|
Les astronomes européens planchent sur leurs instruments de demain |
|
|
|
|
Écrit par Agence France-Presse
|
|
08-02-2007 |
|
POITIERS – Les astronomes européens ont planché la semaine dernière à
Poitiers sur les instruments qui leur seront indispensables dans les
vingt ans à venir pour maintenir leur tout récent leadership sur des
pans entiers de la connaissance du cosmos.
«L'Europe dispose de grandes possibilités pour être en pointe dans de
nombreux domaines de l'astronomie, à la fois terrestre et spatiale», a
souligné Michael Bode (Université John Moores de Liverpool),
responsable du groupe de travail «infrastructures» lors du colloque
Astronet.
|
Un astre se déplace à grande vitesse dans l’espace. L’Europe organise ses plans de recherche sur l’espace.(Photos.com) |
| |
Ce colloque réunissait pour la première fois pour un exercice de prospective des représentants de l'astronomie au sol, de l'astronomie spatiale (notamment l'Agence spatiale européenne) et des physiciens spécialistes des astroparticules. L'objectif était de recenser les besoins et d'élaborer une liste de projets, évitant les redondances ou les instruments concurrents, pour être soumis aux décideurs politiques et aux organismes de financement.
Les 250 participants au colloque se sont ralliés à la nécessité de construire le très grand télescope terrestre E-ELT et le radiotélescope géant Square Mile Array (SKA).
Des projets de télescopes spatiaux dans les rayons X et dans l'infrarouge ont aussi reçu un large soutien, a précisé Tim de Zeeuw (Observatoire de Leiden), auquel revient de définir les axes scientifiques prioritaires. Son rapport devrait être prêt dans les deux mois à venir.
Plusieurs de ces projets représentent des investissements unitaires de l'ordre du milliard d'euros, dépassant les capacités financières d'un seul pays. Mais en présentant un front uni, les astronomes européens espèrent obtenir des financements plus généreux que s'ils étaient restés en concurrence.
«Ces grands joujoux sont très excitants, mais le document final va s'intéresser à tout le spectre des instruments. Il est très clair pour moi que nous allons continuer à avoir besoin d'instruments plus petits», y compris des observatoires anciens pouvant être modernisés, a ajouté M. de Zeeuw.
Pour la physique des particules, la priorité est la construction d'un observatoire à neutrinos de grande dimension (1 kilomètre cube), dans la mer ou sous la glace, selon Stavros Katsanevas.
L'exercice mené dans le cadre d'Astronet va devoir se doubler d'un effort de recensement des forces européennes dans les divers domaines de l'astronomie. «Qui sait aujourd'hui combien de personnes en Europe travaillent sur les exoplanètes? Personne», a lancé Johannes Andersen (Nordic Optical Telescope).
Grâce à la montée en puissance des observatoires de l'Organisation européenne pour la recherche astronomique dans l'hémisphère austral (Eso), les astronomes européens estiment avoir rattrapé leur retard sur les États-Unis.
«Aux États-Unis, les astronomes ont maintenant peur de l'Eso qui est devenu le standard à l'aune duquel il seront jugés», a estimé M. de Zeeuw, qui prendra la tête de cette organisation à la fin de l'été.
|
|