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Le président de la Fédération internationale de football (Fifa) Joseph
Blatter s'en est pris vendredi, deux jours après Michel Platini, son
homologue de l'UEFA, à la violence qui gangrène un football «malade»,
faisant de la lutte contre ce fléau l'un des chantiers prioritaires à
venir.
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Le président de la Fédération internationale de football (Fifa) Joseph Blatter. Photo de Bruno Vincent (Getty Images) |
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«Aujourd'hui, notre football est malade. Il faut lui donner des médicaments, c'est de notre responsabilité», a déclaré Sepp Blatter à l'issue du comité exécutif de la Fifa, au sujet de la violence dans le football.
Une phrase choc qui est venue conclure un diagnostic alarmant sur l'état du football mondial délivré deux jours après la première salve de Michel Platini qui avait, lui, prôné la «tolérance zéro» dans la lutte contre cette violence en Europe.
«Nous avons constaté une inquiétante recrudescence des actes de violences perpétrés lors des récentes rencontres de football en Europe, à la fois dans les stades et autour, certains résultant parfois sur de tragiques pertes de vie», avait expliqué M. Platini.
«Je prône une politique de tolérance zéro, et nous, à l'UEFA, ferons notre part du travail pour que cessent les incidents sur les terrains», avait ensuite ajouté le Français.
«Où va-t-on avec notre sport?»
Le président de la Fifa lui a donc emboîté le pas vendredi, évoquant «les intérêts économiques» qui «prédominent, alors qu'on est incapable, même dans les pays riches, d'avoir des stades sûrs».
«La violence est à l'intérieur des stades, et des joueurs très bien payés en viennent aux mains, comme à Cardiff (en finale de la Coupe de la Ligue anglaise entre Chelsea et Arsenal) ou Valence (en 8e de finale retour de la Ligue des champions entre Valence et l'Inter Milan).»
«Où va-t-on avec notre sport si les joueurs recommencent à se taper dessus?», s'interroge Blatter. L'épisode de la bagarre entre joueurs de Valence et de l'Inter, dont les images ont fait le tour du monde et qui a valu à l'un des protagonistes 7 mois de suspension (Navarro), semble avoir marqué une prise de conscience du danger qui guette le football.
Mais cette saison, d'autres évènements bien plus tragiques, comme la mort d'un policier dans le Calcio et celle d'un supporteur en France, ont sans aucun doute poussé le président de la Fifa, en place depuis presque 9 ans, à tirer le signal d'alarme.
Virage amorcé
Or, comme il le dit lui-même, ces problèmes de violence avaient déjà été abordés lors de précédents congrès de la Fifa, «à Marrakech en 2005, et à Munich en 2006», sans que rien ne change.
Du coup, sans rien décider tout de suite, Blatter promet malgré tout un changement de cap. «Mais maintenant il faut agir. Et ce sera le thème du prochain congrès de la Fifa» (du 29 au 31 mai à Zurich), a-t-il prévenu.
En fait, le président de la Fifa, qui se représentera, seul, pour un nouveau mandat lors du prochain comité exécutif le 31 mai, a plus ou moins dévoilé une partie de son programme, où la lutte contre la violence devrait être l'un des ses principaux chantiers.
Ces déclarations marquent également un virage amorcé avant la dernière ligne droite pour un président-candidat qui doit tenter d'incarner une certaine rupture dans la continuité. Il avait déjà entamé cette démarche il y a quelques semaines en janvier 2007 lorsqu'il était revenu sur d'anciennes déclarations sur le dopage.
«Je ne dirai plus jamais qu'il n'y a pas de dopage dans le football», avait-il lancé, sorte de mea culpa tardif après avoir assuré quelques mois plus tôt que football et dopage ne pouvaient cohabiter.
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