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Changements climatiques : qui en sont les responsables ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-02-2007

 

 

 

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a tenté de trancher le débat sur les changements climatiques en publiant son rapport le 2 février 2007. Bilan: il est certain à 90 % que les humains sont responsables du réchauffement planétaire. L’administration américaine a même qualifié le rapport de «valable», elle qui s’était ancrée dans un négationnisme ardu ces dernières années.

les changements
Selon le rapport des Nations Unies, les changements climatiques sont causés par l'homme. (Jeff J. Mitchell/Getty Images)
 

Mais malgré l’acceptation de plus en plus répandue de cette perspective, certains regroupements s’y opposent et dénoncent les environnementalistes «idéologiquement motivés» qui «font la promotion de réductions irréalistes des émissions et de soi-disant énergies propres». C’est le cas du Natural Resources Stewardship Project (NRSP) (Projet d’intendance des ressources naturelles) qui regroupe près d’une trentaine de scientifiques spécialistes du climat.

Le NRSP a été mis sur pied afin de rétablir la vérité dans le dossier des changements climatiques, d’après son site Internet. Selon l’organisme à but non lucratif qui se décrit comme «non partisan», le débat actuel sur les changements climatiques n’est pas équitable en raison de la monopolisation des médias et de l’information véhiculée par les partisans d’une seule des hypothèses quant à la cause réelle des changements climatiques et de leurs impacts futurs sur le climat planétaire.

Selon ce groupe, les changements climatiques ne sont pas causés par les activités humaines: ce phénomène est attribuable à des causes principalement naturelles. Selon les membres du NRSP, il n’existe pas de corrélation claire entre la concentration de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère et la température. Par exemple, il y a 400 millions d’années, la concentration en CO2 a été estimée dix fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Or, la planète était plongée dans la période la plus froide du dernier 500 millions d’années. Dans un autre temps, des taux élevés de CO2 ont coïncidé avec des périodes chaudes. Ainsi, le NRSP croit qu’aucune conclusion claire ne peut être tirée.

Pour le NRSP, la prise de position unilatérale quant à la cause des changements climatiques résulte en de mauvaises politiques environnementales et entraîne des conséquences néfastes pour le bien-être de la société. En investissant massivement dans le domaine des changements climatiques, d’autres enjeux environnementaux et sociaux peuvent être négligés. «En maintenant une atmosphère de crise constante, ces activistes ont profondément tordu le processus décisionnel», conclut l’organisation.

Le NRSP souhaite que la question environnementale repose davantage sur les actions individuelles et non sur des politiques gouvernementales, que la bonne intendance des ressources naturelles passe par «la compréhension que la propriété privée encourage la responsabilité des particuliers» et qu’une «plus grande liberté économique permet une responsabilité individuelle plus grande».

Pour sa part, le professeur Richard Lindzen du Massachusetts Institute of Technology, un des principaux collaborateurs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et scientifique allié du NRSP, a tenu à expliquer que le rapport déposé le 2 février dernier représente le consensus des représentants gouvernementaux et non celui des scientifiques. Mentionnons que le rapport scientifique ne sortira que dans quelques mois, étant donné les ajustements nécessaires à apporter au rapport scientifique afin de s’aligner sur les conclusions retenues par le rapport sommaire.


Par exemple, plusieurs scientifiques, ayant participé à la révision du troisième rapport du GIEC publié en 2001 n’étaient pas nécessairement en accord avec la version finale du rapport rendu public. Pour sa part, Dr Madhav Khandekar, consultant environnemental pour Environnement Canada depuis 25 ans, a participé à la révision au niveau de la section du rapport concernant les événements climatiques extrêmes et a mentionné que ses commentaires n’ont pas été retenus lors de la révision du document.


Alors qui croire dans ce dossier? Les sciences climatologiques restent très incertaines, et prévoir la dynamique du climat planétaire des 100 prochaines années peut ressembler plus à de la divination qu’à du travail scientifique réel.


Certains voient des manipulations politiques dans l’affirmation qui dit que les changements climatiques sont causés par l’activité humaine. La délégation de la Chine, qui deviendra le plus grand émetteur de CO2 dès l’an prochain, s’est opposée farouchement à tout durcissement supplémentaire quant à l’implication des activités humaines dans le phénomène des changements climatiques.


D’autre part, il est important de se rappeler le rapport Stern paru l’automne dernier. En bref, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale annonçait l’apocalypse économique si rien n’était fait. Effondrement économique de l’ordre de 20 %, des coûts de plus de 7500 milliards de dollars, sont quelques-uns des autres chiffres savamment avancés. Selon lui, il faut obliger les pays les plus polluants, les États-Unis et la Chine en tête, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en leur faisant payer le coût global de leur pollution.


Écoutons Al Gore cette fois dans un discours prononcé en 2004: «Au lieu de dépenser des sommes énormes à faire qu'une minuscule partie de la lune soit habitable pour une poignée de gens, nous pourrions, au lieu de cela, s'efforcer de garantir aux futures générations une place sur Terre. Si nous faisons ce choix, les États-Unis peuvent renforcer l’économie avec une nouvelle génération de technologies de pointe, créer des millions de nouveaux emplois et inspirer le monde de cette vision morale. Nous sommes à la croisée des chemins et, pour prendre le bon chemin, nous devons choisir les vraies valeurs.» Sentirait-il les Chinois et les Indiens lui couper l’herbe sous le pied selon la dynamique économique actuelle basée sur les combustibles fossiles?


«Face à l'urgence, le temps n'est plus aux demi-mesures: le temps est à la révolution. La révolution des consciences. La révolution de l'économie. La révolution de l'action politique», a déclaré le président français, Jacques Chirac, lors du lancement du plus récent rapport du GIEC le 2 février 2007.


Il semble de plus en plus évident que tout politicien ne se rangeant pas dans le camp de la lutte aux changements climatiques en payera le coup quand les électeurs se présenteront aux urnes. MM. Harper et Bush, deux des plus réticents à la thèse apocalyptique des changements climatiques, ne sont plus en mesure d’affronter la puissance du lobby environnemental et des citoyens de plus en plus préoccupés.

 



 





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