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Une mission du Comité pour la prévention de la torture (CPT) auprès du Conseil de l’Europe a été interdite d’entrée à Tsentoroï, le fief des Kadyrov en Tchétchénie, soupçonné par les ONG d’abriter des centres de détention illégaux, ont annoncé les autorités locales. « Nous ne savions pas qu’une délégation du Comité contre la torture était arrivée en Tchétchénie et qu’elle souhaitait se rendre dans le village d’origine du chef du gouvernement Ramzan Kadyrov », Tsentoroï, a assuré le ministre local de l’Intérieur, Rouslan Alkhanov, cité par l’agence Ria Novosti. « La garde du check-point à l’entrée du village avait reçu l’ordre strict de ne pas laisser passer de personnes inconnues », a ajouté le ministre. La délégation a finalement eu accès au village de Tsentoroï. Elle a été autorisée à visiter la base de la 9e compagnie du ministère local de l’Intérieur, l’école du village et le dispensaire local, « afin d’évaluer le niveau de vie des habitants », a annoncé Nourdi Noukhajiev, chargé des droits de l’Homme en Tchétchénie. Scène de vie à Grozni. Photo : AFP |
Mauro Palma, chef de la délégation du Comité pour la prévention de la torture, s’était plaint d’avoir été bloqué lundi alors qu’il souhaitait se rendre à Tsentoroï, alors même qu’il se trouvait sous escorte des autorités. Il a jugé cette interdiction « intolérable », ont rapporté les agences russes. Ramzan Kadyrov, recevant la délégation mardi à Goudermès, la seconde ville de la république, a assuré déplorer l’incident. « Une entière collaboration sera fournie aux représentants du comité européen pour leur travail en Tchétchénie », a-t-il dit, selon Ria-Novosti. Les ONG russes de défense des droits de l’Homme, notamment Memorial, ainsi que la population, accusent les milices redoutées de Ramzan Kadyrov d’utiliser des centres de détention illégale, notamment à Tsentoroï. Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, dont le mandat suppose un accès à tous les lieux de détention, prépare un rapport sur les prisons en Tchétchénie. Les affrontements entre rebelles et forces russes, entrées en Tchétchénie en octobre 1999, se poursuivent à un rythme quotidien, ainsi que les exactions contre les civils, malgré les assurances de stabilisation de Moscou.
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