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Le Premier ministre Dominique de Villepin, tout en s'interrogeant sur « le sens » d'une seule journée par an dédiée aux femmes, a placé l'éducation en tête des « grands chantiers pour faire progresser l'égalité entre les hommes et les femmes ».
« A l'école, les filles réussissent souvent mieux que les garçons, et pourtant (...), on les décourage de s'engager dans des études longues », a-t-il noté à l'occasion d'un cocktail offert au personnel féminin de Matignon.
Les candidats vedettes à l'élection présidentielle se sont saisis du 8 mars pour se mettre à l'heure des femmes, dont cinq, un record, mènent campagne pour entrer à l'Elysée.
Cinq candidates femmes sont en effet en lice, qui, si elles étaient toutes retenues définitivement, n'auront jamais été aussi nombreuses. Elles étaient 4 à l'élection présidentielle en 2002, 2 en 1995, 1 en 1988, 3 en 1981, 1 en 1974, aucune en 1969 ni en 1965.
Lors d'un meeting à Dijon mercredi soir, la candidate socialiste Ségolène Royal, qui a reçu le soutien notamment de la présidente chilienne Michelle Bachelet, a exhorté les femmes à ne plus douter d'elles-mêmes et à prendre « toute leur place » dans la société, ajoutant avec hardiesse le mot « sororité » à la devise de la France, « liberté, égalité, fraternité ».
Citant les grands noms de l'émancipation des femmes, Louise Michel, ou la révolutionnaire Olympe de Gouges, qu'elle fera entrer au Panthéon si elle est élue, Mme Royal a fait l'état des lieux des « droits à consolider pour que vive l'égalité », « lutte contre le chômage, la précarité, les violences, les petites retraites », qui concernent « d'abord les femmes ».
Le candidat UMP Nicolas Sarkozy, de son côté, devant l'association Paroles de Femmes, a affirmé mercredi que la France devait « mettre les droits de l'Homme au service des droits de la Femme ».
Il a également choisi ce 8 mars pour faire monter au front Simone Veil, une des personnalités préférées des Français, qui a fait voter en 1975 la loi portant son nom sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
L'ancienne Présidente du Parlement européen, qui vient de quitter le Conseil constitutionnel, a annoncé jeudi son soutien au candidat de l'UMP pour la présidentielle.
Au gouvernement, Catherine Vautrin, la ministre de la Parité, a attribué jeudi le « label égalité » à La Poste, après sept autres entreprises labellisées la semaine dernière. En tout, 23 entreprises - en deux ans! - ont été labellisées pour plus d'égalité entre salariés hommes et femmes.
Un an après le vote de la loi sur l'égalité salariale de fin février 2006, quatrième texte législatif sur l'égalité depuis 1972, l'écart de salaires entre hommes et femmes reste élevé: le salaire horaire moyen des femmes est inférieur de 19% à celui des hommes (de 11% « à caractéristiques identiques »).
Les lois récentes réprimant les violences exercées envers les femmes sont également jugées insuffisantes par les associations féministes. Le Collectif national des droits des femmes (CNDF) a fait des violences l'un des thèmes majeurs de la manifestation du 8 mars.
Aux côtés du CNDF, associations de défense des droits de l'Homme, syndicats et partis de gauche devaient défiler à partir de 18H00 du métro Père-Lachaise à la Bastille, contre la précarité des femmes au travail et les violences.
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