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L’art millénaire du Sumi-e Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Bridge Harris, La Grande Époque   
22-07-2006

Il s’agit d’une technique de dessin monochromatique à l’encre de Chine de l’école japonaise. Bien qu’elle ait été développée en Chine pendant la dynastie Tang (618 - 907), elle a atteint son apogée au Japon entre les XIVe et XVIe siècle.

Sumi-e est un terme qui signifie image d'encre. Ce sont des savants revenus de Chine qui l’ont introduite au Japon aux environs du VIIe siècle. Ils ont ramené avec eux beaucoup d'idées culturelles incluant la calligraphie (« belle écriture ») et un style de peinture influencée par celle-ci. Les Japonais ont adopté ce style de peinture en la modifiant selon leur propre culture et l’ont nommée Sumi-e.

Ce sont quatre grandes lignes de peinture habituellement appelées les quatre « amis » : Bambou, Fleur de prunier, Orchidée sauvage et Chrysanthème. On considère que Bambou, le premier ami, contient les caractéristiques d'un chevalier. Les Chinois l’estimaient vertueux, humble et consistant, car il maintient son feuillage toute l'année. Le second ami est appelé Fleur de prunier. On retrouve ces formes dans les grandes lignes de cette peinture sur les Damas japonais. Le Prunier est le symbole de l'hiver, il est l’un des premiers à revenir à la vie au printemps. Le troisième ami est l'Orchidée sauvage. Il est considéré comme Yin (féminin) et symbolise la sérénité dans l'obscurité. Son parfum est suave, spécialement quand il croît dans les forêts profondes. Puis vient le quatrième ami, le Chrysanthème, très estimé en Chine comme au Japon étant donné sa longévité. Il défie la glace de l'hiver en fleurissant en automne. Les quatre amis représentent toutes les formes de l'univers. Une croyance commune veut qu'ils soient appelés les quatre amis car seuls les riches avaient le luxe de jouir de la calligraphie et de l'art de la peinture orientale.

Une peinture monochrome japonaise.
L’art de transmettre bien plus qu’un simple paysage à travers une peinture ne s’apprend pas dans les livres. (Jan Zaremba/http://hiero.ru/Zaremba)
 

À cette époque, les femmes et les enfants étaient aussi peints. Ces faits sont enregistrés dans les annales de l'histoire de l'art. Quand Sumi-e a été introduit au Japon, les moines bouddhistes Zen l’utilisèrent comme exercice Zen. C’est un art qui réclame beaucoup de discipline, favorable à la pratique spirituelle. Cette technique libère la couleur en utilisant seulement les ombres dérivées de l'encre dans un large spectre, depuis le noir profond jusqu'à la pureté du blanc, ce qui souligne les lignes, les ombres, les sentiments et les émotions. Il y a une histoire populaire sur Sesshu, un peintre japonais du XIVe siècle. Enfant, il préférait dessiner plutôt que d'étudier ses leçons religieuses, ce qui irritait le moine. Comme punition, il fut attaché à un arbre pour méditer. On raconte qu’avec son doigt, il a dessiné dans le sable une souris si bien faite qu’elle se mit à vivre et mordit la corde pour le libérer.

Pour maintenir l'esprit du Sumi-e, il est important de ne pas faire d'ébauches. Le peintre maintient l'image dans son esprit, jouit de sa beauté et peint sa mémoire dans le langage Sumi-e en utilisant le spectre total entre noir et blanc. Cette attitude est très importante ; par exemple, en voyant une abeille se déplacer d’une fleur à l’autre ou un oiseau capturer un insecte au vol, on en garde l’image pour la reproduire.
Pour les anciens Chinois, Sumi-e personnifiait le Tao, le principe permanent de l'univers, la voie de la vie. Le même esprit a toujours habité les peintres de Sumi-e. L'histoire de la calligraphie et de la peinture Sumi-e est répertoriée dans des rouleaux, ce qui permet aux historiens de mieux comprendre le passé. Les cartes maritimes ont été faites en Sumi-e. Selon certains marins, elles seraient supérieures aux cartes d'aujourd'hui. Sumi-e a aussi été utilisé pour les premiers dessins animés. L'histoire a été peinte et illustrée en Sumi-e, elle reflète en réalité le langage du peuple.

 

 






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