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NIJNI NOVGOROD (Russie) – La police anti-émeutes russe a arrêté, le 24 mars, dans la ville de Nijni Novgorod (est) des dizaines d'opposants au Kremlin qui tentaient de manifester malgré une interdiction, à quelques mois d'importantes élections en Russie.
Les manifestants ainsi que des journalistes, des photographes et des caméramans, ont été embarqués dans des fourgons cellulaires tandis que des centaines de policiers anti-émeutes prenaient position autour d'une place du centre-ville où était prévu le rassemblement.
«Plusieurs personnes à l'intérieur d'un véhicule» dans lequel ont été forcés d'entrer des manifestants «ont été frappées sous mes yeux à coups de pied dans le dos», a déclaré sur les ondes de la radio Écho de Moscou le président de la Société d'amitié russo-tchétchène, Stanislav Dmitrievski, qui a déposé plainte.
Selon une des organisatrices de la manifestation, un journaliste néerlandais basé à Moscou, Remco Reiding, de l'Association de la presse néerlandaise (GPD) a été brutalisé par la police.
«Il avait deux bleus au visage et les manches de sa veste étaient déchirées», a déclaré à l'AFP par téléphone Oksana Tchelycheva de la Société d'amitié russo-tchétchène.
«Environ 30 personnes ont été interpellées, quatre ou cinq d'entre elles sont des organisateurs actifs», a déclaré un représentant de la police locale cité par l'agence Interfax.
Les journalistes ont été relâchés après avoir montré leur accréditation.
Des dizaines d'autres manifestants, certains criant «fascistes», ont été forcés de quitter la place Gorki par des policiers anti-émeute.
Les autorités locales avaient refusé d'autoriser cette «marche du désaccord», arguant de la tenue d'un festival pour enfants.
«Cela montre que les autorités ont peur du peuple. Il n'y a pas d'extrémistes ici. Les gens veulent juste être entendus», a déclaré Oksana Tchelycheva lors de la manifestation.
Des policiers anti-émeute, des officiers des forces spéciales et des troupes du ministère de l'Intérieur avaient été déployés dans le centre de cette ville située à quelque 400 km à l'est de la capitale, ainsi qu'à l'aéroport local et effectuaient des contrôles d'identité ainsi que des fouilles.
La manifestation était organisée par «L'autre Russie», un mouvement qui fédère les opposants au président Vladimir Poutine et notamment l'ancien premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, passé dans l'opposition, l'ancien champion d'échec Garry Kasparov, président du Front citoyen uni et le député indépendant Vladimir Ryjkov.
Ces dirigeants d'opposition dénoncent une domination de la vie politique russe par Vladimir Poutine et le parti au pouvoir Russie unie et estiment que l'opposition n'a d'autre choix que de manifester.
«Redonnez le choix au peuple!» et «Redonnez l'argent au peuple!», pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.
Une cinquantaine de personnes avaient été arrêtées, le 3 mars, au cours d'une manifestation contre le président russe, interdite par les autorités, qui avait opposé près de 5000 participants à la police à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).
Les mouvements d'opposition au Kremlin se plaignent du harcèlement des autorités et des arrestations fréquentes avant les élections législatives de décembre et l'élection présidentielle de mars 2008.
Le Kremlin a, quant à lui, mis en garde contre les dangers d'une nouvelle révolution russe et de «l'extrémisme» et dénoncé des influences étrangères qui interfèreraient dans la politique intérieure russe.
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