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Mais malgré l’acceptation de plus en plus répandue de cette
perspective, certains regroupements s’y opposent et dénoncent les
environnementalistes «idéologiquement motivés» qui «font la promotion
de réductions irréalistes des émissions et de soi-disant énergies
propres». C’est le cas du Natural Resources Stewardship Project (NRSP)
(Projet d’intendance des ressources naturelles) qui regroupe près d’une
trentaine de scientifiques spécialistes du climat.
Le NRSP a été mis sur pied afin de rétablir la vérité dans le dossier
des changements climatiques, d’après son site Internet. Selon
l’organisme à but non lucratif qui se décrit comme «non partisan», le
débat actuel sur les changements climatiques n’est pas équitable en
raison de la monopolisation des médias et de l’information véhiculée
par les partisans d’une seule des hypothèses quant à la cause réelle
des changements climatiques et de leurs impacts futurs sur le climat
planétaire.
Selon ce groupe, les changements climatiques ne sont pas causés par les
activités humaines: ce phénomène est attribuable à des causes
principalement naturelles. Selon les membres du NRSP, il n’existe pas
de corrélation claire entre la concentration de gaz carbonique (CO2)
dans l’atmosphère et la température. Par exemple, il y a 400 millions
d’années, la concentration en CO2 a été estimée dix fois supérieure à
celle d’aujourd’hui. Or, la planète était plongée dans la période la
plus froide du dernier 500 millions d’années. Dans un autre temps, des
taux élevés de CO2 ont coïncidé avec des périodes chaudes. Ainsi, le
NRSP croit qu’aucune conclusion claire ne peut être tirée.
Pour le NRSP, la prise de position unilatérale quant à la cause des
changements climatiques résulte en de mauvaises politiques
environnementales et entraîne des conséquences néfastes pour le
bien-être de la société. En investissant massivement dans le domaine
des changements climatiques, d’autres enjeux environnementaux et
sociaux peuvent être négligés. «En maintenant une atmosphère de crise
constante, ces activistes ont profondément tordu le processus
décisionnel», conclut l’organisation.
Le NRSP souhaite que la question environnementale repose davantage sur
les actions individuelles et non sur des politiques gouvernementales,
que la bonne intendance des ressources naturelles passe par «la
compréhension que la propriété privée encourage la responsabilité des
particuliers» et qu’une «plus grande liberté économique permet une
responsabilité individuelle plus grande».
Pour sa part, le professeur Richard Lindzen du Massachusetts Institute
of Technology, un des principaux collaborateurs du Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et scientifique
allié du NRSP, a tenu à expliquer que le rapport déposé le 2 février
dernier représente le consensus des représentants gouvernementaux et
non celui des scientifiques. Mentionnons que le rapport scientifique ne
sortira que dans quelques mois, étant donné les ajustements nécessaires
à apporter au rapport scientifique afin de s’aligner sur les
conclusions retenues par le rapport sommaire.
Par exemple, plusieurs scientifiques, ayant participé à la
révision du troisième rapport du GIEC publié en 2001 n’étaient pas
nécessairement en accord avec la version finale du rapport rendu
public. Pour sa part, Dr Madhav Khandekar, consultant environnemental
pour Environnement Canada depuis 25 ans, a participé à la révision au
niveau de la section du rapport concernant les événements climatiques
extrêmes et a mentionné que ses commentaires n’ont pas été retenus lors
de la révision du document.
Alors qui croire dans ce dossier? Les sciences climatologiques restent
très incertaines, et prévoir la dynamique du climat planétaire des 100
prochaines années peut ressembler plus à de la divination qu’à du
travail scientifique réel.
Certains voient des manipulations politiques dans l’affirmation qui dit
que les changements climatiques sont causés par l’activité humaine. La
délégation de la Chine, qui deviendra le plus grand émetteur de CO2 dès
l’an prochain, s’est opposée farouchement à tout durcissement
supplémentaire quant à l’implication des activités humaines dans le
phénomène des changements climatiques.
D’autre part, il est important de se rappeler le rapport Stern paru
l’automne dernier. En bref, l’ancien économiste en chef de la Banque
mondiale annonçait l’apocalypse économique si rien n’était fait.
Effondrement économique de l’ordre de 20 %, des coûts de plus de 7500
milliards de dollars, sont quelques-uns des autres chiffres savamment
avancés. Selon lui, il faut obliger les pays les plus polluants, les
États-Unis et la Chine en tête, à réduire leurs émissions de gaz à
effet de serre, en leur faisant payer le coût global de leur pollution.
Écoutons Al Gore cette fois dans un discours prononcé en 2004: «Au lieu
de dépenser des sommes énormes à faire qu'une minuscule partie de la
lune soit habitable pour une poignée de gens, nous pourrions, au lieu
de cela, s'efforcer de garantir aux futures générations une place sur
Terre. Si nous faisons ce choix, les États-Unis peuvent renforcer
l’économie avec une nouvelle génération de technologies de pointe,
créer des millions de nouveaux emplois et inspirer le monde de cette
vision morale. Nous sommes à la croisée des chemins et, pour prendre le
bon chemin, nous devons choisir les vraies valeurs.» Sentirait-il les
Chinois et les Indiens lui couper l’herbe sous le pied selon la
dynamique économique actuelle basée sur les combustibles fossiles?
«Face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures: le temps est à
la révolution. La révolution des consciences. La révolution de
l'économie. La révolution de l'action politique», a déclaré le
président français, Jacques Chirac, lors du lancement du plus récent
rapport du GIEC le 2 février 2007.
Il semble de plus en plus évident que tout politicien ne se rangeant
pas dans le camp de la lutte aux changements climatiques en payera le
coup quand les électeurs se présenteront aux urnes. MM. Harper et Bush,
deux des plus réticents à la thèse apocalyptique des changements
climatiques, ne sont plus en mesure d’affronter la puissance du lobby
environnemental et des citoyens de plus en plus préoccupés.
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