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Je ne fais pas exception. Particulièrement durant le Nouvel An chinois, j’espère être réuni avec ma famille et pouvoir partager mes repas avec eux. Ces activités sont courantes pour la plupart des gens, mais durant ces 18 dernières années, elles n’ont été pour moi que des souvenirs et des rêves.
Après huit années d’études aux États-Unis, je m’attends à être diplômé en juin et à affronter une nouvelle période de ma vie professionnelle. En tant qu’étudiant en doctorat, enseigner est le débouché principal dans ma branche. Et si j’ai la possibilité de le faire, alors je choisirai de développer ma carrière d’enseignant à Hong Kong.
La motivation de ce choix provient de mes sentiments spéciaux envers Hong Kong. Les gens de Hong Kong ont lié leur destin aux manifestants de 1989 de la Place Tienanmen, dont je faisais partie, et ils ont vécu les temps difficiles du 4 juin avec nous. Par ailleurs, Hong Kong a toujours organisé de grandes commémorations annuelles du 4 juin au cours de ces 18 dernières annnées, une véritable lumière durant cette longue obscurité. Je souhaite féliciter les gens de Hong Kong pour leur cœur chaleureux.
Une autre raison importante en ce qui concerne mon choix est la situation géographique de Hong Kong. C’est si proche de la Chine continentale, ce qui permettrait à ma famille de me rendre visite plus facilement. Les Chinois ont formé une très ancienne tradition qu’un fils montre sa piété filiale en prenant soin de ses parents quand ils deviennent vieux. Mes parents sont maintenant tous les deux âgés de soixante-dix ans. Ce serait terrible pour moi de les voir endurer un si long voyage jusqu’en Amérique simplement pour me rendre visite, spécialement quand ma mère n’a pas une bonne santé cardiaque. Etant leur fils, il va sans dire que j’aimerais rester auprès d’eux et prendre soin d’eux.
Tout le monde a des parents. Mon souhait de travailler à Hong Kong résulte pour beaucoup du vœu de piété d’un enfant. Je comprends que les autorités chinoises ainsi que le gouvernement de Hong Kong soient opposés à ma position politique. Cependant, comme la piété est une tradition de la culture chinoise, j’aimerais voir si les autorités peuvent réellement remplacer la tradition par leur pouvoir politique. Aujourd’hui, le président du Parti Nationaliste (Kuomingtang, KMT), lequel s’est attiré la haine profonde du Parti communiste chinois, était en visite en Chine continentale. Si ces anciens généraux du KMT qui ont tué d’innombrables membres du PCC peuvent aujourd’hui visiter la Chine, alors pourquoi un manifestant pacifique de la démocratie ne serait-il pas autorisé à retourner chez lui près de 20 ans après le massacre ?
Si le PCC a même peur d’un universitaire, sa souveraineté solide en surface comporte une bien grosse entaille.
Note : L’auteur était un leader du mouvement des étudiants pour la démocratie en Chine en 1989. Le mouvement des étudiants s’est terminé par la répression sanglante du PCC qui a été plus tard connue sous le nom de Massacre de la Place Tienanmen.
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