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Après le départ des Soviétiques, les seigneurs de la guerre se lancent
dans des affrontements sanglants les uns contre les autres pour
parvenir à la tête de l’État par la force. Dans ce contexte
d’instabilité, de corruption, d’effritement social, économique,
politique et militaire, émergent les talibans. Bien qu’ils soient
extrémistes, les talibans sont perçus par la population comme une
solution à la corruption des seigneurs de la guerre ainsi qu’au chaos
que créent les luttes pour le pouvoir. Proposant eux-mêmes un État
radicalement dogmatique, ces intégristes représentent l’espoir du
retour à la stabilité pour un pays au bord du gouffre.
Surviennent les événements tragiques du 11 septembre 2001.
L’Afghanistan est alors identifié comme faisant partie de «l’Axe du
mal» avec l’Irak de Saddam Hussein, l’Iran et la Corée du Nord. Une
coalition internationale de lutte contre le terrorisme, constituée
d’une quarantaine de pays, se forme, déclare la guerre à l’Afghanistan
et chasse les talibans du pouvoir.
Trois missions sont mises sur pied par les pays de la coalition dans le
but de stabiliser la région. La première, intitulée Liberté immuable,
vise à éradiquer le terrorisme sur le territoire. La deuxième, la Force
internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), est créée pour
stabiliser Kaboul afin d’offrir une zone de protection des nouvelles
instances politiques. La troisième, la Mission d’assistance des Nations
unies en Afghanistan (MANUA), complète la FIAS pour coordonner l’aide
humanitaire et l’appui au processus politique afin de rétablir l’État.
Implication canadienne
C’est au tout début, en 2002, que le gouvernement Chrétien répond à
l’appel des pays de l’Organisation du Traité d’Atlantique Nord (OTAN)
qui évoquent l’article 5[1] de la charte pour la première fois de
l’histoire de l’organisation. Pendant six mois, quelque 800 soldats
canadiens se joignent à la coalition internationale sous l’égide de
l’ONU pour vaincre les talibans.
En février 2003, le premier ministre, Jean Chrétien, envoie 2000
soldats canadiens pour être à la tête de la FIAS afin de faciliter le
processus électoral à Kaboul. Hamid Karzaï est démocratiquement élu
président par 55,4 % des quelque 10 millions de voix exprimées (une
population de 31,1 millions en Afghanistan en 2006). En 2004, la
Turquie prend la tête de la FIAS et le contingent canadien en
Afghanistan est réduit à environ 1000 soldats. Ceux-ci assurent
davantage le bon déroulement des projets de reconstruction et le
développement.
Ensuite, le gouvernement Martin envoie 1500 soldats canadiens à
Kandahar dans le cadre de l’élargissement de la présence de l’OTAN dans
le sud du pays. Cette mission devait avoir lieu de février 2006 à
février 2007. Suite à l’insurrection des talibans en mai dernier, le
cabinet Harper décide de prolonger la mission en Afghanistan jusqu’en
2009. Elle change toutefois de mandat, elle passe de mission de paix à
une mission offensive pour contrer les insurgés. Certains documents
laisseraient sous-entendre que le gouvernement conservateur n’aurait
pas l’intention de rapatrier les troupes avant 2011.
D’après Le Devoir et Radio-Canada
[1] Cet article stipule que toute attaque perpétrée contre l’un de ses
membres vise tous ses membres et donc ceux-ci doivent défendre l’allié
attaqué en conséquence.
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