. Elle devra apprendre à dominer son côté
extravagant tout en développant cette facilité de contact. Elle pourra
choisir un métier approprié à ses caractéristiques et s’épanouir. En
tant que parents, notre rôle est d’aider notre enfant à se connaître.
Permettons-lui de trouver son équilibre en fonction de ce qu’il est,
selon ses capacités. Aidons-le à s’accepter et à s’aimer en l’acceptant
comme il est. Cela va lui permettre de se diriger vers ce pourquoi il
est permettre de reconnaître ses insuffisances pour pouvoir s’améliorer
et adopter des comportements plus adaptés aux situations difficiles. Reconnaissons
nos valeurs et nos points forts comme une chance magnifique. Acceptons
aussi le revers de la médaille. Il est impossible de tout avoir sans
rien sacrifier comme il est impossible de n’avoir que des qualités sans
défauts. À nous d’accepter nos caractéristiques et celles de nos
enfants pour avoir une partie de la clé du bonheur et la leur
transmettre.
|
|