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Les nombreux Canadiens qui ont prévu passer la semaine de relâche en
vacances aux États-Unis font face à deux choix : annuler leur
réservation ou faire la queue pendant des heures pour faire la demande
d’un passeport, maintenant obligatoire, pour entrer sur le territoire
américain par la voie des airs.
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Depuis le 23 janvier 2007, il est obligatoire d’avoir un passeport pour entrer aux États-Unis par la voie des airs. Ainsi, plusieurs Canadiens font la demande de passeport pour ne pas voir leurs vacances tomber à l’eau. (Joe Raedle/Getty Images) |
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Au Canada, le plus grand réservoir de touristes pour les États-Unis, ce sont maintenant 21 000 demandes de passeport qui sont traitées par jour, entraînant des délais de plus de deux mois pour l’obtention d’un passeport et des files d’attente impressionnantes dans les bureaux de Passeport Canada.
L’explosion des demandes est causée par la mise en application d’une loi américaine, le 23 janvier 2007, exigeant que toute personne entrant sur le territoire américain – y compris les Américains eux-mêmes – détienne un passeport valide. Cette loi, applicable dès maintenant sur les arrivées en avion, le sera pour les arrivées par mer et par terre à partir de 2008.
Au moment où la nouvelle loi a été annoncée, près de 60 % des Canadiens ne détenaient pas de passeport. C’est toutefois beaucoup comparé aux Américains qui ne sont qu’un sur quatre à en posséder un.
La mesure américaine fait partie de l’arsenal de moyens mis en place pour assurer la sécurité nationale suite aux attaques terroristes de 2001.
Les bureaux de tourisme américains s’inquiètent des possibles annulations de séjour, mais affichent malgré tout un optimisme relatif. Ainsi, Vanessa Welter, porte-parole de Visit Florida, l’Office de tourisme de Floride, pense que les Canadiens pourront malgré tout se rendre vers les côtes ensoleillées et les parcs d’attraction de la Floride. «Nous croyons que les Canadiens se sont préparés à ce changement de législation, et que cela n’aura pas d’impact», estime-t-elle, tout en rappelant que les Canadiens sont les clients touristiques numéro 1 de la Floride.
Les agences de tourisme ont lancé, il y a plusieurs mois, des campagnes d’information pour leurs clients potentiels. Disney et d’autres entreprises ont fait imprimer des livrets, développer des sites Internet, etc.
Du côté canadien, les responsables gouvernementaux s’inquiètent moins du fait que leurs citoyens ne puissent aller dépenser leur argent aux États-Unis, que du fait que les touristes américains seraient moins nombreux à dépenser au Canada.
Plusieurs agences de voyage des deux côtés de la frontière ont aussi formé des coalitions pour demander au gouvernement américain d’accepter des alternatives au passeport pour les déplacements par terre et par mer.
«Nous sommes très inquiets de ce qu’elle [nouvelle réglementation sur les passeports] fera au commerce et au tourisme transfrontaliers», mentionne Darrell Bryan, copropriétaire de Victoria Clipper, un service de traversiers rapides qui fait la navette entre Victoria et Seattle.
M. Bryan, qui est aussi membre de la coalition BESTT (une coalition internationale d’entreprises concernées par les réglementations transfrontalières), affirme que le règlement aérien est entré en vigueur sans trop de problèmes, car la plupart des transporteurs aériens demandent depuis longtemps le passeport. Toutefois, il y a un «danger potentiel beaucoup plus grand» de l’appliquer aux déplacements par terre et par mer, croit-il.
Le copropriétaire de Victoria Clipper raconte que même lorsque les nouvelles réglementations ont été annoncées, son entreprise a connu des répercussions négatives, car beaucoup de gens ne savaient pas que les déplacements par terre et par mer entraient en vigueur plus tard.
«Notre achalandage a diminué d’un peu moins de 10 %», explique M. Bryan, notant que la situation s’est améliorée après que les dates exactes de l’application des règlements au transport terrestre et maritime ont été publicisées.
Dans un sondage mené par sa compagnie, il y a deux ans, auprès de 100 000 Américains se rendant à Victoria sur leurs traversiers, 64 % ont répondu qu’ils détenaient déjà un passeport, mais 17 % ont dit qu’ils ne feraient pas les démarches pour en obtenir un s’il était obligatoire pour traverser la frontière.
«Ceci aurait un impact considérable sur notre entreprise», estime M. Bryan.
Les pertes potentielles pour l’industrie touristique canadienne, qui souffre déjà d’une baisse du nombre de visiteurs américains, seraient encore plus importantes.
Des rapports de la Commission canadienne du tourisme (CCT) démontrent que le nombre d’Américains qui visitent le Canada a diminué ces dernières années.
Siobhan Chrétien, directrice du Marché américain des voyages d'agrément, explique que cette baisse est attribuable au prix élevé de l’essence, au dollar canadien élevé et aussi aux développements technologiques qui facilitent l’accès de destinations plus éloignées.
«Présentement, nous sommes dans un environnement très difficile et compétitif», souligne-t-elle.
Elle affirme que la CCT travaillera de très près avec ses partenaires dans l’industrie canadienne du tourisme pour maximiser l’attrait de la «marque Canada» sur le marché.
«Certainement, les États-Unis demeurent un marché prioritaire pour nous, c’est notre premier marché au monde», souligne Mme Chrétien.
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