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Le mari de Yao Lian a été ravi par des membres du Bureau de la sécurité publique du gouvernement chinois le 28 février 2007. Elle craint le pire pour lui, ayant elle-même subi détentions et torture aux mains des autorités lorsqu’elle était en Chine. À présent, elle fait appel à tous les paliers de gouvernement et aux médias pour l’aider à faire libérer son mari, Ma Jian, responsable du bureau de Pékin de la société française PCM, une multinationale spécialisée dans les pompes industrielles. |
Ma Jian, responsable du bureau de Pékin de la société française PCM, a été arrêté par les autorités chinoises. (La Grande Époque) | |
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En conférence de presse, le 23 mars, au Centre Saint-Pierre de Montréal, Mme Yao a expliqué les circonstances de l’arrestation de son mari. Des policiers en civil auraient pénétré dans les bureaux de PCM et, après avoir ravagé les lieux, ils auraient violemment emmené Ma Jian. L’unique raison de cette arrestation tumultueuse serait que M. Ma pratique la discipline Falun Gong, interdite par le régime depuis 1999.
À présent, il est impossible de savoir où se trouve Ma Jian. Le gouvernement français et la firme PCM ont tenté d’obtenir des informations sur l’endroit de détention de M. Ma, mais sans succès. «Les cadres de la compagnie, accompagnés de responsables de l’ambassade de France en Chine, sont allés au poste de police pour connaître les motifs, mais ils se sont fait dire qu’il pourrait prendre […] jusqu’à trois mois avant que les détails soient révélés», a expliqué Mme Yao à l’aide d’un traducteur. «La compagnie française a demandé à ses avocats d’aider mon mari, mais ils ont dit qu’il s’agissait d’un cas Falun Gong et que la loi ne pouvait pas les aider», a-t-elle ajouté.
Ce règne de l’arbitraire est une caractéristique du régime chinois dénoncé par Sushil Handa, responsable du dossier Chine chez la section francophone d’Amnesty International, qui était présent lors de la conférence de presse. «L’absence de représentation juridique est un problème qui n’affecte pas seulement les pratiquants de Falun Gong, mais d’autres groupes également. Cela veut dire que le gouvernement ne suit aucune norme internationale, bien qu’il ait signé de nombreuses conventions des droits de l’homme et qu’il ait spécifié dans sa propre constitution que l’obtention d’un procès équitable est le droit de tous. L’utilisation de la torture et des raclées par les autorités est une grande problématique», a commenté M. Handa.
Selon un rapport sur les droits de l’homme du gouvernement américain, le Falun Gong est le groupe le plus sévèrement persécuté en Chine. Selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, les pratiquants de Falun Gong comptaient pour 66 % des victimes de torture en détention en Chine» et «La seule adhésion à la discipline [du Falun Gong] est suffisante pour que les pratiquants doivent purger une peine allant de la perte de leur emploi jusqu’à l’emprisonnement.»
Francis Madore, porte-parole du groupe lors de la conférence de presse, a rappelé qu’un récent rapport de David Kilgour, ex-député fédéral, et David Matas, avocat spécialiste des droits de l’homme, révèle que les adeptes du Falun Gong, lorsqu’ils sont en détention, sont victimes de vols de leurs organes pour alimenter le lucratif marché des transplantations. Considérant cette situation, il dit craindre le pire pour Ma Jian.
Quant à la firme PCM, toutes les activités de son bureau de Pékin seraient suspendues.
Le Falun Gong a été interdit en 1999 par le gouvernement chinois alors que le nombre de pratiquants dépassait largement le nombre de membres du Parti communiste au pouvoir. Selon les pratiquants de Falun Gong, ils n’ont aucune «revendication politique», sinon que la persécution cesse.
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