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NIGERIA
LAGOS – Un Français et une Philippine enlevés le 7 février dernier dans le sud du Nigeria sont les dernières victimes de la série d'attaques contre les intérêts étrangers dans cette région, pivot de la production pétrolière, où trente étrangers sont actuellement retenus en otage.
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé, le 8 février, l'enlèvement de la veille à Port-Harcourt (sud) d'un ressortissant français travaillant pour «une filiale locale de la société Total».
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Le 9 février 2007, à Manille, aux Philippines, Jane Gregorio montre une photo (gauche) de sa sœur, Josiebeth Gregorio Foroozan, 37 ans, ainsi qu’une autre (droite) de la famille de sa sœur. Mme Gregorio Foroozan a été enlevée par des hommes armés à Port Harcourt, au Nigeria. (Jay Directo/AFP/Getty Images) | | Une ressortissante des Philippines a également été kidnappée le 7 février, toujours à Port-Harcourt.
Première femme kidnappée depuis deux ans au Nigeria, la victime, épouse d'un responsable iranien d'une entreprise de construction locale, a été emmenée par des inconnus armés à la mi-journée, près d'une banque en plein centre-ville, au cours d'une opération particulièrement audacieuse vu le lieu et l'heure.
Les ravisseurs ont immédiatement éteint son téléphone portable et ont emporté l’otage vers une destination inconnue, selon des sources policières.
La veille, un Philippin avait été kidnappé par des inconnus qui ont blessé un policier et un civil qui l'escortaient, entre les villes d'Owerri et Port-Harcourt.
L'ambassade des Philippines au Nigeria «travaille en étroite collaboration avec les autorités nigérianes pour tenter de libérer les Philippins retenus en otage», a indiqué le 8 février depuis Manille le porte-parole du ministère philippin des Affaires étrangères, Ed Malaya.
Au total, ce sont aujourd'hui 26 ressortissants philippins qui sont détenus par des preneurs d'otages dans le sud du Nigeria.
Vingt-quatre d'entre eux, membres d'équipage d'un navire qui faisait route vers le delta du Niger, sont prisonniers depuis le 20 janvier. «Ils seraient en bonne santé», selon Manille.
La chaîne de télévision américaine CNN a diffusé, le 8 février dernier, un reportage montrant ces 24 hommes, apeurés, entourés par des hommes masqués tirant des coups de feu en l'air.
À la suite de l'enlèvement de cet équipage philippin, la présidente Gloria Arroyo avait ordonné la suspension de l'émigration de travailleurs vers le Nigeria où près de 4000 d'entre eux travaillent actuellement.
La région pétrolière du delta du Niger est le théâtre, depuis un an, de nombreux sabotages et enlèvements de la part de mouvements séparatistes qui veulent une plus grande part des revenus pétroliers pour les populations locales, mais aussi par des bandes criminelles armées.
Devant l'insécurité ambiante, plusieurs sociétés, notamment Shell, ont fait partir les familles des expatriés de Port-Harcourt depuis quelque temps.
Par ailleurs, un Britannique, enlevé le 23 janvier à Port-Harcourt avec un ressortissant américain, a été libéré le 7 février dernier par ses ravisseurs.
«Très malade», l'ex-otage a été immédiatement évacué en raison de son état de santé, selon une source diplomatique. On restait en revanche sans nouvelles, le 7 février, sur le sort de l'otage américain.
Deux Italiens et un Libanais, capturés le 7 décembre par le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), viennent de boucler leur deuxième mois de captivité. Ces trois derniers mois, un Britannique et un Néerlandais ont été tués dans le delta.
Premier producteur africain et sixième exportateur mondial d'or noir, le Nigeria a perdu près de 570 milliards de nairas (environ 4,4 milliards de dollars) en 2006 en raison de la chute de la production causée par les troubles dans le delta, selon le ministère nigérian des Finances.
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