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SPRINGFIELD (États-Unis) – Le sénateur démocrate, Barack Obama, a lancé officiellement sa candidature pour devenir, en 2008, le premier président noir des États-Unis.
«Je suis devant vous aujourd'hui pour annoncer ma candidature à la présidence des États-Unis», a-t-il déclaré devant une foule de milliers de partisans à Springfield (Illinois, nord), la ville de l'ancien président américain Abraham Lincoln qui a mis fin à l'esclavage.
M. Obama avait annoncé, à la mi-janvier, la formation d'un «comité
exploratoire» qui lui avait permis de sonder le terrain, et il a
finalement choisi de faire le grand saut.
«J'admets qu'il y a une certaine présomption, une certaine audace, à
faire cette annonce. Je sais que je n'ai pas passé beaucoup de temps à
connaître les méandres politiques de Washington. Mais j'y ai passé
suffisamment de temps pour savoir que la façon de faire de la politique
à Washington doit changer», a-t-il déclaré.
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Le sénateur démocrate, Barack Obama, a officiellement lancé sa candidature à la présidence des États-Unis, le 10 février, à Springfield, Illinois. (Scott Olson/Getty Images) |
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Il a dressé la liste des défis auxquels l'Amérique est confrontée : «Une guerre qui n'en finit pas, une dépendance au pétrole qui menace notre avenir, des écoles où trop d'enfants n'apprennent pas et des familles qui ont des difficultés financières alors qu'elles travaillent dur.»
À 45 ans, avec pour principal bagage politique les deux premières années d'un mandat de sénateur, M. Obama est considéré comme le premier responsable noir à avoir des chances sérieuses de s'emparer de la Maison Blanche, alors que la campagne électorale apparaît très ouverte.
Contrairement à d'autres candidats noirs à la Maison Blanche par le passé, comme le pasteur Jesse Jackson, il n'est pas issu du mouvement des droits civiques.
Ses détracteurs lui reprochent son manque d'expérience et jugent que son idéalisme risque de se heurter à la dureté de la campagne électorale.
Le président, George W. Bush, a jugé, le mois dernier, qu'il était «séduisant» et «clair», mais avait encore du chemin à parcourir avant d'accéder à la présidence.
Barack Obama va désormais être confronté à l'épreuve des élections primaires, qui permettront de désigner, début 2008, le candidat démocrate à la présidentielle.
Sa principale adversaire est la sénatrice Hillary Clinton, qui dispose déjà d'un trésor de campagne considérable et d'une équipe de conseillers expérimentés, dont beaucoup ont travaillé avec son mari à la Maison Blanche (1993-2001).
Il est aussi confronté à un autre adversaire difficile, John Edwards, l'ancien colistier de John Kerry lors de la présidentielle 2004, qui s'affiche en héraut de la lutte contre la pauvreté et a appelé le Congrès démocrate à refuser les fonds nécessaires pour financer «l'escalade» de la guerre en Irak.
Après le lancement officiel de sa candidature, M. Obama doit se rendre dans l'Iowa et dans le New Hampshire, environ un an avant les primaires démocrates dans ces deux États.
Fils d'un économiste kenyan et d'une mère blanche du Kansas, le sénateur noir fait le pari que les Américains veulent du changement et la fin des années d'affrontement à Washington entre démocrates et républicains.
Avec l'Irak dominant la politique américaine, Obama a rappelé aux électeurs qu'il a toujours pensé que la guerre était «une erreur tragique» et, le mois dernier, il a appelé au retrait de toutes les forces de combat américaines d'ici le 31 mars 2008.
«Il est temps de commencer à faire revenir nos troupes à la maison», a-t-il dit, ajoutant que la mort de soldats américains n'aiderait pas à résoudre «la guerre civile» entre Irakiens.
Son positionnement clair sur l'Irak pourrait lui permettre d'en tirer des dividendes politiques, alors que Hillary Clinton et John Edwards sont marqués par leur vote en 2003 au Sénat autorisant le président Bush à partir en guerre contre Saddam Hussein.
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