|
Garry Kasparov, un des dirigeants du mouvement d'opposition L'Autre Russie, a été retenu pendant cinq heures dans un commissariat puis conduit vers un tribunal où il devait être jugé dans la soirée en comparution immédiate.
Des «centaines de personnes» ont été interpellées en tentant de forcer des cordons de police place Pouchkine, au centre de la capitale, et de participer à une «marche du désaccord» non autorisée, a indiqué un porte-parole de la police à l'AFP.
Garry Kasparov, 44 ans, était toujours au tribunal à 21H00 (17H00 GMT), alors qu'une manifestation similaire, également interdite, est prévue dimanche à la mi-journée à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).
«Ils ne le relâchent pas pour qu'il ne puisse pas participer à la marche du désaccord à Saint-Pétersbourg», a affirmé Lioudmila Aleexeva, fondatrice du groupe Helsinki de Moscou, à l'agence Interfax en déplorant «une atteinte grossière aux droits de l'Homme».
A Saint-Pétersbourg, la police a saisi samedi soir 200.000 exemplaires d'un journal qui devait être distribué le lendemain à la «marche du désaccord», a annoncé le leader du mouvement de jeunes du parti libéral Iabloko, Alexandre Chourchev.
«Kasparov est accusé d'avoir participé avec un grand groupe d'hommes à une marche (non autorisée) et d'avoir crié des slogans anti-gouvernementaux», a déclaré son avocate Karinna Moskalenko à l'agence Interfax.
Depuis qu'il a quitté le monde des échecs en 2005, l'ancien champion s'est engagé dans une opposition frontale au président Poutine. «Depuis sept ans, ce régime détruit les institutions démocratiques en Russie», a-t-il déclaré à la chaîne britannique Sky News lors de son transfert au tribunal.
Au total, quelque 9.000 policiers anti-émeutes et autres forces du ministère de l'Intérieur en tenue de camouflage ont été mobilisés dans la capitale, transformant la place Pouchkine en camp retranché, ont fait savoir les autorités.
«Kasparov, Kasparov !», «La Russie sans Poutine !», «A bas le pouvoir des Tchékistes !» (les membres de l'ancêtre du KGB, la Tchéka), scandaient les manifestants, dont beaucoup portaient une rose. «Fascistes !», criait la foule en direction des forces de l'ordre.
Le mouvement L'Autre Russie a déjà organisé des «marches du désaccord» à Saint-Pétersbourg le 3 mars et Ninji-Novgorod (est) le 24 mars. Interdites par les autorités, elles se sont soldées par des dizaines d'interpellations.
Ce mouvement, qui fédère une partie de l'opposition des libéraux à l'extrême-gauche radicale, dénonce une concentration croissante du pouvoir entre les mains du Kremlin, qui contrôle le Parlement, une partie de l'économie et les médias.
«Nous demandons des élections libres et non une parodie d'élections», a lancé l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov devant 400 personnes réunies place Tourguenev, une adresse beaucoup moins prestigieuse où le rassemblement avait été autorisé.
Ces manifestations interviennent dans un contexte politique qui se tend à huit mois des législatives (décembre 2007) et un an de la présidentielle (mars 2008).
Au même moment, 200 partisans du mouvement de jeunes pro-Kremlin Molodaïa Gvardia (Jeune Garde) avaient été autorisés à se rassembler place Pouchkine dans une contre-manifestation intitulée «la marche de l'accord». (…)
|