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Accueil arrow L'actualité arrow International arrow Réquisitoire de Poutine contre les États-Unis et l'OTAN
Réquisitoire de Poutine contre les États-Unis et l'OTAN Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-02-2007

MUNICH (Allemagne) – Le président russe, Vladimir Poutine, a prononcé le 9 février à Munich un véritable réquisitoire contre la volonté de domination «déstabilisatrice» des États-Unis et l'expansionnisme de l'OTAN, qui ciblent la Russie et les puissances émergentes du monde.

«Les États-Unis sortent de leurs frontières nationales dans tous les domaines et cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international», a affirmé le chef de l'État russe, devant la 43e conférence de Munich sur la sécurité

Le président russe, Vladimir Poutine
Le président russe, Vladimir Poutine, livre un discours sur la sécurité, à la Conférence de Munich le 9 février 2007. (Oliver Lang/AFP/Getty Images)
 

Devant le gratin des experts civils et militaires, quelque 270 personnes d'une quarantaine de pays, M. Poutine s'en est pris également à l'OTAN, qui viole, selon lui, les accords de réduction des forces conventionnelles en Europe.

Cette intervention s'est attirée aussitôt les vives critiques du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, et d'un sénateur américain présent, le républicain John McCain.

Quand la chancelière Angela Merkel a ouvert les débats, évoquant les conséquences potentielles «dramatiques», en termes de guerres et d'immigration et du réchauffement climatique, M. Poutine et le président pro-occidental ukrainien, Viktor Iouchtchenko, étaient assis côte à côte au premier rang, devisant sans acrimonie apparente.

Prévenant dès le début qu'il allait parler «sans détour», le chef de l'État russe a déclaré : «Un monde unipolaire ne signifie en pratique qu'une chose, un centre de pouvoir, un centre de force, un centre de décision agissant comme un maître unique, un souverain unique, qui s'effondrera de l'intérieur», a-t-il dit en allusion aux États-Unis.

Ce système unipolaire qui – après la fin de la Guerre froide – n'a jamais vraiment réussi, sauf à «déstabiliser» davantage le monde, serait de toute manière inopérant en raison de la montée en puissance économique de l'Inde, de la Chine, du Brésil et de la Russie, a estimé M. Poutine.

Il a saisi l'occasion pour critiquer de nouveau l'extension du bouclier anti-missile américain en Pologne et en République tchèque, un projet qui selon lui «n'a rien à voir avec les menaces actuelles dans le monde».

Il a aussi accusé l'OTAN de stationner des milliers de soldats en Roumanie et en Bulgarie, au mépris des accords de désarmement passés.

Face à cette avalanche, le sénateur américain John McCain, l'un des candidats possibles du parti républicain à la présidence en 2008, a répliqué sèchement que le monde est «multipolaire» et que «les États-Unis n'avaient pas gagné tout seul la Guerre froide».

De son côté, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a répondu, avec une certaine malice, qu'il ne comprenait pas pourquoi la Russie voyait une menace dans le fait que «la démocratie et l'État de droit se rapprochent de ses frontières».

M. Poutine «a raison, la Guerre froide est terminée, mais je trouve ses propos décevants et aussi pas très productifs sur le sujet de ce qu'il appelle l'expansion de l'OTAN qui est en fait l'élargissement» de l'Alliance.

«Les pays qui veulent être membres du club des démocraties y adhérent de leur plein gré», a déclaré M. de Hoop Scheffer.

En présence d'Ali Larijani, le négociateur iranien sur le nucléaire, la chancelière Angela Merkel avait auparavant exhorté l'Iran à se plier «sans conditions» et «sans finasseries» aux exigences de la communauté internationale de suspendre son programme d'enrichissement de l'uranium.
 





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